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lundi 17 août 2020

Intelligence artificielle, un biais contre les biais

Boycottant la hype et le marketing stupide, je ne laisserai "intelligence artificielle" que dans le titre. Si tu as cliqué Lecteur, c'est ton problème !

J'ai lu avec grand plaisir ce recueil "philosophique" de 9 auteurs qui commentent autour de GPT-3, le nouveau modèle de traitement du languages d'Open AI qui représentent un pas en avant en matière de performance. Un des essais part dans des considérations sur les biais du modèle. Je dois admettre que je l'ai sauté, par dépis, tant je trouve ce type de commentaires stériles.

 

 

Qu'est-ce qu'un biais pour un système de ce type ? C'est lui demander de complèter "mère ..." et lui demander de complèter "père ...". Et de comparer  "mère célibataire", "mère indigne", "mère patrie", "mère nourricière", "mère aimante" à "père de la physique moderne", "père de la nation", "père prévenant" ; et décider de manière plus ou moins suggestive que la représentation de la femme est inférieur à celle de l'homme.

Un peu plus ancien, Google avait une fonctionnalité permettant de décrire automatiquement une image. Très sympa pour chercher votre super cliché de "perroquet". Moi amusant pour les utilisateurs noirs auquel le système avait proposé "gorille" devant une de leurs photo.

Ce sujet peut être aussi un vrai sujet, quand, par exemple, certains modèles sont utilisés pour décider si oui ou non mettre des gens en liberté conditionnelle et que l'ont s'apercoit qu'ils conservent un biais racial.

D'où viennent ces biais ? Invariablement ces systèmes qui cherchent à déduire à partir de données des règles, des caractéristiques qui forment le modèle final. Et donc, ces biais viennent systématiquement des données, qui représentent une réalité tel quel est, ou une vision partielle de celle-ci.


lundi 3 décembre 2012

ITU et le CMTI-12 : des nouveaux sigles pour s'occuper de la censure d'Internet

Il est difficile de passer quelques mois à peu près informé sans voir un nouveau sigle imprononçable venir agir de manière innommable contre Internet. A celui-ci, une réponse avisée s'avère souvent être GTFO ("Get The Fuck Out" : "casse-toi !").

Mise en bouche

Posons les choses simplement. Aujourd'hui, Internet est une source d'information, d'enseignement, d'innovation, de création de richesse, de changement sociétal et pas simplement de divertissement. Tout aussi simplement, la liberté d'expression dérange, on peut penser au subversif WikiLeaks mais plus proche de nous en France, on peut penser à l'affaire Jean Sarkozy où le buzz a finalement permis d'empêcher l'accession du fils du président à la tête d'une entité publique. Il est facile de censurer la presse en France tant tout dépend du politique et les groupes de presse majeurs sont peu nombreux, c'est plus dur avec Internet ; car Internet c'est vous, c'est moi, c'est nous pour le meilleur et pour le pire.

Bien sûr, officiellement, seuls quelques pays affichent une position ouverte de censure, les pays occidentaux remercient les terroristes et les pédophiles. L'Australie est un bon exemple sur le sujet, de nombreuses mesures mises en place contre les pédophiles se retrouvent finalement utilisées à d'autres fins. Deux tiers des sites censurés sont sans lien avec la pédophilie. Plus récemment les USA ont bafoué leurs lois pour mettre Megaupload à terre, quelques mois plus tard une étude explique que : "non, les revenus du cinéma ne s'en portent pas mieux". Chez nous français, Sarkozy a déjà déclaré qu'il voulait voir internet sous le contrôle de l'état (citation exacte appréciée), en 8 ans l'accès internet a augmenté de plus de 10 €, Hollande ne fait pas mieux, ses propos sur la fin d'HADOPI sont restés de veines paroles.

ITU CMTI-12 ! WTF ? GTFO ?

Passons donc à notre sigle du jour, ITU. L'ITU (International Telecommunication Union) est une organisation dépendant de l'ONU qui historiquement s'occupait des télégraphes, avec le temps, elle est passée au domaine des télécommunications. Ceci lui a évité à la fois l'obsolescence et le changement de sigle. Cette organisation se préoccupait jusqu'à aujourd'hui de thématiques assez ennuyeuses : des normes, mais aussi, plus sexy, de favoriser l'accès à Internet dans le monde.

2012, cette organisation se réunit à Dubaï pour une conférence CMTI-12 (12 étant le millésime). Quand on m'a dit qu'il y avait un problème je suis aller m'informer sur le site de l'ITU où, globalement, tout est mignon tout plein, je ne sais pas qui écrit les textes, mais c'est clair qu'à première lecture ils ont l'air SYM-PA.

Donc me voilà parti à creuser un peu, l'information m'étant parvenue par le biais de Contrepoints je finis par suivre un des liens qui m'a été envoyé pour finalement regarder la vidéo présente vers le bas du site de l'Internet Coup (sous-titrage en français disponible). L'ITU va tenter de faire valider à la CMTI-12 une extension de son domaine de compétences pour imposer des obligations entre les Etats membres sur le fonctionnement d'Internet et sa réglementation.

Internet n'a pas besoin d'une autorité centrale, il a été conçu pour celà.

Internet n'est à la base qu'un protocole qui a abouti à la mise en place de réseau de réseaux sans avoir besoin d'un chef d'orchestre au milieu. C'est un réseau décentralisé (autre article intéressant si le terme ne vous parle pas), il n'a donc pas besoin d'autorité centrale. S'il n'y a pas d'autorité centrale, il devient donc très difficile d'imposer des choses sur Internet : de la censure, des taxes ou encore de l'espionnage de vos communications.

L'ONU à la suite de la SDN a été créé pour être un lieu de discussion entre nations. Aujourd'hui pour réguler la finance, pour réguler Internet, des gens en font un super Etat mondial. Nous, individus, ne saurons que souffrir d'une gouvernance mondiale à laquelle aucun territoire ne nous permettra d'échapper. La gouvernance mondiale est une chose mauvaise.

Mettre une autorité centrale qui peut réglementer Internet c'est ouvrir des portes sur :
  • La fin de l'anonymat (déjà proposée en France par Nadine Morano et, avant elle, Jean-Louis Masson)
  • La non neutralité des réseaux (déjà mise en place par certains FAI en France et fortement appuyée par France Telecom Orange, elle pourrait devenir la norme)
  • La taxation des e-mails (déjà proposée à l'échelle européenne par Alain Lamassoure)
  • La censure (déjà pratiquée par la plupart des pays, y compris les pays occidentaux, le contrôle de la pensée n'est pas l'apanage des dictatures d'Amérique du Sud, d'Asie ou des théocraties musulmanes)
  • L'espionnage de vos communications (la présence de proxy à l'étranger permet déjà à beaucoup de jouer sur la non-coopération entre Etats pour naviguer de manière un peu plus tranquille).

Un peu de contenu concret

Je n'aime pas demander aux gens de me croire sur parole, c'est pourquoi au début j'avais du mal à m'imaginer en train d'écrire un article sur du vent ou sur la simple confiance dans les nombreuses associations de défense du net.

Vous pouvez trouver le projet de réglement de l'ITU qui sera discuté à la CMTI-12 sur cette page (ainsi que quelques unes des réponses qui y ont été formulées).

88 pages, sans lien qui fonctionnent à l'intérieur, c'est long, c'est chiant.

Page 22, évolution 29, en particulier CWG/4/116 : on ne parle plus d'administrations, mais d'exploitants, ceci pour introduire comme principe de base la "facturation au départ". Par exemple, on demandera à YouTube de payer les différents fournisseurs d'accès pour que vous ayez accès à une vidéo qui ne rame pas. C'est la fin de la neutralité du net, et, bien que Google, très noblement, s'oppose à celà, c'est la meilleure garantie pour voir la fin de l'émergence de nouveaux acteurs sur Internet, et, potentiellement, la fin de la gratuité. On note également l'introduction d'une dimension politique dans ce qui est attendu des Etats membres. Bien qu'étant libéral, je vous fais remarquer que l'idée que c'est aux administrations de fournir des infrastructures est totalement effacée. Ceci me semble aussi prématuré que de privatiser les routes dans des pays où il n'y a qu'une seule assurance santé centralisée.

Page 23, évolution 30 : les Etats demandent une tracabilité de l'acheminement des données sous un prétexte de sécurité et de lutte contre la fraude.

page 24, évolution 30 : la neutralité est affirmée du point de vue des usagers. En gros, on ne traitera pas Paul de manière différente à Jacques. Mais ceci ne changera rien, on traitera les usagers différemment de fait car ils iront sur des sites différents à qui on demandera de payer pour l'acheminement de leurs données.

page 24 à 28, évolution 31* : les états ont les contrôles des moyens de communications utilisés sur leur territoire. Selon moi, cet article pourrait conduire à exiger que les état collaborent entre eux pour s'assurer un "droit de censure" sur leur territoire.

page 32, évolution 35, CWG/4/73 : la porte ouverte est laissée pour interdire l'accès à des personnes au réseau sous prétexte de "risque pour le matériel ou les personnes". Dans le cas de WikiLeaks, on pourrait arguer que leur révélations présentent des risques et donc simplement les débrancher du réseaux.

Vous seriez étonnés du nombre de pages (32 à 39 environ) de blabla écrites pour être de simples déclaration de bonnes intentions.

Page 39 à 42, évolution 41D : dispositions relatives à la cybercriminalité, la cybercriminalité ayant un sens très large, on peut craindre des usages inappropriés.

Page 43 à 56, article 6 : les dispositions de taxations internationales sont fixées par le réglement, peu d'impact sur la liberté d'expression, mais, est-ce nécessaire d'avoir une seule règle dans le monde entier ?

Page 56, article 7 (inchangé mais intéressant) : droit est reconnu "de facto" aux Etats de suspendre leurs télécommunications. Jugez celà comme bon vous semble à la lumière de ce qui se passe en Chine, Iran, Syrie et Egypte.

page 62, évolution 63 : les Etats membres n'ont plus de droit de réserve possible.

Votre mission pour aujourd'hui et pour demain

Pour aujourd'hui, ce sont les Etat qui votent. Parlez (ou écrivez) à votre ministre, à votre député, à votre président. Par principe, c'est important que nous nous opposions à ce surplus de réglementation qui nous étouffe tous les jours. Sur ce cas particulier, ce texte vient directement instaurer la non neutralité des réseaux, c'est mauvais.

Pour demain, l'IDL Internet Defense League vous informe à travers ses Cat Signal, c'est l'équivalent de cette chauve souris projetée dans le ciel pour appeler Batman, à part que cette fois le super héros c'est vous ! Ces petits sigles assassins n'en sont pas à leur première tentative ni à leur dernière.

Illustration 1 trouvée ici
Illustration 2 prise sur le site de l'IDL
Toutes reproductions et traductions sont autorisées en CC BY-SA 3.0


jeudi 24 mai 2012

Ce que l'Etat sait de vous par le biais d'Internet

Il y a quelques mois j'ai écris un article vous détaillant ce que Facebook et consors pouvaient savoir de votre vie. Ce serait malhonnête de ne pas venir parler sur l'Etat autour de ce même sujet.

Vous ne devriez pas avoir confiance en l'Etat, parce que même si vous pouvez penser qu'il est aujourd'hui une entité de laquelle vous ne devez rien avoir à craindre, je pense qu'il est illusoire de penser que le temps des dictateurs sanguinaires est derrière nous pour toujours.

Pour commencer, l'Etat a accès à toutes les informations qui peuvent vous concerner chez les acteurs privés, potentiellement avec un soutien légal, parfois avec simplement avec celui de la force ou de la menace comme dans les dictatures arabes qui sont en train de s'effriter :

  • Réseaux sociaux
  • E-mails
  • Opérateurs téléphoniques
  • GPS
  • Banques (d'ailleurs, si vous pouviez arrêtez de payer en espèce, ce serait gentil !)
Sur un plan légal, vous pouvez penser qu'il y a des contrôles autour de ce qu'il peut s'appeler un viol de votre vie privée. C'est de moins en moins vrai. Ca ne l'est pas grâce à MM. Ben Laden, Bush et Obama aux USA par le biais du Patriot Act. En Europe et en France particulièrement il y a des tendances visant à "mater Internet", à l'asservir au contrôle des états. L'affaire Merah a permis à Sarkozy d'ouvrir encore quelques portes. Au-delà des accès sans besoin d'accusation, les états constituent d'abord des obligations des fichages chez les acteurs privés, par exemple, le gouvernement francais en forçant le stockage par les fournisseurs d'accès de vos données d'achat, de communication ou de navigation, on s'assure d'avoir ces informations à portée de main.

Le future de ces pratiques est d'établir des pratiques similaires à celle des USA, les acteurs privés doivent ouvrir leurs bases de données dans le cadre de la lutte antiterroriste, elles n'ont aucun droit de prévenir leur client que leur données sont lues par telle ou telle entité gouvernementale... Si vous utilisez GMail par exemple, vos e-mails sont automatiquement analysés à la recherche de mots-clés au cas où quoi.

En fait, même en oubliant les caméras de sécurité qui peuplent avec insistance et enthousiasme toutes les ruelles des pays civilisés, l'Etat peut facilement avoir accès à vos données bancaires, combien vous avez payé, pourquoi, quand. Il peut demander quels sites vous avez visités, voir ce que vous y avez fait. Avec vos données de mobiles, on a une petite idée d'où vous étiez, d'à qui vous avez parlé.

Les contraintes juridiques ne constituant qu'un mur de paille qui s'embrase rapidement. Votre seule sécurité réelle pour le moment c'est le niveau de la technique : regrouper ces données n'est pas une chose facile et coûte très cher, les analyser efficacement et automatiquement est du domaine de la recherche. Fermez les yeux, rentrez dans la tête d'un de ceux qui dirigent les hommes : imaginez un monde où automatiquement vous savez si vos serfs, pardon, vos citoyens, payent leur impôt et/ou complotent contre vous. Voici un cauchemar qui pourrait devenir réalité, et qui en tout cas représente un projet vendu à coup de lutte contre les pédophiles et les islamistes, peut-être un peu contre les riches aussi...

Peu d'entités s'opposent à cette tendance.

Quelques sociétés dans la mesure où cela menace leur business, mais pas plus que celà puisque ça augmente confortablement les barrières à l'entrée sur leur marché et ça leur évite quelques tracas autour de la concurrence.

Peut-être aussi quelques associations considérées comme des allumés conspirationnistes du genre de la Quadrature du Net.

La chose qui peut sauver votre vie privée dans le futur, c'est peut-être la technologie et la science qui travaillent à offrir des projets comme TrueCrypt, Bitcoin ou encore Freenet.

La petite morale de cette histoire est donnée par Korben : «TOUT CE QUE TU METTRAS EN LIGNE, TU DEVRAS LE CONSIDÉRER COMME PERDU ET PUBLIC À TOUT JAMAIS. BORDEL.»

Have a nice day !


vendredi 30 mars 2012

Gitosis et Git pour une petite équipe sur Ubuntu serveur : note d'installation

Je parle trop de politique en ce moment, c'est profondément inutile. Faisons donc un peu d'utile : Gitosis et Git.

Plutôt habitué à SVN le côté décentralisé de Git m'intéressait, ça m'évitait d'être trop dépendant d'un serveur pour pouvoir versionner mon travail. Git apporte à mon sens à un système de gestion de version (SCM) une distinction importante dans les besoins à satisfaire :

  • Permettre de versionner le code source d'un programme pendant son écriture (pour associer les travaux à des corrections de bugs et éventuellement permettre de revenir en arrière quand le besoin se fait sentir
  • Permettre à une équipe de collaborer sur un même projet
En rendant le développeur dépendant d'un serveur central, SVN avait tendance à lier un peu trop les deux à mon goût.

Gitosis est simplement une version serveur de Git vous facilitant la vie. Voici donc quelques notes d'installation pour moi plus tard, et pour vous qui passez par là. Je n'ai pas la prétention de réinventer la poudre, il y a des chances que ces quelques lignes contiennent des imprécisions (en particulier sur l'aspect clé de cryptage où je ne suis pas un expert), si des sujets vous intéressent je vous invite donc à creuser.


Attention : Gitosis est un projet abandonné, il serait plus prudent pour vous d'utiliser Gitolite. Cependant n'ayant pas eu cette information au préalable je suis resté sur Gitosis pour mes tests.

Tout d'abord le système fonctionne sur la base de SSH pour la sécurisation des transactions. Les utilisateurs (ici les développeurs) doivent donc avoir leur clé SSH de configurée :

Ainsi si vous utilisez un système *nix (de mon côté Ubuntu côté serveur ou Mac OS pour ma machine perso) vous pouvez vérifier que votre home contienne un fichier id_rsa (clé privée et donc secrète) et id_rsa.pub (clé publique) dans le répertoire .ssh. Ainsi si ~/.ssh/id_rsa.pub et ~/.ssh/id_rsa existent vous n'avez rien à faire. Sinon vous pouvez les créer en exécutant la commande qui est faite pour :
  • ssh-keygen -t rsa

L'usage d'une passphrase (mot de passe un peu long) sécurise un peu la chose mais reste optionnel. Pour la petite histoire la clé publique de A va être communiquée à B, B va pouvoir ainsi être sûr qu'il communique bien avec A tout au long des communication en permettant de décrypter les messages créés grâce à la participation clé privée.

L'installation de Gitosis se fait ensuite en quelques lignes. Installation de Gitosis (et de GIT au passage) :
  • sudo aptitude install gitosis git-core

Initialisation d'un utilisateur pour gitosis (je ne suis pas sûr de ce que fait cette ligne, pour moi, elle créé un utilisateur et permet de s'y connecter par la clé que nous avons généré) :
  • sudo -H -u gitosis gitosis-init < ~/.ssh/id_rsa.pub

Attention vous avez deux fichiers : id_rsa qui est votre clé privé (à garder au chaud, d'où son nom), le fichier id_rsa.pub est votre clé publique. Les deux vont de paires et la clé RSA publique peut-être diffusée et vous permettra de vous connecter à un système en utilisant la clé privée lui correspondant.

On clone le repository permettant de gérer votre Gitosis, en gros ce répertoire est un repository GIT, vous y effectuer vos modifications et l'envoie de celle-ci modifie le comportement de votre serveur.
  • git clone gitosis@localhost:gitosis-admin.git /tmp/gitosis-admin

Si vous arrivez là sans encombre c'est merveilleux ! Et c'est presque fini. Le repository contient : un fichier gitsosis.conf et un dossier keydir.

gitosis.conf vous permet de gérer vos dépôts et les utilisateurs qui peuvent y accéder, un petit exemple :

[group gitosis-admin]
writable = gitosis-admin
members = root@myhost

[gitosis]


[group myprojectrepo]
writable = myprojectrepo
members = tom john


Le premier block concerne le repository utilisé pour l'administration de Gitosis (gitosis-admin), sans trop rentré dans les détails l'attribut writable désigne un repository sur lequel le groupe sousjacent à des droits d'écriture. Ainsi on comprendre que le groupe similaire lié à myprojectrepo concerne un second repository, si vous ajouté quelques lignes comme ce groupe vous créez donc un nouveau repository avec pour membres tom et john...

Tom et John me direz-vous ? Comment le système fait-il le lien avec des utilisateurs ?

C'est là qu'arrive le dossier keydir, ce dossier va simplement contenir les clés de vos utilisateurs, le fichier id_rsa.pub de tom va devoir y être inséré sous le nom tom.pub. Vous l'avez devinez vous devrez rajoutez un fichier john.pub contenant la clé de l'utilisateur John, vous pouvez d'ailleurs constaté qu'un fichier root@myhost.pub contient la clé id_rsa.pub donnée à l'initialisation de gitosis.

Vous avez un repository gitosis-admin cloné, votre fichier gitosis.conf modifié et vos deux clés ajoutées à keydir, il ne vous reste plus qu'à commiter cela en local :
  • git add keydir/tom.pub
  • git add keydir/john.pub
  • git commit -a -m "My first repo is here"
Puis vous envoyez tout cela sur votre serveur :
  • git push
C'est fini, vous pouvez accéder à votre nouveau repository :
  • git clone gitosis@myhostname:myprojectrepo.git
Il est possible qu'une erreur se produise lors du push car votre repository était vide, après avoir des fichiers il vous faut utilisé la commande suivante :
  • git push origin master


vendredi 13 janvier 2012

Xavier Niel & Free Mobile : ne boudons pas notre plaisir ou La main invisible est passée sur le marché français

Vous n'avez pas pu le rater, sauf à suivre TF1, mais sinon, vous avez du entendre parler du lancement de Free Mobile.

Vous êtes certainement restés scotchés de voir que là où les uns et les autres peuvent facturer plus de 100 € par mois, Free Mobile vous offre mieux pour 19,99 € par mois. Ne ratez pas non plus le démantèlement en règle du forfait social monté par le gouvernement et les opérateurs lorsque Free fait mieux pour cinq fois moins cher ! Notez bien que pour le pouvoir d'achat des plus pauvre un acteur privé à fait cinq fois moins cher en gagnant de l'argent là où l'Etat se vantait d'avoir fait preuve de miséricorde.


Les jérémiades de la concurrence sont d'un immonde pathétique pathétisme :
  • Bouygues se serait fait troller par une employée de Free sur sa page, on notera cependant que rien n'exclut qu'elle se soit effectivement faite niquée par Martin B. un petit vendeur de l'opérateur
  • Orange prétend qu'il n'y a pas que le tarif dont une offre de télécommunication, vous vous rappelez ? "Internet par Orange", YouTube bridé, vos communications analysées juste pour votre sécurité, la Orange TV que personne ne regarde, etc.
  • "Ahhhhhh, j'ai eu des problèmes de SAV", la réplique ultime. Cherchez moi un seul opérateur Internet contre lequel on ne peut pas trouver un cas similaire ! Allez-y, for the lulz comme disent les jeun's outre atlantique
  • Les tarifs du roaming n'ont pas été baissés partout (peut-être même montés par endroit). Ils ont été baissé, mais pas partout ? Super argumentaire ! "Restez chez moi ! Je vous fait plus et partout." Petits coquins !
  • Si Free donne un abonnement à 2 € gratuit par Freebox c'est parce qu'ils gagnent de l'argent... Nonnnnnn, sans déc' ? C'est trop ouf ça ! Les salauds !
Je ne passerais pas 20 minutes à comparer les services sur l'aspect Internet, mais à la différence des autres opérateurs Free n'a jamais vendu une box bridée comme le fait SFR pour vous refacturer derrière l'usage du disque dur, Free n'a jamais cherché à constituer une offre pléthorique de services inutiles comme se le permet par exemple Orange en vendant, entre autre, une "option professionnels" (comprendre très cher) et en se permettant de couper l'accès internet en plein milieu de jour ouvrable pour les mises à jour.

Notons par ailleurs que toute fanfaronnerie mise à part, je crois qu'au jeu de qui baissera le plus les prix Free pourrait bien gagner. Les opérateurs historiques (hystériques ces jours-ci) ont une structure de coûts radicalement différentes de Free, ils supportent des frais de structure bien plus importants. A titre d'exemple Orange (France Telecom) se trimballe une ribambelle d'ex-fonctionnaires invirables et démotivés (et Christine Albanelle fait office de cerise sur le gateau, fallait bien payer Hadopi), la méthode "suicide" ayant été identifiée comme gênante en terme de communication, ça commence à devenir vraiment compliqué pour le groupe. J'appuierais cela avec un autre constat : Free est aujourd'hui l'opérateur qui a l'offre la plus compétitive pour ses clients, mais c'est aussi celui qui dégage les plus grande marge opérationnelle (à confirmer) : peu de points de ventes, simplicité relative de l'offre, communication limitée (oui : ça coute du pognon les affiches).

Mais oublions ces histoires financières et ces gamineries : on a pris un mec la main dans le sac, il cherche des excuses, c'est assez naturel.

Internet n'est pas un minitel 2.0 et les opérateurs ont (avaient ?) tout à gagner à s'entendre pour surexploiter un secteur en perte de capacité à créer de la valeur.

Free Mobile et Xavier Niel ont fait quelque chose qu'ont ne voit pas souvent en France : attaquer un marché verrouillé autrement qu'avec une logique de nouveau parasite, dans une pure logique concurrentielle. Ils ont taillés drastiquement dans leur marge pour aller conquérir celui-ci. Ils ont jouer à 100% le jeu de la concurrence, ils ont montré que même en France on pouvait voir du changement, un changement qui arrive autrement que par un décret, une illustration de ce que peut faire le marché lorsqu'on le laisse un tant soit peu agir (même si j'imagine que ce n'était pas facile sur le marché des télécoms).

En France on est trop endormis, trop habitués à se faire avoir sur le gaz, l'essence, l'électricité, les communications, la santé, les banques, etc... C'est sûr que ça doit faire bizarre à plus d'un mec de voir qu'en se bougeant un petit peu le cul on peut diviser les prix par deux, je rappelle au passage que dans le genre "bien balisé par l'Etat" on fait difficilement mieux qu'un marché où l'on taxe toutes les 5 minutes et où l'on a mis en place une autorité de régulation (comprendre éradication) de la concurrence (l'ARCEP qui a un site bien laid au passage).

Allons plus loin rentrons dans des points de détails qui font plaisir, Free agit différement car Free est basiquement resté sur son métier de base : fournisseur de service de télécommunication. A l'opposé Orange se voit en tant que fournisseur de média, ça signifie que chez l'un vous payez un accès Internet, chez l'autre une version évoluée de la télé. Quand Free permet explicitement d'utiliser son forfait 3G pour se connecter avec tablette, PC ou autre, Free ouvre des portes. Là où les autres vous menaçait à un tarif de quasiment 1€/Mo, Free met un fair use à 3Go. Niel s'est abstenu dans sa présentation de préciser qu'Orange et consors vous menacent (voir appliquent) un tarif tel que l'on peut voir que Free facture 19,99€/mois pour un service où les autres par mesure répressive disent facturer 3 000 € (oui, troissss milleuuu euroeu), trois mois d'un salaire de prolo quoi.


Autre point qui fait du bien à la tête : Free a réduit les conditions générale de vente (et d'abonnement) à une seule page (donc deux si on additionne) écrite dans une police petite, mais lisible car noir. Pour comparaison SFR fournit ses CGA ici, il y a plusieurs version, la première fait 35 pages qui, a bien y regarder semblent en format A3 (pour arriver à une police comparable), ce qui nous amène donc à 70 pages ; attention à l'effet design : gris sur fond blanc. Free a fait quelque chose de jamais vu depuis un paquet d'années : un contrat que l'on peut lire avant d'acheter.

On vous a pris pour des dindes pendant des années, vous avez un opérateur qui fait mieux (et de mon point de vue : beaucoup mieux) pour deux fois moins cher (parfois plus). Votre opérateur vous propose de s'aligner et vous restez ? Prenez une glace, mettez vous devant et dites : "Je suis un pigeon", dites le autant de fois que vous avez passé de mois à payer trop cher un abonnement chez quelqu'un qui manifestement est en droit de vous plumer une seconde fois. "Fool me once, shame on you. Fool me twice, shame on me" / "Tu me trompes moi une fois, honte à toi. Tu me trompes deux fois, honte à moi". Il n'y a pas de bon fonctionnement possible de l'économie de marché quand tous les acteurs se trompent entre eux sans aucun risque. Vous voulez de meilleurs offre faites payer ce risque, quittez votre opérateur si vous le pouvez !

Je vous dis ça en ayant pleinement conscience qu'il n'est pas improbable que Free ait des ratés au début, je n'ai pas prévu de devenir un fan boy, je serais indulgent de mon côté.

Alors si vous n'êtes pas engagés ailleurs pour vous abonner c'est ici.

Et il n'y a pas d'autres moyens de remercier les gens qui ont rendus cela possible que de le dire haut et fort : merci aux équipes de Free, aux institutionnels qui ont rendu cela possible (ARCEP entre autres) et aux partenaires de ce lancement (oui Orange aussi, on ne peut pas être mauvais partout).


jeudi 1 décembre 2011

Ce que les réseaux sociaux et donc Facebook savent de vous

Quelque chose d'hyper tendance en ce moment c'est la notion de la vie privée autour des réseaux sociaux (yeah Facebook lui-même).

Pour moi, il y a trois niveaux de préoccupation à avoir là-dessus :

  • Ce qui peut être fait ;
  • Ce que les réseaux sociaux souhaitent faire (pour leur business, ceci en tenant compte des contraintes de leurs utilisateurs) ;
  • Ce que la loi autorise.
On peut également ajouter :
  • Ce qui peut être fait techniquement ;
  • Ce qui peut-être fait scientifiquement ;
  • Ce que les gens pensent qu'ils donnent comme données ;
  • Ce que les gens donnent factuellement comme données ;
  • Ce qui est accepté sociétalement ;
  • Ce qui ne l'est pas.
Je pense que l'on se focalise un peu trop sur l'aspect légal puisque cela sous tend que :
  1. Tout le monde respecte la loi ;
  2. Que le législateur a une compréhension si ce n'est complète, au moins superficielle du problème.
On peut se permettre de douter du point 1, on peut également de douter du point 2.

Je souhaite donner quelques éclairages sur ce que l'on peut savoir lorsque l'on s'appelle Facebook aujourd'hui.

Premièrement de part les informations que vous avez mis et simplement vos amis Facebook peut avoir une idée assez pertinente de qui vous êtes. Oui, grâce à ce que vous y avez mis volontairement, mais également grâce à ce qu'ont mis vos amis, voir les amis de vos amis. Par exemple, si vous avez omis de renseigner votre religion, Facebook connait certainement quelques algorithmes plutôt efficace pour compléter ce champs manquant (savoir s'ils sont utilisés en pratique est une autre paire de manches). On peut naturellement s'en servir sur des sujets beaucoup moins polémiques et beaucoup plus utiles commercialement pour connaître par exemple vos marques préférés ou vos goûts musicaux.

Deuxièmement Facebook peut avoir une idée très précise d'où vous êtes, et, si cela est mis en relation avec la connaissance et votre réseau social, pratiquement d'avec qui vous travaillez où vivez. Tout simplement avec l'usage de votre adresse IP pour déterminer où vous êtes et en me disant que si je vous vois derrière la même IP que Martine pratiquement tous les jours à la même heure, alors vous êtes certainement une connaissance de Martine. Si en plus je vois que vous avez dans vos amis le petit ami de Martine : jackpot !


Plus marrant (et troisième point au passage), Facebook sait exactement ce que vous faîtes en ligne, à chaque fois que vous voyez un bloc pour commenter sur Facebook, à chaque fois que vous voyez un bouton "like" (ou "j'aime" pour les frenchies), à chaque fois qu'un bout de Facebook vous apparait sous le nez. Facebook peut (et le fait certainement) mettre en lien le compte sous lequel vous êtes connectés et la page que vous avez visité. "Tiens voilà Michel, en général après sa lecture du Figaro et de La Croix il fait un saut sur des sites porno avant d'aller écrire un article pour Famille de France", notre ami Michel fait donc parti des psychorigides avec potentiel d'amusement. Virtuellement, sur ce type de tracing, vous êtes tracés ainsi à peu près sur la totalité des sites en vogue en dehors de Wikipedia (qui n'intègre pas Facebook). Pour information, des fois que l'information manque, lorsque vous arrivez sur une page, la page courante peut également transmettre la page depuis laquelle vous venez.

Rien à foutre ? vous connectez également en "navigation privé" ? Et bien quatrième point coco ! Quand tu es chez toi sur ton ordinateur et que tu te crois super malin parce que tu as pensé à passer en navigation privée tu n'es peut-être pas aussi "incognito" que tu le crois, tu as toujours la même adresse IP, tu as peut-être toujours le même navigateur et très certainement le même système d'exploitation... Bref, on peut également relié cela à ton compte. Dans l'hypothèse où ça ne suffirait pas, tu es traçable par le biais de Flash et de ses cookies LSO.

Cet article s'est borné à évoquer des possibilités, je pense que même un géant comme Facebook n'a peut-être pas les ressources nécessaires pour réussir à mettre tout ce que j'ai évoqué en place, mais je pense que le groupe ne se prive pas sur les parties qui ne sont pas illégales.

Personnellement, je vis avec, mais si vous le souhaitez voici un moyen simple et propre de couper efficacement Facebook. Editez votre fichier hosts (avec blocnote, notepad,  textedit, gedit ou équivalent) :
  • Sur Mac et Linux : /etc/hosts
  • Sur Windows XP, Vista and Windows 7 : C:\WINDOWS\system32\drivers\etc\hosts
Vous rajoutez à la fin de ce fichier les lignes suivantes pour couper Facebook purement et simplement (il vous suffira de les retirer pour que cela fonctionne de nouveau).

# Block Facebook
127.0.0.1 www.facebook.com
127.0.0.1 facebook.com
127.0.0.1 static.ak.fbcdn.net
127.0.0.1 www.static.ak.fbcdn.net
127.0.0.1 login.facebook.com
127.0.0.1 www.login.facebook.com
127.0.0.1 fbcdn.net
127.0.0.1 www.fbcdn.net
127.0.0.1 fbcdn.com
127.0.0.1 www.fbcdn.com
127.0.0.1 static.ak.connect.facebook.com
127.0.0.1 www.static.ak.connect.facebook.com

Ceci aura pour effet de rediriger toutes les connexions depuis votre machine vers Facebook sur une adresse IP erronée.


Pour ceux que ça intéressent les algorithmes cités sont ceux dits de propagation d'étiquettes (label propagation)
Ma source pour la liste de domaines à bloquer
Vous n'aimez pas être surveillé ? Vous trouverez dans les spyfiles de Wikileaks des documents et des noms d'entreprises qui participent à la surveillance généralisé des citoyens par les états


dimanche 27 novembre 2011

Les révolutions de demain

Article écrit il y a quelques mois à présent (mars 2011 peut-être).

Il y a quelques semaines, j'ai eu le plaisir de voir un reportage à faire vomir Pernault, j'entends pas là, qu'il ne comportait de mention à une région paumé de la France et ne concernait pas un espèce d'artisan/paysan consanguin qui complète son revenu en travaillant ; les aides pour la relance des régions en pleine effondrement économique ne représentant que 80% de son revenu.

Ce reportage concernait les révolutions qui secouent actuellement le monde arabe et font souffler un vent d'espoir sur l'avenir de l'humanité et la capacité des peuples à se soulever contre l'oppresseur.

L'élément le plus caractéristique était le récit d'une perquisition de la police Égyptienne avant la chute de Moubarak où les agents du dictateur bienveillant ne cherchaient pas les dirigeants des mouvements insurgés, ni même des armes, mais les outils de communication : ordinateurs / téléphones portables.

Cette communication est la clé, elle est la seule qui permettent de coordonnées des milliers de personnes... La force armée n'est d'aucun secours quand il s'agit d'un jeu beaucoup plus politique et quand tirer sur les foules ou remplir les prisons ne conduisent qu'à exciter la ire et la désapprobation internationale, pour peu que vous ayez le cul sur du pétrole on vous enverra presque l'aviation.

Par ailleurs, l'armée qui doit tirer sur les foules, pas de bol, est souvent issue des mêmes foules, et en général, on a beau être militaire ça fout un peu les nerfs de massacrer la famille.

Facebook est devenu plus important que les armes, l'information circulant plus vite et mieux, les foules deviennent moins manipulables. Les mouvements arabes sont pour moi la meilleure des illustrations autour de l'émergence de l'intelligence collective (j'y mettrais bien des guillemets tant je sais qu'il est cavalier de faire des parallèles entre des pays où les situations sont radicalement différentes et les populations variant d'un endormissement religieux consanguins à une éducation et une ouverture au monde plutôt importante).

Clairement si hier, les révolutions se jouaient à coup de force armée, les exemples tunisiens et égyptiens montrent que dorénavant ce n'est plus l'armée qui a les cartes en main. Les armes de demain concerne selon moi la fiabilité des réseaux et donc des thèmes comme la cryptographie, la redondance des moyens de communication, la fiabilité des réseau et leur tolérance à la faille.


mardi 4 octobre 2011

Réseau : le prochain blocage technologique

L'économie peut-être parfois vue comme un jeu subtil dont les rouages semblent inintelligibles jusqu'à ce que l'on puisse observer une situation a posteriori.

Un des exemples parlant qui me vient à l'esprit est l'explosion des applications sur mobile. Avant l'iPhone tout était pratiquement là : des appareils suffisamment puissants, de surcroit connectés, des outils de développement existant sur des technologies répandues.

Ils manquaient plusieurs choses mais qui à l'époque ne signifieraient rien : de la qualité pour l'utilisateur. Pourquoi améliorer l'expérience utilisateur dans les applications et sur le web si les utilisateurs ne s'en servent pas. Arrêtons nos considérations ici le serpent pourrait se manger la queue.

Apple a offert aux utilisateurs une navigation de qualité et des applications propres et surtout simples à installer. Sur le fond, aucune avancé technologique majeure n'a été effectué, l'avancé était de rendre la technologie transparente et orientée vers un usage.

Toutes ces applications qu'elles soient sur mobile ou de plus communes applications web souffrent d'une faiblesse qui vient de leur plus grande force : la connectivité. En effet la connectivité consomme de la bande passante et demande que l'utilisateur ait accès au réseau. Tout ce monde d'innovation a une épée de Damoclès au-dessus de sa tête : le réseau et ses contraintes.

Les opérateurs fournissant le réseau sont arrivés à un stade où leur capacité à créer de la valeur est en train de s'effondrer. Le produit qu'ils fournissent n'est plus un produit fini, c'est un produit intermédiaire "avoir le téléphone" n'est plus une finalité de premier rang, s'y sont substituer "lire ses emails", "consulter wikipedia" et "se connecter sur Skype" pour lesquels le raccordement à un réseau est une condition nécessaire mais pas suffisante. Innover pour eux ne signifie pas toucher de nouveaux marchés, mais faire plus vite et moins cher. "Produire moins cher" a le gros défaut de signifier également à marge réduite. Oubliez la Orange TV, l'octuple play et autres consoles incorporées dans une box, ce ne sont que des symptômes du présent propos : des tentatives de repenser un métier qui s’essouffle.

Les opérateurs ne vivent encore correctement que parce que le service qu'ils produisent s'appuie sur des investissements colossaux et freine donc l'arrivée de nouveaux entrants et par là l'intensité concurrentielle. Le réseau français est saturé ? C'est catastrophique pour ceux qui souhaitent s'appuyer dessus, mais ça permet de justifier des prix élevés. Désaturer le réseau, c'est une solution inintéressante, car les opérateurs savent bien qu'ils ne vendront pas plus de nouveaux forfaits en baissant les prix.

Le taux d'équipements des ménages est à 100% pour le mobiles, personne ne veut se passer de son mobile. Ce que gagne un opérateur il le prend soit à un autre, soit à une autre industrie en diminuant la part de budget restant au consommateur, aucun incitation à la baisse de coût n'est visible. Si l'industrie s'entend correctement sur les tarifs alors pourquoi baisser les prix ? Diviser le prix de l'abonnement internet par deux n'augmentera pas d'un iota le nombre desdits abonnements.

Ce frein à l'innovation est déjà palpable. Notre cher et tendre fleuron France Telecom est un des premiers acteurs du marché africain où l'on essaye d'interdire au mieux la VOIP de peur certainement de ne plus vendre de minute de communication à des prix exhorbitant... une version malgâche de l'internet par Orange certainement. Le PDG de France Telecom, quasi filiale du ministère de l'économie fait usage de sa charge pour défendre a mainte reprise la non neutralité du net.

Petite question si vous avez suivi quelque peu : comment lancerez vous le service de demain si la moitié de vos utilisateurs potentiels ne peuvent pas l'utiliser ? Les levées de fonds en France devront-elles servir à financer un achat de droit pour une entrée dans un France Telecom World quelconque ?

Au milieu de celà, il faut considérer que si les opérateurs n'avancent pas d'eux-mêmes ce sont les géants du web qui abattront ce mur anti-innovation. Si personne ne veut donner à leur client un accès de qualité à leur service, ils le donneront eux-mêmes.

Illustration prise ici


mardi 28 juin 2011

Internet, les systèmes distribués, le Minitel et le Cloud

Internet, le Minitel, Internet ce n'est pas le Minitel avec les couleurs en plus. La différence entre les deux systèmes est plus fondamentale, liée à la structure des réseaux.

Conceptuellement le Minitel est beaucoup plus simple, c'est un service auquel les gens se connectent et accèdent à différent contenu structuré en rubrique voir sous-service. Le système est centralisé par conception, il ne tourne que sur un seul point accès énorme, ce que l'on peut visualiser comme le centre d'une structure en étoile. Un seul serveur actif au centre et les connexions des utilisateurs ayant pour seul terminaison ce serveur.

Avec Internet la logique est complètement différente, chaque machine est connectée au réseau, réseau qui n'existe que par les connexions de machines sans entités centrales pour régir les interactions ou les échanges. Ainsi sur ce réseau chaque machine peut-être un serveur et donc un point de terminaison des connexions. En d'autre terme tout le monde peut héberger son propre contenu. C'était quelque chose d'assez flagrant à la première époque de l'internet et de nos vieux modems, notre machine, une fois connectée était accessible de l'extérieur très facilement, c'est désormais beaucoup moins clair avec les box.

Internet est un réseau quasiment conçu pour la fiabilité (dans le sens ou la première des fonctionnalités d'un réseau est de permettre de relier). Ainsi il est très difficile de couper ce réseau, car le retrait d'une machine ou d'une connexion sur ce réseau n'a des conséquences qu'à une échelle locale. A contrario, pour rendre inopérant un système centralisé il vous suffit de coupe le nœud central.

Dans un Minitel, le premier contenu pouvant poser problème est supprimé sans soucis à l'échelle du serveur centrale. Sur Internet couper l'accès à un contenu signifie soit couper cette machine soit en couper toute les connexions, la tâche est beaucoup plus ardue.

Vous entendez certainement souvent parler de cloud computing en ce moment, le concept c'est que vos données/votre service ne sont plus chez vous, mais chez un tiers, un fournisseur de service qui s'occupe de vous les conserver. Derrière cette idée de Cloud se cache une problématique beaucoup plus importante : celle d'un retour à un système type Minitel, le jour où un Facebook centralise vos photos de soirée, vos amis, votre vie sociale. On revient à la même facilité quand il s'agit de censurer ou de couper l'accès à tout cela. Idem quand votre boite mail et vos documents vivent chez Google. Le cloud computing tend à faciliter l'avènement d'une ère qui pourrait être celle d'un Minitel 2.0. Ca signifie que vos données sont beaucoup plus facilement débranchables et contrôlables.

Vous êtes intéressé par cette idée de Minitel 2.0 ? Elle est développée sur le site de la FDN (vidéo d'une heure)
L'illustration vient d'ici


dimanche 6 mars 2011

Anonymous : hacker / concept / anarchistes ?

Le terme anonymous est un des mème (concept) de l'Internet, il désigne un individu, un groupe et un concept s'organisant autour de l'anonymat permis sur le réseau. Aux dernières nouvelles (et modulo certains détails techniques et certains passe-droits), vous êtes anonymes sur Internet, libre de faire/dire ce que vous voulez, seulement l'inconvénient c'est qu'en même temps on sait bien que vous êtes anonymes, vous n'êtes pas vraiment pris au sérieux, pas vraiment différenciés, pas vraiment quelqu'un. Vous êtes tout le monde et personne, vous êtes tous les mêmes (version originale).

De manière symbolique, des individus plus ou moins organisés se sont dotés de ce nom et de certains autres attributs pour défendre une conception de la liberté et d'Internet. Pourquoi symbolique ? Car en choisissant se nom, ils se noient dans un terme, ils acceptent d'être au sein de celui-ci avec ce qu'il implique, celui d'être tout le monde et personne. L'usage n'est pas sans me rappeler la chanson de Marilyn Manson The Nobodies : "We are the nobodies wanna be somebodies""nous somme les inconnus qui souhaitent devenir quelqu'un", car si les anonymes ne sont pas écoutés, mais ils ne sont pas pour autant sans voix.

Les slogans généralement associés à ce mème sont également intéressants.

"My name is Legion, for we are many.""Mon nom est Légion car nous sommes nombreux" un passage de la Bible où le démon affirme qu'il revêt plusieurs formes. En dehors du fait que n'importe quel amateurs de jeux de rôles notera qu'une telle phrase fait gagner trois points de charismes à celui qui la prononce, j'apprécie également la métaphore que l'on peut en tirer. Les anonymes sont nombreux, ils sont partout, c'est une menace pour tous ceux qui s'opposent à l'humanité en elle-même.

Deuxième élément apparaissant souvent : "We do not forget, we do not forgive", "nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas", mais j'aurais l'occasion de revenir sur ce dernier point.

Ceci est ma lecture personnelle d'une réalité, il m'est insupportable de voir un journaliste s'exprimer sur le sujet avec le niveau d'inculture qui est propre à sa corporation d'émasculés patriotes et béats chez qui le conformisme est seul gage de savoir-faire.

Quoi de mieux pour conclure que cette réaction aux déchets produits à l'aide de vos impôts :




Article également publié sur AgoraVox


samedi 18 décembre 2010

Compiler et signer votre application Android

Parfois ce qui devrait être simple ne l'est pas, pour exemple cette petite discussion autour de comment compiler et signer votre application sous Android : une étape essentielle pour la distribution via l'Android Market ou en Ad Hoc.

En cherchant sur Internet, vous risquez de vous perdre rapidement sur le pourquoi du comment le faire en ligne de commande, seulement, en tant que développeur intelligent vous utilisez certainement Eclipse et donc là le processus est beaucoup plus simple :

  • Clic-droit sur votre projet ;
  • Clic sur Android Tools ;
  • Clic sur Export Signed Application Package.
Vous avez fait le plus dur, il ne vous reste plus qu'à créer votre trousseau, vos clés et exporter votre application : elle est ainsi prête à envoyer sur l'Android Market ou à diffuser par un autre biais.


lundi 6 décembre 2010

Wikileaks : beyond good and evil

Vous connaissez Wikileaks ? Ce site qui balance des infos confidentielles sur Internet, des rapports sur la guerre en Irak, des notes d'ambassadeurs, ...

Wikileaks pose un petit problème pour deux raisons :

  • Il diffuse des informations sans aucun intérêt mais légèrement insultantes du genre Berlusconi serait incompétent, Sarkozy serait susceptible et autoritaire... Ces informations sont très rafraichissantes pour les particuliers, ça montre au moins, qu'au-delà d'une hypocrisie convenue sur le plan diplomatique, il y a quand même des gens avec un sens critique qui ont une vision de la réalité intègrant un peu de bon sens. Par contre c'est un peu chiant de retourner serrer la main à un chef d'état quand il a appris que tu lui avais violemment vomi dessus deux jours plus tôt ;
  • Il diffuse des informations stratégiques du genre : les pays arabes seraient franchement rassurés si les USA s'occupaient du problème Iranien... Ca c'est plus intéressant, et même si la plus part des informations de ce type joue un peu le jeu de l'Amérique, ça permet d'avoir une vision des enjeux géopolitiques un peu moins biaisée par des analyses à deux balles et des prises de position hypocrites. Le côté emmerdant, je ne vous le détaille pas, c'est le même qu'au-dessus, en pire.

Vous froncez les sourcils... Vous avez du mal à prendre position sur l'affaire Wikileaks, mais voyons, c'est facile ... Eric Besson voudrait faire fermer Wikileaks, c'est pas une bonne raison de supporter Wikileaks ça ? Si la société française a besoin de repères, Eric Besson en est assurément un.

Eric c'est un homme simple qu'a pas bien compris que la France n'était pas encore Cuba, alors du coup, il a expliqé" à l'hébergeur du site d'information Wikileaks, à savoir OVH, que ce serait mieux s'ils pouvaient aller voir ailleurs. On ne lui a pas dit que son ministère ne lui donnait pas de droit sur la manière dont les entreprises choisissaient leurs clients...

Eric n'est pas le seul, puisque tout le monde aimerait bien flinguer Wikileaks et son fondateur Julian Assange.

Par exemple, ce gentil Australien était, selon de nombreux médias, poursuivi pour viol en Suède. Seulement voilà malgré un mandat d'arrêt Interpol, le crime n'en est pas un, c'est un délit, et encore, qu'en Suède où on l'appelle le «Sexe par surprise».

Je vois vos yeux s'écarquiller, moi non plus je n'ai pas bien compris. Mais si jamais vous n'aviez pas bien saisi le pourquoi du comment du diamètre des rouleaux de papier cadeau, vous voici informés. Plus sérieusement, si vous couchez avec une suédoise, appelez votre avocat  pour vous rencarder sur le sujet, il semblerait qu'une capote qui craque soit plus gênante sur un plan légal que médical chez les scandinaves.



La vrai question de fond du sujet Wikileaks est naturellement celle de la raison d'état et du secret d'état qui l'accompagne dans ses déplacements... Non, Julian Assange n'est pas un criminel, il contribue à un monde moins hypocrite, des citoyens mieux informés et des gouvernements plus responsables. L'individu prime face à une représentation idyllique d'une collectivité qui s'appelle l'état.

Si vous avez envie d'aider Wikileaks, ça se passe par là. Si le site n'est pas accessible, je vous laisse regarder chez Bluetouff.

Je vous invite à vous rappeler de ce slogan accrocheur : «We do not forgive, we do not forget. Expect Us» et donc à boycotter Paypal qui s'est permis de bloquer les paiements vers Wikileak et accessoirement Amazon qui a viré Wikileaks de son cloud.


mardi 19 octobre 2010

Forcer les www devant votre nom de domaine

Ça prend cinq minutes et ça peut dépanner, voici un petit bout de fichier de configuration pour votre serveur Apache (fichier .htaccess) pour forcer les www devant l'adresse de votre site.

RewriteCond %{HTTP_HOST} ^planet-montre\.com [NC]
RewriteRule (.*) http://www.planet-montre.com/$1 [QSA,R=301,L]

Voilà qui sera très pratique pour renforcer un peu votre identité numérique, histoire de ne pas faire cohabiter mondomaine.com et www.mondomaine.com dans les résultats de Google si cela n'est pas nécessaire.

Pensez à adapter votre code si vous n'êtes pas en train de travailler sur planet-montre.com !


samedi 25 septembre 2010

Emergence et convergence des acteurs : les nouvelles règles du monde de l'internet

Tout secteur économique connait des phases de convergences, c'est à dire des périodes durant lesquelles les différents acteurs vont se regrouper par des stratégies de fusions/acquisitions d'entreprises. Ces actions font sens car elles permettent généralement de regrouper les coûts, d'augmenter en parallèle le chiffre d'affaire et donc de générer plus de résultats que les deux entreprises considérées séparément. Par ailleurs, une entreprise plus grosse, tend vers une situation de monopole et développe donc des capacités de pression sur le marché. Le monopole est la situation la plus confortable pour une entreprise, c'est donc généralement un but en lui-même.

Internet est une révolution dont les conséquences sont encore mal cernées. Une de ces conséquences des plus importantes est selon moi un changement profond de la taille critique des entreprises dans bien des milieux grâce à une efficience plus importante des marchés.

Lorsqu'une offre va réussir à prédominer sur un marché, elle va très vite phagocyter ce marché ou bien se faire phagocyter par un concurrent ayant un peu plus de cash à un instant donné. La convergence des marchés sera bien plus rapide que sur le marché traditionnel, la taille va attirer la taille. Amazon bénéficie d'une prime à l'image sans pareil, Facebook est le réseau social de référence, il n'existe aucun concurrent qui ne pèse ne serait-ce que la moitié de ces géants.

La plus part des marchés importants de l'Internet évoluent ainsi vers de situations comprenant un seul, voir au maximum deux acteurs :

  • Rencontre : Meetic ;
  • Recherche : Google ;
  • Vente de livre : Amazon ;
  • Réseau social : Facebook ;
  • Actualité du cinéma : Allociné.
Ca fait déjà une liste longue quasi indiscutable pour un marché né il y a seulement quelques années.

La bonne nouvelle face à cela, c'est la capacité de ces entreprises de naître et de mourir avec la même apparente facilité qu'elles croissent. Sur le secteur de la messagerie instantanée par exemple, ICQ s'est éclipsé avec une impressionnante rapidité face à MSN... de la même manière, est-ce que quelqu'un utilise encore MSN face à l'offre équivalente de Facebook et GoogleTalk ?

Internet est-il le domaine des monopoles éphémères ?

Image venue d'ailleurs


mardi 10 août 2010

Comment transférer efficacement des fichiers depuis votre serveur ?

Vous êtes content, vous avez votre serveur Linux qui marche bien, mais vous y avez des fichiers de taille plus ou moins importante à récupérer sur votre machine.

Vous connaissez certainement la commande pour faire des copies sécurisées basée sur SSH qu'est scp :

  • scp login@serveur.com:/votre/fichier/a.recuperer /dossier/de/destination/
Mais si vous voulez récupérer plus d'un seul fichier ou alors que celui-ci est gros, et que votre connexion fait des siennes. scp va vite vous poser de méchants petits problèmes, "stalled" qui signifie : y'a des grandes chances que le téléchargement soit mort.

Du coup, je ne peux que vous suggérer d'utiliser rsync avec quelques paramètres intéressants

  • rsync --partial --progress --rsh=ssh -r login@serveur.com:/votre/fichier/a.recuperer /dossier/de/destination/

Sur le plan général, l'objet de rsync est de synchroniser des dossiers à distance (r pour remote), petit focus sur les options que vous retrouverez par un "man rsync" :
  • --partial : autorise le rechargement partiel des fichiers (e.g. si le chargement s'était interrompu à 50 %, il est repris à ce stade) ;
  • --progress : vous affiche le progrès du transfert, bien pratique quand vous manipulez des gros fichiers ;
  • --rsh=ssh : force l'usage de ssh pour crypter votre connexion et éviter que des petits cons interceptent vos communications, on est jamais à l'abris d'un interventionniste mal intentionné n'est-ce pas. C'est en théorie la valeur par défaut pour les transferts via ssh, si vous n'avez pas touchez à la configuration, cette option est a priori inutile.
  • -r permet de forcer une copie récursive et vous copiera donc également les dossiers et leur contenu.


mardi 3 août 2010

La carte d'identité numérique : définition et enjeux

Qu’est-ce que la carte d’identité numérique ?

C'est après un des petits déjeuner de Réforme & Modernité (da UMP club) que j'ai cogité plusieurs jours durant sur cette notion de carte d'identité numérique. Après usage de mon intelligence, je pense qu'il est plus que probable qu'on désire nous la carrer dans un orifice destiné à autre chose dans les prochaines années, la France me semble bien être le pays où :

  • On a déjà fait preuve d'un amour immodéré pour les politiques sécuritaires et intrusives sur le plan du numérique au mépris le plus complet de la liberté d'expression ;
  • De nombreux acteurs importants soutiennent ce type d'actions ;
  • Les acteurs s'y opposants sont inaudibles et/ou marginalisés ;
  • Le grand public n'y comprend rien et j'ai le sentiment que les politiques font du mimétisme sur ce point particulier.
Cet article va donc s'efforcer d'énoncer une définition et les enjeux de cette fameuse carte d'identité numérique.

Le constat

Dans les faits, tout le monde est anonyme sur Internet, toute identité numérique est impossible à vérifier vis a vis d'une identité civile, cependant, dans la plupart des cas vous pouvez savoir si vous communiquez avec le même anonyme et ces transactions sont relativement sûres.

Les seules traces d'identités vérifiées sont des numéros de portable ou des codes de cartes bancaires.

Le principe

L'idée de la carte d'identité numérique c'est que l'état vos fournisse des identifiants, derrières lesquels il saura qui vous êtes. Ces identifiants pourraient être un peu comme vos comptes Twitter, Facebook et Google, ils vous permettraient de vous connecter à des services publics ou tiers avec un seul identifiant et d'une manière permettant de vous identifier nominativement.

En terme de sécurité des échanges, il est nécessaire de noter que, quel que soit l'enrobage (code dynamique entre autres), rien ne changerait sensiblement et aucune sécurité plus infailllible que les autres n'émergerait de cela.

La sécurité absolue est un mythe.

Les enjeux
  • Mettre fin de manière quasi totale à toute forme d'anonymat sur le net (tous les géants pourraient être obligés de s'y plier) ;
  • Contrôler l'accès à des sites adultes ou restreint ;
  • Stocker de manière centralisée l'historique Internet quasi complet de toute la France ;
  • Tracer facilement les déplacements des citoyens ;
  • Faire naitre un marché intense de fausses identités ciblant principalement les cyber délinquants et les sans papiers ;
  • Générer des dépenses colossales de mise en oeuvre, de maintenance et de détection de fraude ;
  • Offrir une cible de choix aux terroristes : dégommer quelques serveurs pour paralyser l'économie d'un pays c'est trop tentant. Al Qaeda aurait enfin les moyens de concurrencer la CGT en terme de fléau économique et social.
  • Offrir à l'état (votre ami super sympa qui vous aime) toutes les données d'un Facebook et d'un Google, mais à une échelle qui incluerait également tous les réfractaires à ces technologies. Oui contrairement à la rumeur vous avez encore le droit de ne pas avoir un compte Facebook.

Mes biais et intérêts personnels

Même si j'ai tenté d'écrire en toute objectivité, il me parait évident que ces propositions que généreraient un business conséquents pour tous les marchands de sables du monde des high tech français et seraient également un très bon moyen d'éviter de parler des désastres générés par l'économie mixte, un très bon support à pédophilie et autres points Lefebvre. Tout ceci naturellement existerait au détriment du reste de la population, de la liberté, de la vie privé et d'autres grands principes dont l'évocation fait lever les yeux au ciel de n'importe quel membre d'un parti ami avec le parti communiste chinois.


lundi 7 juin 2010

Opera Mini

Vous connaissez Opera ? Le nom vous dit juste quelque chose ? C'est ce navigateur web, concurrent des célèbres Firefox et Internet Explorer, n'importe quelle personne des IT vous dira : "Opera, c'est super bien, mais j'utilise pas parce que ...". En soit les gens d'Opera ont un super produit, ils apportent des innovations intéressantes mais bon voilà, ils ne communiquent pas vraiment et ça se ressent sur les chiffres d'utilisations. Il faut également considéré qu'Opera est en train de se faire violemment manger ses parts de marché par Chrome.

Parmi les truc géniaux d'Opera :

  • Opera Unite : je n'ai jamais testé mais l'idée d'avoir un serveur web embarqué pour pouvoir héberger votre contenu sur votre propre serveur : photo, fichier, vidéos, etc ... Voilà la réponse à la plus part des utilisations du Cloud et de Facebook. Un système décentralisé : c'est bon pour ta liberté et ta vie privée l'ami.
  • Opera Turbo : ça j'ai testé parce car c'est embarqué dans la version mobile et laissez moi vous dire un truc : c'est mortel. Le concept : quand vous chargez une page web, il y a plein de requêtes envoyées pour charger : javascripts, images, frame (pas bien ça, mais ça arrive) et CSS. Le plus embêtant et le plus consommateur en temps, c'est qu'il faut que chacune de ces requêtes soit prise en charge par le serveur approprié. Et vu comment la 3G est pourrie en France, ça peut-être très long, genre très très long. Avec Opera Turbo, Opera charge la page et tous les bouts qui vont avec pour vous sur leur serveur, le serveur la compresse et vous envoie un seul fichier qui contient le tout. Pour vous donner une idée, l'affichage de la page d'accueil de ce blog comprend 61 requêtes, à chaque fois une opportunité pour Orange, SFR et Bouygues de vous pourrir la navigation ! Par contre pour le coup, du côté de la vie privée c'est pas top.
Si Opera Unite n'est pas présent dans la version mobile Opera Mini, Opera Turbo y est et c'est un pied fantastique de pouvoir surfer de manière correcte malgré une connexion limite. L'application est disponible sur Android et sur iPhone avec un rendu plutôt sexy, c'est même, pour moi, la meilleure appli pour Android 1.6, un "must have" pour vos mobiles !


mercredi 19 mai 2010

Pourquoi choisir Python ?

Geek, scientifique, hacker, bidouilleur, codeur ... vous qui avez envie de développer rapidement ce qui vous passe par la tête sans forcément avoir pour objectif de construire la nouvelle application énorme qui va changer le monde. Vous qui avez simplement envi de résoudre votre petit problème par de la programmation, de tester votre algorithme ou bien de voir ce que vous pouvez faire avec certaines données. Python est fait pour vous.

Qu'est-ce que je note comme avantage ?

  • Python est relativement multi-platforme pour peu que vous ne touchiez pas à des APIs spécifiques, un avantage de plus en plus appréciable de nos jours où le tout Windows s'effrite à vue d'oeil ;
  • La syntaxe de Python est légère, mais alors très très légère. L'indentation par exemple permet à l'interpréteur de comprendre la structure de votre code. Le désavantage (léger) de ce point est que l'auto-indentation de votre IDE ne vous sera d'aucune aide... Mais l'avantage c'est que votre code est compact et donc facile à afficher sur un seul écran, et vous pouvez donc lire votre programme rapidement ;
  • Python privilégie la simplicité et offre un accès de haut niveau à de nombreuses choses ; typiquement la lecture complète d'un fichier tient en deux lignes sur la première file = open('./votre/fichier') sur la seconde content = file.read(), la même chose en Java, en PHP ou en C, prend tout de suite des allures plus complexes pour des raisons de buffers qui se révèlent inutiles dans la plupart des cas.
  • Il existe de très nombreuses librairies, parmi les plus connus et celles dans lesquelles j'ai mi les main côté algo : Networkx (modélisation de graphe creux type réseaux sociaux), SciPy (plein d'outils scientifique, avec entre autres des générateurs de nombres aléatoire reposant sur toutes les lois de probabilités que vous pouvez espérer) et NumPy qui fournit plein de nouvelles structures de données ;
  • Python est un langage interprété qui connaît de multiples implémentations ayant chacune leur spécificités mais qui permettent pour certains de compiler le code pour en optimiser l'exécution ;
  • Python se branche très facilement sur des librairies écrites dans d'autres langages (C entre autre) ;
  • Python n'est pas tenu pour rapide mais néanmoins j'y suis passé pour cette raison, j'ai constaté une amélioration significative pour des problématiques de réseau sociaux entre le couple Java/Jung et Python/Networkx... C'est d'ailleurs pourquoi je suis étonné par ce graphique de performance qui ne lui donne pas une très bonne place.
Les mauvaises nouvelles maintenant :
  • Python est actuellement en version 3.x mais la version 3.0 stoppant la rétrocompatibilité tout ce que vous trouverez est taillé pour Python 2.6 voir 2.5... Par ailleurs, Python est coupé en plein de petit bout de librairies, si vous êtes sous Linux tout va bien : aptitude résout tous vos problèmes, mais sous Mac c'est objectivement une horreur, pour peu que vous vouliez passer votre code entre les deux plateformes vous allez vraiment faire du mal à votre coeur... Je n'ai pas eu le "plaisir" de tenter l'expérience sous Windows, mais ça doit valoir sa dose d'antidépresseurs.
  • Python ça va vite, c'est simple, mais donc ce n'est pas assez rigoureux pour les débutants, le typage dynamique bloque pas mal d'aide contextuelles et du coup j'aurais tendance à vous dire d'y aller doucement si c'est pour un premier essai de la programmation.
  • Pour la même raison que je le déconseillerais à des débutants, je n'ai pas encore bien compris comment structurer une grosse application en Python, j'ai l'impression que le moindre développement peut très vite virer à l'anarchie (vision médiatique de la chose), du coup je me restreins à des développements de tests et de petits scripts sur ce langage.
Si vous avez envie vous lancer dans Python, renseignez-vous un peu sûr :
  • Pydev, le plugin Eclipse qui vous donnera un bon coup de main !
  • IPython un interpréteur un peu amélioré ;
  • BPython un interpréteur qui ajoute cette fonctionnalité excellente qu'est l'auto complétion et l'aide contextuelle... Je suis fan !
  • Reinteract qui offre pas mal de fonctionnalités pour construire rapidement de petit modèle (un substitut potentiel à Excel sur le long terme) ;
  • SciPy la librairie qu'il ne faut définitivement pas oublier ;
  • Networkx si vous voulez jouer avec des modélisations de réseau sociaux ;
  • Python-Twitter si vous voulez jouer en plus avec l'API de votre système de microblogging favoris ;
  • Ubigraph qui même s'il n'a rien à voir avec Python peut être un outil de visualisation très très pratique lorsqu'on le met en interaction avec les deux items précédents.
Le site de Nojhan qui laisse quelques bout de code Python trainer par ci par là et qui a eu le bon goût de faire connaître Reinteract et BPython


mardi 2 mars 2010

Mesurer les pertes causées par le piratage

Comment mesurer les pertes causées par le piratage ? La question parait innocente mais elle mérite déjà d'être vue comme partiale puisqu'elle suppose déjà que le piratage coûte (je parle ici du piratage d'œuvres artistiques, of course).

J'écoutais attentivement un intervenant d'une institution quelconque, qui vogue comme tant d'autres à mi-chemin entre la culture et la censure, qui évoquait un chiffre impressionnant des pertes recensées par les maisons de disques et autres producteurs de cinéma. Le point rassurant est que contrairement à ce que suggérait la bêtise primaire, les pertes ne sont pas mesurées sur la base d'une œuvre téléchargée est une œuvre qui aurait été achetée. Mais en réalité les pertes sont mesurées sur la base d'un ratio de 10 % des téléchargements qui auraient effectivement conduit à un achat...

Brièvement le calcul parait honnête, mais il est basé sur une supposition forte : le téléchargement est substitutif à l'achat... Hors de nombreuses études tendent à affirmer le contraire et le téléchargement tenderait à favoriser l'acte d'achat. Ainsi la mesure proposée n'est pas capable de distinguer les deux cas parce qu'elle est construite sur la base que le second n'existe pas. Si je suppose que les pirates consomment 10 % de plus que les consommateurs non-pirates, la mesure utilisée par notre lobby mesure une perte équivalente à ce qui est en réalité gagné.

Une approche plus intéressante aurait pu être d'échantilloner la population pirate et la population non-pirate ainsi que la propension de chacune à consommer du médias de manière légale pour pouvoir en mesurer l'impact réel de manière non subjective.


mardi 23 février 2010

Chatroulette : welcome to the real world

  • Une argentine insomniaque qui passe sa nuit à fumer et vous explique qu'il ne faut pas faire de même ;
  • Un psycholoque de Bourgogne ;
  • Un brésilien qui attend le déjeuner ;
  • Un bachelier de Bourgogne lui-aussi ;
  • Une New Yorkaise qui se réveille ;
  • Une Norvégienne qui passe le temps ;
  • Un photographe vénézuélien qui fait un travail vraiment intéressant.
Si vous cherchez une hétérogénéité telle, Chatroulette est fait pour vous. Le concept est simple, vous vous connectez au site, vous être mis en relation de manière aléatoire avec d'autres utilisateurs et vous permet de discuter avec eux via chat/webcam. Difficile de ne pas voir là-dedans une reprise du concept des chats qui ont eu leur heure de gloire à une époque où vous pouviez discuter avec des gens totalement inconnus à tout venant.

Personnellement, j'adore le concept pourvoir parler avec des gens du monde entier avec pour seul point commun d'être connectés au site c'est génial. Alors attention : sur le plan qualitatif c'est parfois relativement bas, ça donne également une idée de l'échantillonnage de l'être humain moyen... Ça fait un bon gros paquet de boulets. Néanmoins avec un peu de chance vous pouvez trouver quelqu'un avec qui amorcer une discussion au bout de quelques minutes, ça peut rester très surfacique mais on peut également arriver à creuser et avoir des échanges intéressants avec des personnes variées (voir très très variées).

Au-delà des approches très Web 2.0 où l'utilisateur va gérer du contenu, ici l'utilisateur est le contenu. Et la cible est beaucoup plus large qu'elle ne l'est sur des blogs, ça rajoute de l'hétérogénéité, mais n'améliore pas forcémenet la qualité.

La chose clair c'est que le concept va déranger... de manière assez franche, le site est interdit au moins de 16 ans, néanmoins il est clair que l'on croise des plus jeunes dessus ; les choses reliées à l'obscénité y sont interdites, mais il est encore plus que clair que l'on croise un nombre de trucs hallucinants hallucinant. Du coup, Famille de France va se cramer un crucifix en voyant se truc, Nadine Morano va bruler son écran et Albanel foutre une bombe dans tous les serveurs qu'elle croise... Pour peu qu'Hortefeux s'en mêle ça va arracher les murs. Mais il est néanmoins clair que la chose va ravir une armée de voyeurs.

Cependant le concept assez sympa de la chose fait que tout est anonyme concrètement, même en enregistrant tout ce qui peut être imaginé c'est assez dur d'imaginer que la police puisse retrouver quelqu'un de manière fiable. Ainsi et par extensions, les méchants pédophiles (la dernière estimation serait d'environ de 2 milliards d'internautes) n'ont pas non plus accès à l'information. Personne ne peut nuire a votre e-reputation ou vous harcelez, ces rencontres se font principalement en one shot et donc à l'opposé de la tendance réseau sociaux.


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