jeudi 2 mai 2013

Choc de simplification et hilarantes hallucinations

"Choc de simplification" c'était déjà il y a quelques semaines mais quel fou rire mes amis. François Hollande veut redresser la France par un choc de simplification.

Un choc de simplification qu'il faut soumettre à un électrochoc de réalisme.

La France a-t-elle besoin de simplification ?

Si la réponse qui semble évidente est oui, je pense qu'il est cependant important de réfléchir au pourquoi celà semble si évident. A froid quelques symptômes du problèmes qui nous occupe :
  • Le nombre de réglements/codes/arrêtés/chartes différents. On pourrait attendre d'un citoyen éclairé qu'il connaisse le droit auquel il est censé se soumettre, chose aujourd'hui impossible même pour un professionnel.
  • Le nombre de taxes, impôts, abbatements, éxonération, aides, subventions qui sont plus ou moins lié au constat précédent. Ceci est symptomatique car le problème des flux financiers est un problème simple par nature. Ce système se résume pour chaque français par: "on m'a pris/donné X% (ou X€)", cette phrase n'est même pas une approximation grossière du problème, c'est la seul réalité résultante d'un système redistributif / incitatif / fiscal (le nom importe peu).
  • Le nombre d'instances publiques différentes, il famoso mille feuilles administratif qu'il est célèbre de l'Auvergne au Cotentin. Etat, ministère, région, département, canton, mairie, arrondissement, j'en oublie probablement encore. Toutes ces instances ont des sources de financement à peu près claires, des pouvoirs en matière d'interdiction / réglementation qui atteignent déjà des niveau de nuisances impressionnants. Cependant je pense que le summum est atteint lorsque l'on commence à parler des politiques d'aides ou de subventions. Pour résumer chaque couche du millefeuille est pourvu d'une béchamelle bien dense de fonctionnaires occupés à gérer une paperasse colossale. Paperasse créée par eux-mêmes dont on se demande si c'est bien elle qui a besoin d'eux ou eux qui ont besoin d'elle. Chaque couche essaye d'être meilleur que la précédente, faisant un usage savant d'un sel et d'un poivre de subventions censés relever le plat ; mais les invididus, consommateurs finaux, se retrouvent bien finauds devant un met à la fois très cher et relativement infecte. Un repas qui ressemble encore énormément à la merde servis aux touristes dans les mauvais restaurants de Paris. La vision française de la décentralisation a été de créer une armée de microétats, de démultiplier les frais fixes, sans clairement définir de fonction ; ceci ne manquant pas de produite une valeur ajoutée nulle, voire négative, pour le citoyen. Si je dis négative c'est parce que chaque instance se sans obligé de se justifier d'exister, à la bonne dose de nationalisme idée que nous voyons partout, il faut ajouter l'abrutissement créé par ces régions, villes et départements en quête d'une identité.

François Hollande est-il la bonne personne pour initier la chose ?

Quand notre ami joufflu vient proposer de changer le monde, il faut prendre un peu de recul quand à l'analyse de la chose. C'est un jovial, socialiste, énarque, persuadé que le monde l'a attendu, lui et les siens, pour commencer à tourner. Il a écumé les postes dans cette industrie du parasitage, et aujourd'hui le voici qui débarque, fleur au fusil, lâchant deux ou trois mots obscurs.

Bien chanceux ou naïfs sont ceux qui peuvent encore croire qu'il va venir sauver le pays d'un grand mal que nous avons tous sous les yeux. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient et dans le sens qu'ils y mettent. Je ne suis pas sûr que M. Hollande ait l'humilité de voir la même réalité que moi tout simplement parce que selon celle-ci, le fond du problème c'est un peu son fond de commerce. Par ailleurs, est-il déjà bien conscient qu'il y a un problème ?

C'est que, voyez-vous, je suis persuadé que je rentrerais sans soucis dans ses pantalons, mais je vais essayer de rentrer dans ses chaussures, étape plus délicate.

Son entourage est du même milieu que lui ; les plus diversifiés sont, meilleure des hypothèses, journalistes ou cadres dirigeants dans des entreprises publiques françaises (des administrations quoi)... Les contacts de ces gens avec la réalité se résument des sondages BVA, des statistiques de l'INSEE et à deux poignées de main sur les marchés pendant les campagnes (voir des vieux) et en visite spéciale quand une usine ferme (voir des pauvres).

Disons-le, il est probable que cette vision du politique cynique et éclairé ne dissimule pas des gens aussi clairvoyants que l'on pourrait l'espérer. Théorie du complot mise à part, il ne serait pas non plus impossible qu'ils croient aux inepties qu'ils racontent.

Est-ce que c'est simple à mettre en place ?

En admettant que la démarche soit réelle et supportée par la caste politique. Il y a deux gains possibles pour l'économie du pays : la diminution des freins à l'économie et la diminution de la charge de l'Etat. Si nous avions un état simplifié, il est clair qu'à moyen terme cela permettrait à beaucoup d'acteurs de l'économie d'avancer en environnement moins incertain avec des coûts d'actions plus faibles (moins de normes, moins de paperasses, moins de démarches). Ca ok. Mais, et c'est un "big" mais, quid de la diminution de la charge de l'état ?

Ce temps disponible dans les administrations publiques, on en fait quoi ? Les règles de bonne gestion diraient de réallouer quelques ressources aux missions de l'état en manque de ressource, mais, dans une majorité des cas, il faudrait diminuer la masse des travailleurs administratifs. Et ça, statut bizarre du fonctionnaire oblige, on ne peut pas le faire. Ceci irait complètement à l'envers de la "stratégie" (lol, "stratégie", on dirait presque qu'il y a du "contrôle" derrière ce mot) meneé par le gouvernement autour de l'emploi qui vise à horizon 2031 d'avoir plus de fonctionnaires que d'habitants sur le territoire.

Ayant résolu la question : "Qu'est-ce que foutent les fonctionnaires ?". Émergerait donc cette question trépidante : "Qu'est qu'on fout des fonctionnaires ?". Cette question, je ne suis pas sûr que l'on ait envie d'y répondre dans le monde politique français.

Est-ce que la simplification est souhaité?

Vous avez déjà vu ces poissons qui suivent les requins pour consommer les parasites qui gravitent autour d'eux ? Ces poissons existent dans l'économie, ils ont différentes formes. Vous êtes des consommateurs d'un grand show télé, quand une nouvelle réglementation bancaire visant "à pourfendre le trading haute fréquence", "écraser les abus de la finance", "faire disparaitre les paradis fiscaux" ou encore "sauver Willy" arrive sur vos écrans, il se passe plein de choses.

Premièrement rassurez-vous, rien de ne change, les acteurs ne sont pas vraiment morts. Les banques vont faire joujous dans un autre pays du monde, l'important c'est juste que Navarro ait encore brillamment vaincu le crime. Seulement, il faut le réaliser le feuilleton, il faut que la fiction tienne un peu, alors on créé de nouvelles normes de contrôle, de la nouvelle paperasse à produire pour prouver que "y'a pu les méchants". Cette paperasse incommensurable est gérée par des gens qui revêtent pour l'occasion le titre mégamasturbatoire de consultants.

Et oui, gérer les problèmes créés de toute pièces par l'état c'est un secteur entier de notre économie. Ca occupe un grand nombre de juristes, de comptables, de RH, de conseillers consultans. Ces gens-là ne sont pas méchants ou malhonnêtes, ils gagnent juste leur vie sur la complexité. Supprimez la complexité, ils précéderont de très loin nos amis les fonctionnaires chez l'ami Paul Emploi.

Il existe aujourd'hui également énormément de professions qui se sont adaptées à cette complexité. Le taxi qui a payé sa licence le prix d'un logement, ne sera pas content de voir la valeur de celle-ci s'envoler. Le boulanger qui a pris un crédit sur 15 ans pour se mettre aux sacrosaintes normes ne sera pas forcément heureux de voir son concurrent s'installer en face de lui pour trois fois rien.







La complexité de l'état est un boulet pour l'économie, pour les entreprises, pour les individus et pour l'état lui-même ; mais aujourd'hui l'économie, les entreprises, les individus et l'état se sont adaptés à cette complexité et sont orientés pour vivre avec cette complexité. La supprimer serait une bonne chose à long terme, mais générerait énormément d'externalités négatives à cout terme, simple constat.

La commission Théodule chargée de la chose est-elle à même d'arriver à ses fins ?

On a dû nommer quelqu'un de très intelligent pour prendre en main le projet et lister les lois inutiles. Mais les lois inutiles au sens strictes sont déjà ignorées par tous, elles n'apporteront rien. Pour celle qui sont contreproductives ou moyennement utiles, il y aura à chaque occasion de choix une armée de raisons de maintenir le status quo et donc l'innefficience du système.

Il serait miraculeux de voir autant de politiques se voir faire preuve de courage en allant à l'encontre de l'intérêt de tant de corporations.


jeudi 7 mars 2013

Nous ne sommes pas en démocratie : le "détail" de la sécurité sociale

Vous l'avez peut-être remarqué, j'ai eu une révélation : les titres racoleurs ramènent plus de lecteurs. Il parait même qui si je le fais assez longtemps j'aurais un poste de journaliste.

Il y a quelques un patron américain écrivait des mots, assez réalistes à mon goût, expliquant que les syndicats (du crime ?) français tenaient plus de parasites gastriques que de réels représentants de qui que ce soit.

La France tient le record du plus faible taux de syndiqués des pays de l'OCDE avec 7 à 8% des travailleurs en moyenne. Les syndicats ouvriers français sont, la plus part du temps, des caricatures d'extrême gauche dont le pathétisme peine à être contrebalancé par le corporatisme abruti du MEDEF. Si ce point est relativement connu, je pense qu'il est amusant de le mettre en parallèle avec un autre.

La sécurité sociale est principalement gérée par les syndicats (si vous disposez de sources un peu plus construites je prend), son budget représentait en 2011 1/4 du PIB de la France. Au delà du coût complètement astronomique de ce système, si l'on peut critiquer l'aspect démocratique des organes législatifs et éxecutifs français, la direction de la Foire à Tout de l'Etat Providence mérite quand même une palme.

La France c'est 43 millions d'électeurs, une population de 27,4 millions d'actifs, et donc environ 2 millions de syndiqués (entre 7 et 8 %). Ceci nous fait 4,6 % des électeurs qui régissent la gestion de 25% des ressources du pays, et, au passage une grande partie de sa dette. Je vous laisse méditer sur le sujet.


samedi 2 février 2013

Vendre la liberté

Comme beaucoup de libéraux je suis libéral avant tout parce que j'y "crois" (je serais même tenté de dire sur certains points parce que je "sais"), mais au-delà des raisons qui me motivent je suis conscient qu'avancé vers un monde libéral et respectueux des libertés ne se fait pas en marmonnant dans son coin. Un des moyens les plus sûr de faire changer la société est de convaincre ses membres qu'elle doit changer. Je suis donc seul, assis dans ma cuisine et je me demande en pianotant sur ce clavier : qu'est-ce qui pourrait nous permettre de vendre le libéralisme ?

Parmi les choses qui font indéniablement vendre on peut noter l'évident usage de l'érotisme, qu'il s'agisse d'homme ou de femme, nous pouvons être tentés de produire des contenus rendant le libéralisme sexy. Fournissons une équipe de 12 libertarian hotties à H16 et commandons lui un calendrier moitié nu / moitié masque à gaz approuvé par notre blogueur préféré avec son petit mot associé à chaque mois. Une sorte de remake de l'hexagone de Renaud.


D'autres défendent en revanche que c'est la répétition qui fait l'impact de la publicité et des opérations de communication, en ce sens on ne peut pas nier le mérite de l'équipe de Contrepoints qui peu à peu devient un média de poids. Dans le microcosme de mon Facebook, il y a cinq ans j'étais la seul ingénue à diffuser des news et des articles un peu à contrepied de l'amour de l'Etat-providence, j'ai arrêté mais c'est maintenant régulièrement que d'autres personnes ont pris le relais. Mon réseau a évolué ? Pas si sûr, Nicolas Sarkozy et son digne successeur François Hollande en dégoutent plus d'un. Les chiffres en matière de visite de Contrepoints sont là pour confirmer c'est un mouvement qui se fait comme une lâme de fond. La force de Contrepoints c'est peut-être aussi d'avoir réussi à casser un petit peu les frontières du monde des libéraux pour aller se faire lire par le français moyen.

L'espoir est aussi une valeur qui fait vendre, c'est l'approche Alain Madelin, c'est l'approche de beaucoup d'autres. J'ai mes petites conviction d'économie, je sais aussi que la croissance ne se décrète pas et très honnêtement quand j'entends un discours qui vient m'expliquer comment résorber complètement le chômage, je n'écoute déjà plus que d'une oreille car je sais que le chômage disparaitra avant le retour du messie. Etre libertarien est une position de principe généralement, on voit un grand nombre de bonne raison de demander plus de liberté à l'échelle sociétale, parler d'un nouveau nirvana est pour moi cependant purement communicationnel. Je pense que l'on doit à tous prix se préserver de jouer nous aussi au jeu des promesses intenables.

Parmi les grandes questions qui agitent généralement les discussions dans ceux qui prennent leur courage à deux mains et font de la politique il y a généralement le point des alliances ? Plus largement, j'aurais tendance à dire, doit-on jouer le jeu de la parodie démocratique docile ? Le PLD fait ami-ami avec le MODEM, le parti français le plus proche de la pensée libéral, c'est vrai. Le Portugal est peut-être le pays européen le plus proche de l'Argentine, il en reste assez éloigné. Quand à discuter des libéraux de l'UMP, l'expression par elle-même me fait sourire. Aller défendre les libertés avec les carriéristes de l'interventionnisme qui signent des alliances avec le parti communiste chinois c'est assez cocasse et très certainement contreproductif. Ca permet d'être élu, oui, mais à quel prix ? Est-ce que cela vaut quelque chose d'être élu pour avoir les mains liés ? De surcroit, on ressort avec une robe bien moins blanche quand on est allé se trainer dans la merde. Ce point des alliances politico politiciennes fait débat, je pense que le compromis est nécessaire, y mettre des limites également. L'absence de principe conduit à un estompement des limites des idées et floute les électeurs.

J'en vois beaucoup qui pratiquent le jeu étrange de la critique à tout va qu'elle soit fondée ou non. A défaut d'avoir un avis sur le jeu de alliance, le jeu du vomis systématique me semble franchement malsain. J'ai vu passer récemment sur les twitter de quelques libéraux une vidéo atterrante pointant du toi le tracking des utilisateurs par les régies publicitaires de Rue89. J'ai du mal à voir jusqu'où il faut s'abaisser pour reprendre l'argumentaire de base anti-marketing, anti-pub, anti-argent pour aller démonter un site qui ne partage pas nos idées. Qu'a-t-on comme valeur à proposer si au final on se retrouve à se prostituer à la moindre occasion au prétexte de simplement marquer des points ?

L'attente est aussi un point dont je discute souvent. L'optimisme de principe est contreproductif et dire que le pellos moyen a le cerveau complètement disfonctionnel est à la limite de l'euphémisme. Dès que quelqu'un a quelque chose à vous proposer en politique il veut interdire quelque chose ou mettre une taxe. Ca en presque trivial à dénigrer. Jean-Luc Mélenchon fait des meetings avec des slogans aussi cons qu'"à bas l'austérité", les uns et les autres "votent la croissance". Côté invocation chacun y met du sien. La seule chose qui nous sépare du fond du gouffre c'est quelques années. Le temps passant, j'ai la bizarre impression que pour que le monde change il faut que les gens aient faim. Le printemps arabe a été simplement la conséquence de la hausse des matières premières, elle même conséquence de la hype "biocarburant", elle-même conséquence des taxes sur le carburant. Rien n'est venu pas d'un besoin de liberté soudain, c'est jusque que tant qu'à aller renverser un régime pour gratter un peu à bouffer, on passe à l'étape suivante facilement.

Jules César disait dans la guerre des Gaules que l'on apprend que de ses défaites, tant qu'on se loge et que l'on mange on gagne peut-être encore trop pour que le besoin de raisonner dans la réalité se fasse sentir. En se sens François Hollande est un président intéressant pour la France, c'est un peu l'euthanasie appliquée à l'échelle d'un pays.

Bref, je n'ai pas de réponse magique à vous vendre, mais je pense que la question du comment convaincre, comment changer est peut-être aussi importante que les réflexions de fond que l'on s'offre généralement.


jeudi 10 janvier 2013

Et si on reparlait de l'Etat-providence français

L'objet de cet article est de mettre les pratiques françaises en matière d'Etat-providence à l'aune de la réalité.

L'Etat-providence a pour idée générale de venir servir les individus en leur garantissant un certain nombre de droits positifs, c'est-à-dire de droits créés par l'homme plus qu'issus d'une notion de droit découlant des règles de la nature. Généralement ces droits ne sont pas des libertés affirmées, mais des "droits à quelque chose", comme le droit au logement. Nous considérerons le "droit à une santé gratuite" et le "droit à un revenu minimum".

Commençons par le "droit à une santé gratuite". La raison qui fait que personne ne quitte la France. La chose qui fait que dès que tu croises quelqu'un qui vit à l'étranger et qu'il te dit qu'il y est bien, tu te dois un : "oui, ok, mais la santé là-bas". L'argument suprême face à n'importe quelle contradiction sur le taux de prélèvements obligatoires du pays : "oui, mais bon, tu vois aux Etats-Unis ils ont moins d'impôt, mais si tu n'as pas d'argent tu crève dans la rue".

Notre sécurité sociale, fait des envieux dans le monde entier. Qui ne rêve pas aujourd'hui d'une santé à deux vitesses entre privé et public ? Qui ne rêve pas, de ces quelques centaines d'euros qui partent chaque mois à différentes lignes de sa fiche de paye ? Le financement de la santé "gratuite" de la France est structurée autour d'un bordel monstrueux. D'une part des acteurs publique, comme la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), le RSI ou encore la CMU pour les plus démunis. D'autre part une myriade d'acteurs privés, des mutuelles principalement, qui viennent combler les trous de la coque de ce fier navire qu'est la sécurité sociale. Quand on y réfléchit bien, l'existence même de mutuelles privées est le symptôme le plus criant de l'échec de cette santé gratuite, universelle et de qualité. Si tu as besoin d'une mutuelle pour te payer tes soins, on est bien d'accord que la sécurité sociale ne couvre pas tes besoins à elle seule ?

Dans la même veine, on a souvent en tête que la sécurité sociale est un acquis en France. C'est faux. L'individu peut se retrouver hors de cases de l'administration s'il n'y prend pas garde, même s'il y a effectivement des entités pour couvrir ceux qui n'ont droit à rien (CMU), il n'y a aucun automatisme. Le joli système qui prend soin de ta vie sous réserve que tu paye ton CERFA. Notons également au passage que les gentils formulaires à remplir contiennent des cases te demandant des choses, par exemple : si tu acceptes de respecter toutes les normes nationales qui font de l'aide publique quelque chose d'acceptables. Donc, en fait, sous réserve de ta promesse de chercher à travailler à tous prix, tu as ta "sécurité de la santé".

Benjamin Franklin te l'a dit pour tant : "Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux.". Tout est plus ou moins fait pour que tu ne rentres pas dans les dites cases, et j'aurais peine à voir la froideur de l'administration devant la brebis galeuse marchant en dehors des cases ? "Désolé Monsieur, la France est un très joli pays, mais votre survis nous coûte trop cher".

Autre élément qui fut un des cinq piliers de l'Etat-providence français le chômage... Quand je pose la question : "Pourquoi rendre obligatoire la cotisation à une assurance chômage ?". On me répond qu'il s'agit d'une responsabilité qu'on ne peut laisser aux individus. L'Etat s'occupe pour eux de "penser à épargner" et leur fournit une continuité dans leur revenu en cas d'interruption d'activité. Cet angle de vue exclu certains éléments : en plus de n'offrir le choix à personne ce n'est pas un système d'assurance standard. Vous avez oublié de lire la petite étoile en bas à droite de votre contrat social. La petite étoile dit que ce système, en plus de vous ôtez la liberté de disposer de votre argent comme vous l'entendez, vous retire d'autres libertés.

Le chômage ne t'est pas accessible si jamais tu quittes ton emploi de ton propre chef. Le monopole de la rupture acceptable de votre contrat de travail est laissé entre les mains de ton employeur.

Le chômage t'est également retiré si jamais vous décider d'aller chercher fortune à l'étranger (sauf arrangement locaux).

Le chômage t'est également retiré pour vérification de leur part ou oublie de tes obligations administratives.

Ainsi deux questions importantes :
  • Autour de la santé : est-il raisonnable que l'Etat se donne à charge tant de missions alors qu'il a déjà bien du mal à assumer ce qui fait partie du régalien (sécurité, justice) ?
  • Autour du chômage : est-il raisonnable que l'Etat prenne pour devoir de mettre en place un système vicieux et inutile quand les assurances traditionnelles privées en sont au moins autant capables ?
Illustration piquée chez Jean-Felix Brouet


lundi 3 décembre 2012

ITU et le CMTI-12 : des nouveaux sigles pour s'occuper de la censure d'Internet

Il est difficile de passer quelques mois à peu près informé sans voir un nouveau sigle imprononçable venir agir de manière innommable contre Internet. A celui-ci, une réponse avisée s'avère souvent être GTFO ("Get The Fuck Out" : "casse-toi !").

Mise en bouche

Posons les choses simplement. Aujourd'hui, Internet est une source d'information, d'enseignement, d'innovation, de création de richesse, de changement sociétal et pas simplement de divertissement. Tout aussi simplement, la liberté d'expression dérange, on peut penser au subversif WikiLeaks mais plus proche de nous en France, on peut penser à l'affaire Jean Sarkozy où le buzz a finalement permis d'empêcher l'accession du fils du président à la tête d'une entité publique. Il est facile de censurer la presse en France tant tout dépend du politique et les groupes de presse majeurs sont peu nombreux, c'est plus dur avec Internet ; car Internet c'est vous, c'est moi, c'est nous pour le meilleur et pour le pire.

Bien sûr, officiellement, seuls quelques pays affichent une position ouverte de censure, les pays occidentaux remercient les terroristes et les pédophiles. L'Australie est un bon exemple sur le sujet, de nombreuses mesures mises en place contre les pédophiles se retrouvent finalement utilisées à d'autres fins. Deux tiers des sites censurés sont sans lien avec la pédophilie. Plus récemment les USA ont bafoué leurs lois pour mettre Megaupload à terre, quelques mois plus tard une étude explique que : "non, les revenus du cinéma ne s'en portent pas mieux". Chez nous français, Sarkozy a déjà déclaré qu'il voulait voir internet sous le contrôle de l'état (citation exacte appréciée), en 8 ans l'accès internet a augmenté de plus de 10 €, Hollande ne fait pas mieux, ses propos sur la fin d'HADOPI sont restés de veines paroles.

ITU CMTI-12 ! WTF ? GTFO ?

Passons donc à notre sigle du jour, ITU. L'ITU (International Telecommunication Union) est une organisation dépendant de l'ONU qui historiquement s'occupait des télégraphes, avec le temps, elle est passée au domaine des télécommunications. Ceci lui a évité à la fois l'obsolescence et le changement de sigle. Cette organisation se préoccupait jusqu'à aujourd'hui de thématiques assez ennuyeuses : des normes, mais aussi, plus sexy, de favoriser l'accès à Internet dans le monde.

2012, cette organisation se réunit à Dubaï pour une conférence CMTI-12 (12 étant le millésime). Quand on m'a dit qu'il y avait un problème je suis aller m'informer sur le site de l'ITU où, globalement, tout est mignon tout plein, je ne sais pas qui écrit les textes, mais c'est clair qu'à première lecture ils ont l'air SYM-PA.

Donc me voilà parti à creuser un peu, l'information m'étant parvenue par le biais de Contrepoints je finis par suivre un des liens qui m'a été envoyé pour finalement regarder la vidéo présente vers le bas du site de l'Internet Coup (sous-titrage en français disponible). L'ITU va tenter de faire valider à la CMTI-12 une extension de son domaine de compétences pour imposer des obligations entre les Etats membres sur le fonctionnement d'Internet et sa réglementation.

Internet n'a pas besoin d'une autorité centrale, il a été conçu pour celà.

Internet n'est à la base qu'un protocole qui a abouti à la mise en place de réseau de réseaux sans avoir besoin d'un chef d'orchestre au milieu. C'est un réseau décentralisé (autre article intéressant si le terme ne vous parle pas), il n'a donc pas besoin d'autorité centrale. S'il n'y a pas d'autorité centrale, il devient donc très difficile d'imposer des choses sur Internet : de la censure, des taxes ou encore de l'espionnage de vos communications.

L'ONU à la suite de la SDN a été créé pour être un lieu de discussion entre nations. Aujourd'hui pour réguler la finance, pour réguler Internet, des gens en font un super Etat mondial. Nous, individus, ne saurons que souffrir d'une gouvernance mondiale à laquelle aucun territoire ne nous permettra d'échapper. La gouvernance mondiale est une chose mauvaise.

Mettre une autorité centrale qui peut réglementer Internet c'est ouvrir des portes sur :
  • La fin de l'anonymat (déjà proposée en France par Nadine Morano et, avant elle, Jean-Louis Masson)
  • La non neutralité des réseaux (déjà mise en place par certains FAI en France et fortement appuyée par France Telecom Orange, elle pourrait devenir la norme)
  • La taxation des e-mails (déjà proposée à l'échelle européenne par Alain Lamassoure)
  • La censure (déjà pratiquée par la plupart des pays, y compris les pays occidentaux, le contrôle de la pensée n'est pas l'apanage des dictatures d'Amérique du Sud, d'Asie ou des théocraties musulmanes)
  • L'espionnage de vos communications (la présence de proxy à l'étranger permet déjà à beaucoup de jouer sur la non-coopération entre Etats pour naviguer de manière un peu plus tranquille).

Un peu de contenu concret

Je n'aime pas demander aux gens de me croire sur parole, c'est pourquoi au début j'avais du mal à m'imaginer en train d'écrire un article sur du vent ou sur la simple confiance dans les nombreuses associations de défense du net.

Vous pouvez trouver le projet de réglement de l'ITU qui sera discuté à la CMTI-12 sur cette page (ainsi que quelques unes des réponses qui y ont été formulées).

88 pages, sans lien qui fonctionnent à l'intérieur, c'est long, c'est chiant.

Page 22, évolution 29, en particulier CWG/4/116 : on ne parle plus d'administrations, mais d'exploitants, ceci pour introduire comme principe de base la "facturation au départ". Par exemple, on demandera à YouTube de payer les différents fournisseurs d'accès pour que vous ayez accès à une vidéo qui ne rame pas. C'est la fin de la neutralité du net, et, bien que Google, très noblement, s'oppose à celà, c'est la meilleure garantie pour voir la fin de l'émergence de nouveaux acteurs sur Internet, et, potentiellement, la fin de la gratuité. On note également l'introduction d'une dimension politique dans ce qui est attendu des Etats membres. Bien qu'étant libéral, je vous fais remarquer que l'idée que c'est aux administrations de fournir des infrastructures est totalement effacée. Ceci me semble aussi prématuré que de privatiser les routes dans des pays où il n'y a qu'une seule assurance santé centralisée.

Page 23, évolution 30 : les Etats demandent une tracabilité de l'acheminement des données sous un prétexte de sécurité et de lutte contre la fraude.

page 24, évolution 30 : la neutralité est affirmée du point de vue des usagers. En gros, on ne traitera pas Paul de manière différente à Jacques. Mais ceci ne changera rien, on traitera les usagers différemment de fait car ils iront sur des sites différents à qui on demandera de payer pour l'acheminement de leurs données.

page 24 à 28, évolution 31* : les états ont les contrôles des moyens de communications utilisés sur leur territoire. Selon moi, cet article pourrait conduire à exiger que les état collaborent entre eux pour s'assurer un "droit de censure" sur leur territoire.

page 32, évolution 35, CWG/4/73 : la porte ouverte est laissée pour interdire l'accès à des personnes au réseau sous prétexte de "risque pour le matériel ou les personnes". Dans le cas de WikiLeaks, on pourrait arguer que leur révélations présentent des risques et donc simplement les débrancher du réseaux.

Vous seriez étonnés du nombre de pages (32 à 39 environ) de blabla écrites pour être de simples déclaration de bonnes intentions.

Page 39 à 42, évolution 41D : dispositions relatives à la cybercriminalité, la cybercriminalité ayant un sens très large, on peut craindre des usages inappropriés.

Page 43 à 56, article 6 : les dispositions de taxations internationales sont fixées par le réglement, peu d'impact sur la liberté d'expression, mais, est-ce nécessaire d'avoir une seule règle dans le monde entier ?

Page 56, article 7 (inchangé mais intéressant) : droit est reconnu "de facto" aux Etats de suspendre leurs télécommunications. Jugez celà comme bon vous semble à la lumière de ce qui se passe en Chine, Iran, Syrie et Egypte.

page 62, évolution 63 : les Etats membres n'ont plus de droit de réserve possible.

Votre mission pour aujourd'hui et pour demain

Pour aujourd'hui, ce sont les Etat qui votent. Parlez (ou écrivez) à votre ministre, à votre député, à votre président. Par principe, c'est important que nous nous opposions à ce surplus de réglementation qui nous étouffe tous les jours. Sur ce cas particulier, ce texte vient directement instaurer la non neutralité des réseaux, c'est mauvais.

Pour demain, l'IDL Internet Defense League vous informe à travers ses Cat Signal, c'est l'équivalent de cette chauve souris projetée dans le ciel pour appeler Batman, à part que cette fois le super héros c'est vous ! Ces petits sigles assassins n'en sont pas à leur première tentative ni à leur dernière.

Illustration 1 trouvée ici
Illustration 2 prise sur le site de l'IDL
Toutes reproductions et traductions sont autorisées en CC BY-SA 3.0


mercredi 28 novembre 2012

Der Untergang

On dit que l'histoire est écrite par les vainqueurs, c'est assez vrai lorsque l'on regarde les films qui parlent de la seconde guerre mondiale. Je n'ai pas souvenir d'en avoir vu beaucoup comptant ces années depuis le point de vu des allemands. Attention légers spoilers.

Der Untergang, La Chute en français, raconte les derniers jours de la vie d'Adolph Hitler. Cerné par les forces soviétiques au sein de son dernier bastion berlinois sous le regard le regard de sa secrétaire, Traudl Junge, il est devenu le pantin d'une guerre qu'il a perdu. Cette histoire est celle de la prise de conscience du Reich que la défaite et présente et que le national socialisme devra encore attendre quelques années.

Hitler n'est pas forcément présenté sous le masque d'un monstre sanguinaire qu'on aime généralement lui attribuer. Il a des idées qui ne sont peut-être (voir certainement) pas celles du spectateur mais il a aussi des émotions. On le voit sous l'angle du leader qui ne veut pas accepter la défaite, il navigue entre résignation et délire. A dire vrai le seul personnage vraiment odieux et détestable en tout point est celui de Goebbels, le ministre de la propagande.

Face à la défaite on observe aussi le comportement des généraux du Reich divisés en deux attitudes, de ceux qui veulent éviter les morts inutiles et de ceux, jusqu’au-boutistes qui ne veulent pas renoncer à leur honneur ni s'offrir un deuxième traité de Versailles et préfèrent le suicide de la nation à sa reddition. L'archétype de cette orgueil mal placé est peut-être le couple Goebbels qui préfère empoisonner ses enfants qui "sont trop bons pour un monde sans national socialisme". In fine, j'y ai vu une intéressante opposition entre un pragmatisme pensant au futur et un patriotisme forcené qui voit dans la mort une ultime gloire.

L'horreur de la guerre est dépeinte dans tout ce qu'on lui a donné pour s'exprimer en cette année 1944 à Berlin : des enfants soldats, aux épurations de dernière minute en passant par les mutilés de guerre. Je pense qu'elle est à mettre en parallèle avec l'humiliation (du moins selon les manuels d'histoire) qu'a ressentie le peuple allemand à la suite de sa défaite lors de la première guerre mondiale. La volonté de ne pas revivre cette humiliation est souvent présentée comme la première des raison de ne pas accepter la rédition et donc les horreurs de cette politique de la terre brulée.

A voir autant pour la qualité de la réalisation que pour sa valeur historique.


mercredi 7 novembre 2012

Skyfall

Soyons prévenu immédiatement vous avant la lecture, moi avant l'écriture, cet article risque de spoiler un poil. Skyfall est à mon sens un des pires 007 qui ait été réalisé, même devant Aux Services Secret De Sa Majesté qui n'était pas vraiment un des chef d'oeuvres du septième art. Je vais donc me passer les nerfs en mentionnant les quelques points qui sont vraiment pires que d'habitude, j'épargnerais les incohérences que l'on trouve traditionnellement dans un Bond, qu'il s'agisse de ses attentes longuettes d'un sociopathe pour mettre fin à la vie de James ou encore des sessions piratages de moins de 10 secondes à travers 1000 ordinateurs proxy dans le monde pour contrer à un algorithme de cryptage asymétrique ou encore le crackage d'un cryptage oméga ayant pour mot de passe le nom d'une station de métro.

La seule chose qui tienne la route ce sont les effets spéciaux, même la réalisation est douteuse par moment. Mais nous allons commencer par mettre le scénario au feu dans la mesure où c'est là que prenne naissance la moitié des défauts du film.

La propagande

Premier point, sans lequel je n'aurais peut-être pas écrit cet article. Ce film est un film de propagande, le scénario est le meilleur geste de l'Angleterre pour montrer son application dans l'organisation la mise à mort Wikileaks. Si vous avez un doute quand à la véracité de mon affirmation regardez ce petit comparitif entre le méchant Silva (interprété par Javier Bardem) et Julian Assange : philtrum prononcé, cheveux blonds platines, front large, lèvres relativement charnues.

Par ailleurs, le "business" du méchant est un élément complètement connexe à l'intrigue pourrie détaillée dans le point suivant, il se trouve qu'on a choisit que celui-ci soit un terroriste freelance. Sa dernière lubie ? Balancer une liste des agents des pays de l'OTAN actuellement sous couverture, c'est pas pour un client, c'est juste pour le fun et la balancer sur Internet en emmerdant M. Ce point n'a aucun intérêt dans le scénario, il permet simplement d'imbriquer ce chainage visuel : mec au cheveux décoloré qui fait de l'informatique et diffuse des infos au grand public = terroriste meurtrier.

Le point culminant de ce discours est peut-être une diatribe de M sur fond visuel d'un méchant qui tue tout le monde, M développe un argumentaire implacable expliquant que si les gens ont peur, il faut laisser les services secrets être secrets.

Ce film est un bon bourrage de crâne avec du placement de produit Sony, la marque cherche-t-elle a compenser son incompétence dans la sécurisation de ses plateformes ?

Pour répondre à la mise en ambiance, il n'y a à ma connaissance aucune vie humaine qui a été coutée par les révélation de Wikileaks dans la mesure où celles-ci ont toujours lieux après une phase de discussion avec les gouvernements.

Les frustrations d'un vieux scénariste

Toutes les motivations de second ordre des personnages semblent justifiées par leur âge, ils semblent tous avoir des choses à prouver. "La jeunesse n'est pas gage d'innovation" et les diatribes des uns et des autres tendant à montrer un Bond triomphant comme le garant des vieilles valeurs traditionalistes :
  • Un petit jeune remplacant Q fait une remarque plutôt profonde sur l'analyse d'un tableau, Bond répond un truc plat, amusant sur le coup, et qui au fond rentre bien dans le personnage du gros con qui méprise toute culture sous prétexte qu'elle n'est pas la sienne
  • Fusil de chasse contre fusil d'assaut
  • Vieille Aston Martin
  • Vieille rancoeur et préjugés contre la jeunesse qui a l'audace de faire des choses, un peu de courage chez les scénaristes (qui sont trois quand même) et on aurait pu voir un peu James finissant par se taper M par simple militantisme et patriotisme.
L'enjeu

Dans Casino Royale : le "méchant" blanchit de l'argent d'activités illégales, dans "Quantum of Solace" : le méchant veut contrôler l'eau dans le monde. Dans "Skyfall" : le méchant veut tuer M pour un grief personnel, du genre "tu m'as trahis".

Si dans Moonraker l'extermination de la vie humaine sur terre était peut-être un poil too much côté enjeu, je pense que l'assassinat d'un fonctionnaire pour une erreur dans le traitement d'un dossier est un poil légère.

Le déroulement du scénario

Le méchant veut tuer M, mais pas de bol pour lui, le scénariste a décidé que non. Alors bien qu'ayant accès aux locaux du MI6 et à l'emploi du temps de M, il fait volontairement exploser son bureau sous ses yeux, juste pour lui foutre les boules, parce qu'il est vraiment méchant le méchant, c'est un petit sadique.

Comment retrouver le méchant à partir d'un simple tueur à gage ? Il suffit de retrouver le dit tueur (appeler la CIA en cas de problème) et comme il ne change pas d'employeur, il n'y a qu'à remonter la piste. Le méchant devait donc se faire capturer.

Bien qu'étant un sociopathe fou de rage en plein fusillade, notre ami aux attentions meurtrière arrive devant M, l'ajuste les yeux injectés de sang et tire une seule balle, coup de bol il touche un figurant héroïque. C'est le seul moment où il ne tire qu'une balle, mais là c'était important.

Le méchant sait où Bond se cache, il arrive donc trois semaines après et envoie d'abord une équipe surarmée en reconnaissance avant d'arriver pour pouvoir voir le cadavre de ses hommes.

Le manichéisme

Ce film est reposant de simplicité, les méchants contre les gentils, pas une petite once de trahison, l'informatique et les méchants pirates font tout ce qu'aurait fait les traitres d'un James Bond 10 ans plus tôt. Les gentils sont là pour sauver leur patrie, le film se termine par un plan de James Bond avec un drapeau anglais. Il est là pour sa patrie, rien ne l'arrêtera.

Le saut à moto

Dès les premières minutes du film Bond est pris dans une poursuite et son ennemi saute d'un pont pour atteindre un train, dépité James fonce dans une rambarde relativement massive : problème la rambarde gagne et James s'offre d'un vol plané avec sa moto. Humour ou mauvais goût ?

Les chutes dans l'eau

Lorsqu'un corps humain tombe dans l'eau, il coule à pic. Archimède peut aller se rhabiller, mais dans les combats sous marin de Skyfall les corps coulent.

La dernière mission de Patrice

En écrivant cet article je repensais au dernier assassinat du tueur à gage sous le regard condescendant de Bond. L'homme payé 4 millions d'euros tue deux gardes de sécurité d'un gratte ciel, monte, découpe la vitre, sort un fusil qui a l'air de couter très cher, ajuste. La cible arrive, elle s’assoit dans un salon, on lui présente un tableau qui n'est pas sans rappeler Le Cri de Munch (qui doit coûter environ 20 fois les services du tueur), le tueur aligne sa cible avec, dans le prolongement de celle-ci, le tableau, il abat la cible d'une balle. A ce moment, les autres personnes dans la pièce ne cillent pas et se contentent d'emballer le cadavre. On les comprend complices

Qui peut penser à un coup monté aussi improbable ? On engagerait un tueur à gage à plusieurs millions simplement pour donner le change tout en risquant une toile de maitre ?

Tireur de train d'élite

Le méchant a tout prévu c'est donc au bout d'une poursuite de 10 minutes dans les égouts et le métro qu'il est rattrapé par Bond et fait exploser un mur qui fait jaillir un train pile sur notre ami James. Je vous le dis, je vous le répète, ne fréquentez pas de personne calculatrice, c'est trop dangereux pour vous !
Grenades nocturnes

Dans une des dernières scènes un hélicoptère se pose sur fond d'un soleil d'après midi, trois grenades plus tard, il fait nuit noire. C'est que c'est traitre un ciel d'Ecosse.

Petite ballade nocturne

M s'enfuit à travers la lande écossaise en pleine nuit, alors que, 300 mètres derrière elle les méchants s'affairent à détruire une maison. Question : que fait-elle ? Réponse : elle utilise une lampe torche. L'équivalent de la balise GPS du début du XXème siècle. Conséquence : on la voit cette vieille buse !


Attendez qu'un de vos amis soit assez fou pour acheter le DVD ou procédez par d'autres moyens mais je vous déconseille d'aller voir ça au cinéma même si ça occupe quelques heures.



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