dimanche 14 août 2016

La tolérance ne marche pas que pour les traits innés

Les débats sur l'homosexualité, les différentes races ou les différentes cultures me laissent souvent sceptique lorsque je constate que l'argument favoris des progressistes et d'expliquer qu'il n'y a pas de choix.

On ne choisit pas d'être homosexuel.

On ne choisit pas d'être arabe.

On ne choisit pas d'être musulman.

Si ces arguments reposent sur des faits généralement acceptés, avec peut-être une exception pour le dernier. Ils me gênent dans le sens où ils acceptent dès le départ qu'il s'agit fondamentalement d'un problème.

Ceci permet de mélanger dans une même personne une haute estime de sa capacité de tolérance et sont irrespect le plus profond de tout mode de vie différent du sien, voir travail du dimanche, légalisation du cannabis, acceptation d'Airbnb ou d'Uber.


vendredi 24 juin 2016

Brexit, voyons le négatif mais aussi le positif

Un billet très court sur le vote britannique demandant une sortie de l'union européenne.

Il semble courant pour les partisans du "remain" d'insulter Cameron pour avoir eu le bon goût de laisser place à un peu de démocratie sur un sujet tumultueux, et d'insulter les partisans de l'"exit" comme si la pression vindicative et le mépris de leur opinion allait leur donner de bonnes raisons de changer d'avis.

Ne serait-ce que pour les libertés d'échanges et de circulation nous pouvons regretter ce choix légitimement, rabaissant des millions de citoyens européens à cet usage méprisable du passeport et rappelant à l'existence des frontières dont l'absence était un progrès sociétal. Il est vrai également que le meilleur argument de l'Union Européenne, c'était de calmer cette soif de sang qui a longtemps secouée le continent européen.

Je pense qu'il est important de le regretter et de ne pas le mépriser. Il est aussi probablement valorisant de se poser des questions sur le positifs, à l'heure où l'Union Européenne est critiquée pour sa volonté à intervenir sur des politiques auparavant nationales, sa bureaucratie et son manque de transparence. Un précédent sur un état quittant l'Union est une invitation à repenser ou simplement penser sa légitimité et ses limites. Je ne suis pas sûr que la résultante de ce vote soit nécessairement mauvaise sur le long terme.


lundi 15 février 2016

Nymphomaniac de Lars von Trier

J'ai trouvé un peu d'inspiration, autant écrire, n'est-ce pas ?

Très légers spoils, lecteur tu es prévenu.


J'ai eu le "plaisir" de regarder Nymphomaniac de Lars von Trier. Il serait un peu hypocrite de considérer qu'il y a deux films, il n'y a qu'une seule histoire, aucune transition entre les deux aucun changement de ton. Non,  vraiment, vous regardez un film de 5h30. Quand au mot "plaisir" accompagné de ses guillemets, c'est que Nymphomaniac m'a un peu fait l'impression d'un Requiem for a Dream, c'est beau, ça pose des questions, mais c'est glauque.

Le mot nymphomane n'est pas neutre, notre cerveau le relis a la lubricité, certains fantasmes, d'autres, plus prudes sont dégoutés, mais dans le fond les deux oublient trop facilement que c'est une dépendance avec sa dimension destructrice. Comme toute addiction, il y a les voies hautes, joyeuses, vivantes et euphoriques, il y a aussi les pentes menant vers la destruction, la haine, le moche. Tout le film s'articule autour de cette dualité, et la beauté vient du contraste. Après s'être fait tabasser dans la rue, Joe échoue chez Seligman qui la porte chez lui et écoute son histoire. Une histoire qui commence dans sa petite enfance, et l'amène, au fil d'une nuit, jusqu'au présent, jusqu'à ce qu'elle est.
Seligman est un cinquantenaire asexuel, amoureux de littérature, de pêche et de discussion.

Le film s'articule sur Le contraste. Entre Seligman le stoïque, et Joe l'hédoniste.


Seligman: Well, I divide humanity into two groups: the people who cut the nails on the left hand first, and the people who cut the nails of the right hand first.

My theory is that the people who cut the nails of the left hand first, they're more light-hearted. They have a tendency to enjoy life more, because they go straight for the easiest task, and save the difficulties for later.

So what do you do?

Joe: Always the left hand first. I don't think there's a choice. Go for the pleasure first, always.

And then when you've done the left hand, only the right hand remains. That's the easiest one left.

Seligman: I never thought of it like that.

Traduction libre.

Seligman: Je divise l'humanité en deux groupes, le gens qui se coupent d'abord les ongles de la main gauche et ceux qui commencent par ceux de la main droite.

Ma théorie est que ceux qui commencent par la main gauche ont le coeur plus léger. Ils ont une tendance à apprécier plus la vie, ils vont vers la tâche la plus facile et gardent les difficultés pour plus tard.

Toi, par quoi commences-tu ?

Joe: Toujours la main gauche en premier. Je ne pense pas qu'il y ait un choix. Va chercher le plaisir en premier, toujours !

Et après, quand tu as finis la main gauche, il ne reste que la droite. C'est la plus simple qu'il reste.

Seligman: Je n'ai jamais vu les choses sous cet angle.


Mais toute l'histoire s'articule autour de ces contrastes et donne parfois une dimension innatendue à des détails. Joe parlant d'attirer les hommes, Seligman fait un parallèle sur la pèche en rivière. Joe s'adonne au sadomasochisme tout en faisant exploser sa famille.

Mais comme un rythme, il y a cette trame de fond, plaisir et destruction. En tant que spectateur j'ai été régulièrement baladé entre un sentiment d'excitation, ou de joie ramené très rapidement à un dégoût, un doute, un constat de destruction. C'est un voyage constant de l'un à l'autre.

Une réflexion profonde sur l'hédonisme, mais également sur l'identité, la narratrice principale s'identifiant souvent à son addiction, y voyant une revendication identitaire dans ses pratiques et son anticonformisme. Son autodestruction lui permettant aussi de comprendre, ou de porter un autre regard, comme lorsqu'elle croise un pédophile refoulé, criminel en puissance, un homme qui se hait peut-être autant qu'elle se hait.

Côté realisation, tous ces plis et ces fluides corporels rappelleraient presque le sénat les jours de frites à la cantine: ça faisait longtemps que je n'avais pas vu autant de pénis sur un écran. Mais ce n'est pas un porno, ça semble vrai, ça semble naturel. Le jeu d'acteur est irréprochable et la photographie nous immerge.

On en ressort un peu choqué, en bonne disposition pour une introspection.


vendredi 4 septembre 2015

Déflation, création monétaire et autres sujets hasardeux

La baguette du boulanger, en bas de chez vous, doit coûter aux alentours de 0,85€, un peu plus un peu moins selon où vous êtes. La quasi norme culturelle est des voir les prix augmenter, de façon généralisée, un peu partout, un peu tout le temps... Personne ne sera choqué si j'annonce qu'a priori le pain, l'essence, les loyers, les impôts et pas mal d'autres choses, seront un peu plus chers l'an prochain. Cette hausse généralisée des prix (et en théorie des salaires) s'appelle l'inflation.

Le phénomène économique inverse existe, c'est la déflation.

La déflation est souvent "mal vue" par les économistes keynésiens car elle a tendance à se renforcer par un cercle d'action et de réaction. Si les prix baissent, les consommateurs sont incités à différer au plus leurs achats, ainsi le volume d'affaires est moindre, certains y voient une nouvelle incitation à baisser les prix (ce qui reste à voir) ou encore tout simplement un facteur de ralentissement économique.

Toujours sous cet angle on peut voir quelques avantages à l'inflation, en effet, lorsque tout augmente et que tout signifie salaire et prix, les grands perdants sont, in fine, ceux qui ont de l'argent. Et quand on lit ceux qui ont de l'argent, l'illusion est de croire qu'il s'agit des "riches", car il s'agit de ceux qui ont de l'argent pas nécessairement de la richesse.

Un des moyens de créer de l'inflation est tout simplement d'imprimer de la monnaie. Admettons qu'il s'échange uniquement 10 kg de nourriture, et que la masse monétaire en circulation soit de 10 € (en totalité sur tout un pays pour une période donnée), très logiquement on peut supposer que le prix d'1 kg de nourriture soit de 1 €.

Si demain pour la même quantité échangée, on double la quantité de monnaie en circulation, 20 €, la quantité de bien en circulation étant la même, on double très logiquement le prix de chaque bien, on aura probablement un prix de 2 €/kg.

Avant la monnaie, il y avait le troc, ce qui signifie, que je pourrais envisager dans mon exemple qu'il n'y ait pas juste 10 kg de nourriture mais 5 kg de viande et 5 kg de pommes, en supposant que les deux soient également désirables, on aurait un "taux de change" de 1 kg de pommes pour 1 kg de viande. La chose semble parfaite jusqu'au jour où il y a en fait 5 kg de pain, 2 kg de viande et 3 kg de pommes, car si je n'ai que des pommes et désire du pain de quelqu'un qui ne souhaite avoir que de la viande, là ça devient compliqué. La monnaie n'est rien d'autre qu'un moyen de simplifier le troc, à la fin nous sommes tous en train d'échanger nos biens et nos services.

Une des choses les plus distrayantes est d'entendre les grandes théories autour de la monnaie. Parmi elle, très tendance avant que l'euro ne se casse la gueule, donner le contrôle de la monnaie à un gouvernement populiste résoudrait probablement tous les problèmes de la France, de la Grèce, du monde entier... L'euro serait trop fort... Comprenez à travers tous ces messages qu'il faut imprimer des billets.

Naturellement aujourd'hui on imprime rarement des billets dans les pays développés, on procède à des opérations plus sophistiquées de LTRO ou de QE. Le wording est plus sexy, le grand public ne comprend rien, mais il ne se passe pas grand-chose de différent. Plus de détail sur ces pratiques sur la Main invisible.

Faire tourner la planche à billets à deux impacts principaux: augmenter la masse de monnaie et transférer de la richesse.

L'augmentation de masse monétaire est assez intuitive, c'est le premier effet et généralement le seul qui arrive en tête quand on parle de faire tourner la planche à billets. J'ai 100 billets, j'en imprime 100, j'en ai 200... Tout devrait coûter deux fois plus cher et dans le fond pas grand chose ne changerait, si sur chacun recevait autant de billets que ce qu'il a en poche.

Si vous imprimez de la monnaie chez vous vous êtes de faussaires, vous abusez du monopole de l'Etat, en l'occurrence, en Europe, de la Banque Centrale Européenne. Car en général celui qui imprime de la monnaie s'enrichit. En général, il s'agit de l'Etat, il imprime la monnaie puis s'en sert, et comme en payant des voyages en jet privé à Manuel Valls et sa famille on dépense de l'argent, au final c'est l'Etat et ses serviteurs qui s'enrichit (en ayant appauvris les servis)...

Les nouvelles méthodes d'impressions (LTRO / QE) de billets donnent une place aux banques qui généralement prêtent en contrepartie aux états ou s'assurent de maintenir les marchés boursiers à flot pendant que l'économie s'effondre ou stagne.

A ce type de petits jeux d'arrangement comptable, généralement, si quelqu'un gagne de la richesse (ici donc les banques et les états), quelqu'un doit se doit d'en perdre quelque part. Probablement ceux qui détiennent de la richesse ? Oui, dans un sens, mais de la richesse en terme monétaire, c'est à dire du cash, de l'argent sur un compte un banque ou de l'argent à venir (un crédit que l'on doit vous rembourser)...

Dire les riches est faux, si vous détenez quelques millions vous avez probablement diversifié votre investissement en actifs financiers (du coup que quelqu'un maintienne les marchés peut vous arranger), dans l'immobilier et, vous avez probablement une proportion faible de votre richesse sur un compte en banque. En dehors des créanciers, ce sont probablement les classes moyennes qui sont les plus affectées par ce genre de stratégies.

In fine, c'est comme lever un impôt assis sur les créances et les possessions monétaires. Mais ça semble moins douloureux.

Dans tous les cas, si ce n'est que parce qu'on appauvrit les populations, j'ai toujours du mal à saisir en quoi ça augmente la compétitivité du pays. Question ouverte ceci étant dit, avec les commentaires, tout ça.


jeudi 25 juin 2015

Quelle partie du terrorisme a été créée au nom de la lutte contre le terrorisme ?

N'entrons pas dans les théories du/des complots.

Au motif de la sécurité, certains états s'autorisent à infiltrer des groupes pour y favoriser l'extrémisme au prétexte de voir s'il y a là un terreau fertile. Au motif d'un amour sélectif des droits de l'homme, d'autres états les autorise à intervenir au-delà de leur frontière, à armer les uns pour défaire les autres.

Si la seconde déclaration ne fait pas de doute, la première peut-être un peu plus :


Sur un plan moins discutable:
  • La CIA a soutenu avec ardeur ceux qui sont devenus les talibans (et donc également Al Qaida) quand il s'agissait d'emmerder les russes.
  • Il y a deux ans la Syrie était dirigé par un dictateur sanguinaire qu'il fallait renverser. De grands humanistes ont donc financé et armé les rebelles. Les rebelles syriens aujourd'hui sont globalement composés de quatre factions: des salafistes qui passent pour des laïques comparés aux deux autres, un groupe faisant partie d'Al Qaida (les gentils du jour), l'Etat Islamique (ISIS, les méchants cette fois), et les kurdes qui a défaut d'êtres des extrêmistes sont un groupe ethnique. Les Kurdes sont un peu emmerdant, vu que le Kurdistan chevauche la Turquie, ce n'était donc pas les premiers clients d'une aide. Comprendre qu'en gros, les gentils d'hier sont aujourd'hui sans équivoque les hommes pieux qui balancent des homosexuels pour leur apprendre à vivre et violent des femmes pour passer le temps. Le dictateur d'hier a soudain normalisé ses méthodes de guerre, comme par magie, et celle-ci sont passées dans le camps adverse... C'est tellement grossier de lire les mêmes sujets visités par les deux partis à un an d'intervalle que l'on se demande presque comment soudain les journalistes s'arrêtent de parler de l'un pour parler de l'autre. Exemple, chez Assad en mars 2014, à l'ISIS en décembre 2014.

Aujourd'hui la peur est là, on fait passer un message clair, qu'il faut troquer sa liberté contre plus de sécurité.

Question: quelle partie du terrorisme a été créée au nom de la lutte contre le terrorisme / pour la démocratie ?

Que ce soit délibéré ou pas, il y a la question légitime de savoir si l'on n'aurait pas créé ces problèmes qu'il faut impérativement résoudre à coup d'état omnipotent. Ca a déjà été dans l'histoire le moyen d'action de certains fascistes (due genre qui en endorsent le nom), la stratégie de la tension.


vendredi 29 mai 2015

Interdiction de jeter de la nourriture: l'Etat triomphant

C'est assez rare d'entendre parler de la France dans le monde anglophone, mais ces derniers jours on y voit un peu d'enthousiasme, ce qui est rare. Le gouvernement français a décidé d'interdire aux supermarchés de jeter de la nourriture.


Il faut reconnaître que par rapport aux déclarations corporatistes d'Arnaud Montebourg c'est quand même plus sympa à lire.

Les supermarchés n'ont plus le droit de jeter et de rendre impropre à la consommation de la nourriture. La chose amusante c'est que le problème n'est pas nouveau, mais que par le passé la destruction de nourriture n'était pas particulièrement motivée par une cupidité effrénée mais les distributeurs pouvaient être tenus responsables si quelqu'un s'empoisonnait en mangeant un produit récupéré dans leurs déchets.

Lorsqu'un cadre réglementaire prouve son inefficacité car il pose des problèmes inattendus, doit-on considérer que la modification réglementaire soit une solution de long terme ? Certes la situation de sortie est meilleure, aujourd'hui. Mais a-t-on résolu le problème.

Est-ce qu'une intervention du gouvernement aurait été nécessaire dans un cadre réglementaire plus souple ? Combien d'interventions étatiques cette rigidité demande chaque année ? Combien de problèmes sont ignorés car pas assez gênants ? Combien de temps perd notre société à chercher des règlements parfaits ?


vendredi 9 janvier 2015

Musulman, exprime toi !

Fermons les yeux un instant

1916 au milieu des tranchés, débarqué d'Afrique pour servir l'Empire Français, ça fait trois mois que tu vois par intermittence les assauts répétés de soldats en uniforme gris, casque à pointes, étrange grenade à la ceinture, leurs fusils et leur baïonnettes t'ont déjà blessé une fois. Les trois gars débarqués avec toi de ton village, ils les ont eu, tous les trois, le même jour.

Te voici en train d'avancer dans une tranchée lorsque, en face de toi, tu en croise un, avancant vers toi son fusil pointé à terre. Que fais-tu ?

Au fond cet homme est peut-être comme toi, parachuté dans un conflit qu'il ne comprend peut-être pas, qu'il n'a jamais demandé.

Moralement

Le récent assassinat de 12 personnes en plein Paris traumatise un peu les français, on a du mal à leur en vouloir. Il ne fait que suite à la barbarie perpétrée depuis des décennies au nom de ta religion, l'Islam, et plus récemment au gentil groupe de terroristes suicidaires qui faute d'arme à feu ont utilisé leurs véhicules.

Pour toi l'Islam est une religion de paix, que l'on s'entende, je veux bien le croire. Admettons. Quand bien même elle serait une religion de violence et de sang, tu n'as pas participé aux événements tu n'en es pas responsable. Tu n'as pas à t'excuser, tu n'as pas à te prononcer, on a pas à te demander ton avis. Moralement, je suis d'accord, pas un peu d'accord, 100% d'accord. T'es clean. Dans mes bras !

Moralement tu peux te mettre dans cette position sans sourciller.

C'est un peu comme moi sur les sujets des colonies et de l'esclavage, je n'en ai jamais fait, je n'ai jamais soutenu. Je pourrais laissé ce silence un peu lourd, note ce conditionnel ô combien subtil.

Depuis ma fenêtre

Je n'aime pas jugé par les médias, même les bons médias sont là pour rapporter les faits saillants, une vision de la réalité mais pas forcément la réalité la plus générale. Je regarde donc autour de moi. J'ai peu de gens de culture musulmanes dans mon entourage, je crois que l'on grandit tous au sein de nos communautés, partons sur une douzaine. Parmi ceux-là une écrasante majorité d'athées ou simplement d'agnostique, ou disons-le de gens qui sont passés un peu au-delà, ou à côté, j'en sais rien, de la religion. On sent cette fierté à ne pas s'exprimer parce qu'on a pas à s'exprimer.

Cependant, au milieu de ceux-là deux courageux s'expriment: "ils l'ont bien cherché / bien fait". Soyons honnête, la deuxième personne avait entendu parlé d'un attentat mais sans en connaître le bilan. Ce qui me fait donc, 100% d'opinions exprimées favorables à ce que des gens débarquent chez toi pour te tuer parce que, tu as critiqué, ce qu'ils ont cru interpréter d'un bouquin leur a demander de le faire. Il y en a que j'ai prévu de revoir, mais j'ai envie de vous insulter chers amis, liberté d'expression oblige.

Encore une fois, on grandit son réseau à partir de sa communauté de naissance, je ne pense pas avoir les plus extrémistes.

Depuis leur fenêtre

Quand je dis leur c'est les "français", les "blancs", les "babtous". Tout le monde a ses étiquettes, pas de problème là-dessus.

Ils font pareil, selon le bord et l'éducation, on peut aller de la "communauté musulmane" au "bougnoules" (je hais tout le mépris qui se balade derrière ce mot). Malheureusement derrière une étiquette, il n'y a qu'un seul stéréotype qui cache la diversité des individus. Le fait d'être basané n'empêche pas d'être un peu con je suis sûr que tu en as aussi à la maison des comme ça !

Beaucoup, en particulier dans la France profonde, ne connaissent pas de musulmans, ils n'ont pas "l'ami marocain".

Viens t'asseoir à côté de moi et regardons par leur fenêtre !

Vu qu'il n'y a personne en vue, regardons par leur télé !

En Irak et en Syrie, au nom de l'Islam, on viol, on réduit en esclavage, on décapite en broadcastant sur Youtube. En Israel, l'Israel est peut-être un cas particulier qui va t'énervé, n'en parlons pas, où plutôt si, disons simplement que le gamin qui meurt sous les bombes à Gaza à probablement autant le droit de vivre que celui qui est victime d'une roquette à Ashdod, même si son père à une grosse barbe. Au Pakistan, les insultes à un livre sont aujourd'hui le meilleur moyen de faire executer un chrétien. Voilà ce qu'est l'Islam dans le téléviseur, ce ne sont pas les médias qui font mal leur boulot, ce sont les faits saillants qui ressortent. Oui, un peu, comme les prêtres pédophiles.

Plus proche de nous, certains médias essayent de se censurer eux-mêmes, ce que je trouve malsain voir lamentable. Parce que oui, en France, tu trouves des petits cons pour exprimer publiquement leur joie après un massacre pareil pour un délit d'opinion en direct à la télé. Si c'est ton gosse, ton cousin, ton rat musqué, colles lui une baffe pour moi je te prie ! A côté à l'étranger, ce sont les journaux turques qui se félicitent de l'attentat, l'Iran qui censure ses journalistes exprimant leur solidarité, on fait des tirs de joie en Palestine.

La seule prise de position allant dans l'autre sens, c'est celle d'Hassen Chalghoumi. Va lire sa page Wikipedia, c'est informatif. Même si l'individu semble être un pantin, il prétend parler en ton nom. Premièrement soit cet homme est un apaisé, soit c'est un hypocrite. Deuxièmement, certaines phrases reflètent une ambiance: "en avril 2012, son appel à manifester contre le radicalisme ne suscite aucune mobilisation et est un échec".

Globalement M. Gaulois (on va l'appeler comme ça), il faut que je te dise une chose à son propos. Il ne fait pas la différence entre un arabe et un musulman, et, il faut souvent lui rappeler la différence entre un musulman et un islamiste. Tout ça pour te dire que la différence entre un sunnite, un chiite ou un salsifiste, il n'en a aucune idée, pour être franc, moins non plus. Il voit quelqu'un à la peau plus foncée que lui, et il cherche dans la case de son cerveau sous l'étiquette "foncée" ce qu'il peut déduire à propos d'elle, c'est humain. En exagérant, c'est, ton origine ethnique, c'est l'équivalent du casque à pointe de notre introduction, l'homme de notre introduction n'avait pas plus choisi d'être sûr un front qu'il avait choisi le lieu et l'époque de sa naissance. N'en déplaise à la plupart aux monuments aux morts.

L'Echiquier

Voici le découpage en France qui transparait dans les médias, les options de positionnement pour M. Gaulois sont:

  • Islamophobe, version "Charles Martel 2015", ceux-là ne t'aiment pas. Principalement par idéologie, mais je dois t'avouer que le terrorisme les aide un peu.
  • Négationniste, version "Leibniz 2015, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes", ceux-là t'ignorent comme ils ignorent le monde, mais, ils sont convaincus que t'es sympa. Principalement par idéologie.
Si je donne ce quolibet légèrement méprisant aux seconds, c'est parce qu'il n'y a pas de possibilité entre les deux, tout ce qui sort du scénario idéal des négationnistes est de la propagande, de la désinformation, la dernière chose qu'ils souhaitent c'est une discussion sur le sujet. Quatre mecs foncent sur la foule en bagnoles en gueulant avant de se suicider au couteau, si tu les écoutes il va bientôt falloir créer une commission d'enquête sur les pannes de pacemakers et les effets secondaires des antidépresseurs. Parce qu'au fond ils sont conscients d'un problème, et n'osent pas l'évoquer de peur de le rendre réel. C'est l'Islam Voldemort.


L'Islam vit son Inquisition

L'histoire a ses pages où certaines partis du monde ne sont pas très reluisantes. L'Inquisition était probablement la période de la Chrétienté (du Catholicisme en particulier) qui peut rassurer sur l'état de l'Islam.

Lapidation pour adultère, interdiction de la satire sous peine de mort (un petit big up pour le mec qui a pris 10 ans de prison et 1000 coups de fouet en Arabie Saoudite pour avoir critiquer un peu fort), destruction d'oeuvre d'arts, droits des homosexuels, tu reprends mes exemples du dessus s'il t'en faut plus.

Un grand nombre de pays à majorité musulmane vivent dans un état des droits humains qui nous, occidentaux (peut-être toi inclus), nous fait gerber, tout ceci étant toujours fait sous couvert de la religion. Je ne parle pas d'attentat, je parle de loi et d'application de la loi, c'est le système judiciaire de ces pays qui est au Moyen-Age. Et quand, j'entends dire que l'Islam est une religion de paix et de tolérance et que je vois ce que je mentionne au-dessus, ce n'est statistiquement pas le cas. Ce qui me sauve, dans ma vision du monde, il n'y a pas de musulmans, il n'y a que des individus, appartenant à des groupes mais libres de leur choix, capables de changer leur monde et d'être pacifistes et tolérants si telles sont leurs valeurs.

Pour être franc, je suis peut-être un peu con et idéaliste mais je pense aussi à ces hommes qui choisissent d'aller tuer et de se réfugier dans le fondamentalisme primaire. J'ai un peu la rage quand je me dis que notre société n'ait pas mieux à offrir, je me demande si avec un truc à faire au bon moment et un peu moins de mépris, on aurait pas pu éviter ça.

La conclusion, et pourquoi ce serait bien d'arrêter ce mutisme stupide

Ca ne veut pas dire qu'au milieu de ça il n'y ait pas des musulmans intégrés et ouverts. S'il y en a, il ne peuvent pas s'exprimer dans ces pays où l'on massacre ceux qui s'expriment. Exprime-toi !

Le "les terroristes, ce n'est pas des musulmans", c'est très facile comme prise de position, "Chat bite ! c'est pas moi !", moralement viable. Personnellement je la comprend et je peux l'accepter, même si j'avais croisé 100% de connards, ce n'est pas une raison pour ne pas donner sa chance à un autre mec. Mais c'est l'argument tellement facile que ce n'est même pas crédible, c'est l'argument refuge. Ce n'est pas des musulmans ? L'Islam ouvert tolérant existe ? Une armée d'arabes ne croient pas en dieu ? Il y a des musulmans cools avec voile ou sans voile, avec barbes ou sans barbes ? Montre-le ! Ne t'excuse pas ! Mais parle à tes voisins ! Prend position ! Donne leur cet exemple du mec qui veut vivre avec eux !

Tout n'est pas facile, ces regards, ces sous-entendus, c'est humiliant. Je ne les justifie pas. Ceci étant dit ce n'est pas forcément dit contre toi. Ce n'est pas dit contre les tiens. Ce sont des cris de rages pour certaines valeurs, contre des bains de sangs. Si ce que tu penses c'est que tu partages ces valeurs, même partiellement, DIS-LE ! Ca me fait du bien de t'entendre le dire, je pourrais le ressortir très fièrement à ces moments lourds pendant des repas de famille. T'as même le droit de t'engueuler si on t'emmerde sur le fait d'égorger un mouton dans ta maison de campagne, si c'est pour dire que personne n'a le droit de tuer un homme ou une femme pour les idées qu'il a exprimé.

Je te dis que les colonies c'était fait avec condescendance et mépris de l'humain, c'était une occupation et les guerres d'indépendance ont conduit à des horreurs dont la responsabilité première revient aux gouvernements coloniaux. Je sais c'est plus facile d'en parler avec le recul du temps, et que là tout est à chaud, les nerfs sont à vif, mais crois moi, le mec en face de toi va être content de t'entendre, il a besoin de toi !

C'est tellement facile de voir les catholiques ne pleurer que pour les foetus et les autres catholiques, les juifs comprendre pourquoi c'est grave de tuer un civil d'un côté de la frontière mais pas de l'autre. Si on est capable de ne pleurer que pour les siens, on vit dans l'égoïsme. Le vrai humaniste, la vrai personne éclairée, s'intéresse aussi à ceux auxquels elle ne s'identifient pas.

Tu peux ne pas parler, mais tu ne peux pas ne pas t'exprimer, ces actes que les médias sont conduits en ton nom, affirmes que ce n'est pas les tiens ! Ces gens dont on doute de leur sincérité qui s'expriment en ton nom, cites-les ! Ce n'est pas parce que personne n'est sûr qu'il ait foi en son discours qu'il faut t'interdire d'y avoir foi toi-même.

Est-ce que ces massacres vont censurés ? On verra la prochaine fois qu'un débat sur la liberté d'expression va être lancé. Les prochains Charlie Hebdo seront surement sous couvert d'anonymat pour quelques temps et en ligne, pas dans un kiosque à journaux. Est-ce que nos libertés vont être restreintes encore plus pour leur propre protection ? Très probablement comme en témoigne ce tweet. Est-ce que les nationalistes et les partisans du contrôle sont heureux de ce qui s'est passé ? Soyons honnête, il est quasi sûr que non, mais eux, toi et moi, on sait tous les trois que ça sert à la perfection un agenda politique. Cet agenda politique ne t'aime pas beaucoup. Si le positionnement par rapport à l'Islam est bipolaire, quand les négationnistes sortent du négationnisme, ils vont en face, chez les connards. Tu n'as même pas vraiment besoin d'être musulman ou d'origine musulmane, t'as juste besoin d'être différent pour être leur cible. 

Cet agenda politique veut venir te pourrir la vie. Et ce que tu peux faire pour éviter ça, c'est de demander à ton ego de se mettre un peu dans la peau de l'ego de l'autre et d'essayer de faire communiquer les deux. Si tu refuses de t'exprimer en tant qu'individu ce sont les signes extérieurs des groupes auxquels tu appartiens qui parlent en ton nom. Va leur expliquer que tu es un individu, va parler de tes valeurs, donnes ton opinion de la société dans laquelle tu vis !

Bisous. Sincèrement, bisous! Et bon courage! Je suis avec toi, ça fait qu'on est déjà deux.



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