mardi 16 août 2011

La perte du triple A (AAA), ça impacte quoi ? Réglementation des agences de notation et conséquences pour la trésorerie des états

Les états empruntent sur les marchés, au même titre que les grosses entreprises. Ces emprunts se font par le biais d'obligations (point à détailler dans un futur article). Le soucis des investisseurs est de placer leur argent au meilleur taux et en même temps au meilleur risque, c'est à dire risque le plus faible et taux le plus haut.

Le risque qui nous intéresse ici est le risque de non remboursement. Un non remboursement (ou défaut) désigne le fait que l'emprunteur ne soit pas en mesure d'assumer le contrat qu'il a passé à travers l'emprunt, et donc que l'investisseur ne retrouve pas l'argent qu'il avait placé.

Le rôle des agences de notation est de faciliter la vie aux investisseurs en évaluant la capacité de remboursement des emprunteurs. Dans la cas d'un état de très nombreux critères rentrent en jeu, entre autres : ses perspectives économiques, sa bonne gestion, sa capacité à lever l'impôt (encaisser), sa capacité potentielle à augmenter les impôts (encaisser plus).

Ces agences ayant une certaine notoriété font office de référence quand il s'agit de quantifier un risque. Ainsi une des garanties que peut proposer un fond de placement à ses clients peut-être de n'investir que dans des valeurs d'une certaine notations (AAA par exemple).

Ainsi lorsque la note d'un état baisse, sa dette va être susceptible d'intéresser une quantité moindre d'intervenants sur le marché. L'art du crédit consistant à faire payer le risque il va s'agir donc de payer plus cher quand on est un état en plus mauvaise posture. Ceci n'est pas une perversion du système c'est une de ses vertus. En effet : à quoi bon être vertueux (ici bon gestionnaire) si on en tire aucun profit ?

Sur ce sujet, petit raisonnement par l'absurde. Supposons qu'on vous confit de l'argent, disons 20 000 €, à placer à deux connaissances, l'une qui vous a toujours remboursé rubis sur l'ongle, l'autre qui vit plus difficilement et à souvent fait quelques difficultés à vous payer. Les deux ont besoins de 40 000 € (votre argent seul ne satisfait pas leur besoins quoi qu'il advienne), si vous vous basez sur le principe que le plus en difficulté doit être aider par un taux d'intérêt plus faible, lui prêteriez vous ? Placeriez-vous cet argent à un rendement moindre pour risquez bien plus de ne pas le revoir ? J'espère sincèrement que non. Ainsi l'emprunteur le plus risqué doit payer une prime pour se rendre de nouveau attirant à vos yeux.

L'écart entre un bon et un mauvais emprunteur se nomme spread, ainsi la mesure du spread entre les pays donne une idée de ce que doit payer un mauvais pour faire concurrence à un bon. Par là on mesure une certaine tension sur le marché, plus les spreads sont élevés plus le risque d'un défaut est jugé important car les pays potentiellement fragiles doivent en conséquences mettre plus dans la balance pour se financer.

Ceci n'est pas injuste, le second paye plus difficilement ou semble donner moins de garanties ? Il doit donc compenser le risque qu'il représente par un rendement plus important.

Les conséquences d'une baisse de notation pour un état sont sévères, et n'aident pas à redresser une situation compliquée. Les agences justifient cependant leur prise de position et avertissent des baisses envisagée de notation (ca ne tombe pas du ciel).

Les notes et donc les agences n'ont de sens que lorsque l'on sait qu'une note AAA correspond à une probabilité de défaut inférieure à 2% sur 20 ans (chiffre donné pour exemple). On notera sur ce principe qu'une agence a donc tout intérêt à favoriser les faux positifs; se couvrir au plus tôt d'un défaut potentiel. Néanmoins si ce comportement se généralise trop la note ne signifie rien puisqu'elle ne discrimine pas les bons emprunteurs des très mauvais.

Prétendre comme on l'entend que les agences de notation doivent être réglémentées suite à la baisse de leur notations. C'est engueuler le thermomètre quand on a 39,5. Notons à ce sujet, qu'il n'a jamais été démontré que se mettre le cul dans la glace pour diminuer la valeur du thermomètre ait un jour atténué une fièvre.

Mentions Légales : je n'ai pas la prétention d'être un expert de la gestion des finances publiques, ceci est donc livré sans autre garantie que l'implication que j'ai mis à frapper ces quelques caractères. Par ailleurs, l'AMF demandant de déclarer ses positions lorsque l'on parle trop sur des actifs quotés, je tiens à informer le lecteur que je suis résident français, j'ai donc à ma charge le remboursement d'une partie du foutoir qu'ont mis les dirigeants de ce pays. Gloire à eux et vive la France !


samedi 16 juillet 2011

Hauteur des débats du moment

1_ Hollande parle de la dette
2_ Ouais mais Joly elle est pas patriote; tu te rends compte ? Le défilé ! Quand même !
1_ Ohé il parle d'équilibre budgétaire là, le truc dont la gauche a du mal à parler, le truc qui est un problème depuis 30 ans
2_ Ouais mais Joly n'est pas patriote, les militaires c'est plus vieux que la dette.
1_ Crétin !
2_ Anarchiste !


mardi 28 juin 2011

Internet, les systèmes distribués, le Minitel et le Cloud

Internet, le Minitel, Internet ce n'est pas le Minitel avec les couleurs en plus. La différence entre les deux systèmes est plus fondamentale, liée à la structure des réseaux.

Conceptuellement le Minitel est beaucoup plus simple, c'est un service auquel les gens se connectent et accèdent à différent contenu structuré en rubrique voir sous-service. Le système est centralisé par conception, il ne tourne que sur un seul point accès énorme, ce que l'on peut visualiser comme le centre d'une structure en étoile. Un seul serveur actif au centre et les connexions des utilisateurs ayant pour seul terminaison ce serveur.

Avec Internet la logique est complètement différente, chaque machine est connectée au réseau, réseau qui n'existe que par les connexions de machines sans entités centrales pour régir les interactions ou les échanges. Ainsi sur ce réseau chaque machine peut-être un serveur et donc un point de terminaison des connexions. En d'autre terme tout le monde peut héberger son propre contenu. C'était quelque chose d'assez flagrant à la première époque de l'internet et de nos vieux modems, notre machine, une fois connectée était accessible de l'extérieur très facilement, c'est désormais beaucoup moins clair avec les box.

Internet est un réseau quasiment conçu pour la fiabilité (dans le sens ou la première des fonctionnalités d'un réseau est de permettre de relier). Ainsi il est très difficile de couper ce réseau, car le retrait d'une machine ou d'une connexion sur ce réseau n'a des conséquences qu'à une échelle locale. A contrario, pour rendre inopérant un système centralisé il vous suffit de coupe le nœud central.

Dans un Minitel, le premier contenu pouvant poser problème est supprimé sans soucis à l'échelle du serveur centrale. Sur Internet couper l'accès à un contenu signifie soit couper cette machine soit en couper toute les connexions, la tâche est beaucoup plus ardue.

Vous entendez certainement souvent parler de cloud computing en ce moment, le concept c'est que vos données/votre service ne sont plus chez vous, mais chez un tiers, un fournisseur de service qui s'occupe de vous les conserver. Derrière cette idée de Cloud se cache une problématique beaucoup plus importante : celle d'un retour à un système type Minitel, le jour où un Facebook centralise vos photos de soirée, vos amis, votre vie sociale. On revient à la même facilité quand il s'agit de censurer ou de couper l'accès à tout cela. Idem quand votre boite mail et vos documents vivent chez Google. Le cloud computing tend à faciliter l'avènement d'une ère qui pourrait être celle d'un Minitel 2.0. Ca signifie que vos données sont beaucoup plus facilement débranchables et contrôlables.

Vous êtes intéressé par cette idée de Minitel 2.0 ? Elle est développée sur le site de la FDN (vidéo d'une heure)
L'illustration vient d'ici


vendredi 24 juin 2011

Z'emplois

Fréquentant de manière plus ou moins proche le milieu de la création d'entreprise et de l'entrepreneuriat, il y a un discours qui a tendance à m'écorcher les neurones quand il vient chanter dans mes oreilles. Ce discours, je l'entends dans la bouche de créateurs d'entreprise :


_«Voilà. Moi idéalement, j'aimerais monter un business qui marche pour pouvoir créer des z'emplois.»


_«Z'emplois dites-vous ?»


_«Oh, oui, c'est ce qui me motive le plus pouvoir : fournir du travail aux autres. Z'emplois quoi !»

C'est donc dit : Madame ou Monsieur a un grand coeur. Merci Madame, merci Monsieur, on se revoit après votre faillite.


Les deux ou trois politiciens qui ont pour but de faire croire que l'économie vit grâce à leurs subventions peuvent s'auto-congratuler. Ils ont bien réussi à faire comprendre que leur principal plaisir était la création d'emploi, celle-ci présentant deux avantages majeurs :
  1. C'est un très bon point que d'indiquer une croissance d'emploi sur le plan politique avant une élection, c'est un peu comme du Prozac pour les électeurs ;
  2. C'est encore ce que l'on fait de mieux pour extraire l'argent de l'entreprise sous forme de taxe. Le travail étant taxé à pratiquement 50% avant sa sortie de l'entreprise ; les revenus qui en sortent étant eux-même utilisés pour payer encore TVA et autres impôts locaux et sur le revenu.
Si ton fantasme c'est juste de te dire que toi aussi tu as pu apporter ton quota de smicards au pays, on fait plus simple : «rejoins la CFDT et attaques toi aux caisses automatiques».


Mon avis personnel sur la question est relativement simple.

Ce petit fantasme de la création de z'emplois est le symptôme d'un biais idéologique qui est devenu un biais culturel. Un biais qui fait croire que le principal problème économique du pays est le taux de chômage, croyance qui pose le travail en finalité, hors le travail n'est pas une finalité, c'est un outil, un moyen mis en place dans l'objectif d'une création de valeur.

Naturellement la création de valeur est souvent synonyme d'enrichissement ; chose immonde, puisque personne n'envisage que la richesse puisse se créer, elle se vole.

«Si je créé de la valeur, en réalité je la prends à quelqu'un. La création d'emploi, même inutile, c'est redistribuer ce qui a été pris. »

Le petit problème, c'est que ceci induit que l'enrichissement est vécu comme un crime, l'entrepreneuriat devient une volonté de passer du côté des spoliateurs.

Seulement voilà, le monde évolue, les hommes qui le peuplent également, leur besoin tout autant et une économie figée, incapable de se repensée car exempte d'individus motivés pour créer plus et créer mieux est vouée à l'échec.

Citation extraite du film Wall Street :

«Greed, for lack of a better word, is good. Greed is right. Greed works. Greed clarifies, cuts through, and captures, the essence of the evolutionary spirit. Greed, in all of its forms; greed for life, for money, for love, knowledge, has marked the upward surge of mankind[...].»

«La cupidité, par manque d'un mot plus juste, est bonne. La cupidité est juste. La cupidité fonctionne, elle descend et capture l'essence de l'esprit évolutionniste. La cupidité, dans toutes ses formes, la soif de vie, d'argent, d'amour, de savoir, a marqué l'élévation de l'humanité[...].»


lundi 20 juin 2011

Mitterrand et Marini, les M&Ms du moment

L'actualité fiscale est toujours riche en France, une belle illustration de ce que peuvent donner des esprits de frustrés dopés aux amphètes et sujets à l'euphorie du pouvoir.

Les blues brothers du moment sont le charismatique humaniste Frédéric Mitterrand ministre de la culture estampillée bonne-à-consommer et l'amical Philippe "je-regrette-vraiment-Zitrone" Marini. Pareillement à Laurel et Hardy, on ne peut apprécier pleinement leur tartufferie sans les voir réunis.

Frédéric, entre deux réunions d'états majors pour conquérir Internet, faisait part de ses préoccupations quand au projet d'intégrer les oeuvres d'arts dans le calcul de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. ISF fameuse Incitation à Sortir de France. "Ceci provoquerait une chute du marché de l'art", les analyses de cette pertinence me laissent à penser qu'il ne serait pas délirant que l'ont remette à tous les ministres un doctorat d'économie honoris hausa quand il apparait qu'ils auraient un début de compréhension des phénomènes d'offres et de demandes. Mitterrand illustre bien les préoccupations générales de la classe politique française : "Primum non nocere" ("d'abord ne pas nuire") étendu pour l'occasion à "Amicis primum non nocere" ("d'abord ne pas nuire aux amis"). Toute velléité de réforme se heurtant aux intérêts de ceux qui profitent du système actuel, ça se termine en : "faites le bruit que vous voulez, mais pitié, ne changez rien de significatif".

Cette approche pose de légers problèmes... Par exemple : "il manquerait un million de logement en France", ce qui contribue à des loyers et des prix élevés dans l'immobilier, on comprend bien que solutionner le problème en créerait un autre : la baisse des prix du marché de l'immobilier.

Etape masturbatoire ultime de l'exception culturelle française (ne cherchez pas trop loin, c'est un joli pour dire taxes & subventions) le capital investit dans des oeuvres d'art échappe à certaines taxes. Ni sur le plan moral, ni sur le plan économique je ne vois de justification du fait que l'état doive taxer plus 60 000 € en banque ou dans des actions que dans un Picasso... C'est presque une incitation au mauvais goût.

Philippe Marini prend au corps un autre problème.

Malheureusement, la France est un pays où l'on peut voir de nombreuses startups apparaitre. Ces startups sont un vrai cancer, elles ruinent la crédibilité du champion France Télécom dans le monde du numérique, elles créent de nouveaux médias qui nuisent à l'audience de France Télévision, elles créent des emplois qui nuisent à l'image de la toute puissance de l'industrie en matière d'emploi... Bref elles nuisent au renouveau de l'ambiance trente glorieuses, objectif central de l'action publique depuis la fin de celles-ci.

Merci donc à Philippe Marini, sénateur cumulard de son état, de rétablir quelque peu le doux rêve d'énarque qui berce nos nuits à tous en ayant l'idée formidable de la Taxe Google.

Philippe Marini connait bien le pouvoir de nuisance de Google, il a d'ailleurs basé son site sur Google Sites. Ainsi, il frappe fort, il frappe au coeur, il frappe donc Google, il a donc vaillamment frappé sur sa machine à écrire t-a-x-e- -G-o-o-g-l-e, se disant "voilà qui va être bien vu de taper sur une boite qui gagne sa vie honnêtement et respecte ses utilisateurs et clients, on aime pas ça en France"... Oubliant quelque peu ses intentions initiales, il a créé une taxe que paieront les annonceurs français sur leur publicité en ligne.

Merci M. Marini. Grâce à vous, les sociétés française auront désormais une balle dans le pied supplémentaire pour se développer, grâce à vous, il est fortement improbable à présent de voir des sociétés se développer en France sur la base d'un modèle publicitaire (comme les immondes Google & Facebook).

Il n'est pas beau ce couple d'individus, l'un protégeant l'existant, l'autre étouffant le futur ? Le conservatisme new age.

Dans quelques mois les Pieds Nickelés et leurs amis viendront vous raconter que c'est à eux qu'il faut confier le pouvoir, ils savent faire des réformes !

Messieurs, vous collez des rustines pour colmater des fissures sur les vitres d'un navire pour empêcher la pluie de s'infiltrer. Pendant ce temps des trous béants laissent rentrer l'eau par torrent dans la coque, ceci ne vous inquiète pas car vous avez parié il y a 30 ans que celle-ci était incassable.


vendredi 20 mai 2011

Affaire DSK : il s'agirait bien d'un complot

Et oui, vous en bouffez depuis plusieurs jours maintenant, pour fêter la mort de Ben Laden la CIA a cru bon d'organiser un complot dans les règles de l'art autour du président du FMI pour un problème de viol en partenariat avec la scène politique française.

Attention, ne vous méprenez pas : le complot n'est pas contre cet individu, non, non, il est contre le bon goût, il est contre l'humanisme.

Les médias français se transforment en une énorme fange qui, bien que n'éveillant pas chez moi le moindre amour traditionnellement, me semblent avoir atteint un nouveau point bas.

Y'sont pas mignon tous ces énarques effarouchés ? "Quoi des menottes ? Mais comment peut-on accepté de voir des images si horribles ? Comment cet homme bénit arrivé sur Terra par la grâce de Dieu va-t-il pouvoir dilapider l'argent publique les mains liés ?"

Jean-Francois Kahn, qui a créé le célèbre journal d'analyse politique pointue Renova, se fend d'une très belle référence à un "troussage de domestique"... Dans sa position d'homme de gauche, une petite léchouille au pied des puissants est toujours une remise en contexte bienvenue, le fidèle serviteur sait reconnaître sa place : au pied de ses maitres.

Ils sont tous à gémir sur la présomption d'innocence, ce sera cependant les premiers à beugler à la démission quand ça les arrange. Suis-je simplement endormi ? Mais il ne me semble pas avoir entendu leurs sentiments humanistes s'épanouir devant les problématiques liées à la détention provisoire ne serait-ce que pour le cas du méchant anarchiste Julien Coupat.

Creusons encore mes amis !

Frédéric "Qu-est-ce-que-je-dois-dire-Nicolas" Lefebvre parle d'une "tragédie humaine", non pas devant une histoire de femme violée, mais bel et bien devant les images terribles d'un de ses pairs qui apparait menotté et, rendez-vous compte, fatigué. On en dirait presque qu'un prolétaire que l'on arrête alors qu'il rentre du boulot sans sa ceinture au volant, affligeant ! Toujours dans le même registre je ne me rappelle bas avoir entendu l'individu gémir devant les images de Guantanamo, certainement que les individus qui y étaient présentés avaient dû dépasser le seuil de bronzage autorisé.

J'aimerais savoir comment une telle affaire devrait être traitée pour satisfaire ces messieurs. Imaginons :

Tapis rouge dans le tribunal, les lumières baissent d'intensité, un projecteur s'allume sur la porte. "Monsieur le président du Fond Monétaire Internationale, grand bienfaiteur de la gestion à la mode méditerranéenne, Dominique Strauss-Kahn".

La porte s'ouvre, l'individu entre, le regard haut, le costume impeccable et le regard vif. Le juge, voyant alors la grandeur du personnage qui se présente à lui se lève, et présente son siège au présumé accusé. L'homme conscient de sa situation d'Homme d'Etat, le regarde droit dans les yeux, un moyen pour lui de faire comprendre qu'il saisit la gravité de la situation pour l'avenir de l'humanité. Dominique Strauss-Kahn fixe le juge qui marque son assentiment et laisse le présumé prévenu posé son auguste postérieur sur cet élément mobilier probablement inadapté à la qualité de l'homme qu'il supporte. 

Après quelques formalités, le jeu des questions/réponses commence timidement : "Monsieur Strauss-Kahn, serait-il possible que, dans votre divine clairvoyance, à l'instant où vous avez daigné honorer la plébéienne qui, en oubliant son rôle de personnel d'entretien vous demandait de lui montrer votre talent, si reconnu, dans l'art si français de l'amour, vous eussiez omis d'avoir la certitude certaine de son assentiment ? En effet Monsieur, vous le savez certainement, les femmes sont des êtres très versatiles. Et aujourd'hui la catin d'aventure si courtement vêtue aimerait presque que vous produisiez preuve écrite de la chose."

Fin de cauchemard.

Le viol est donc une affaire bénigne, une broutille pour un homme que quelques jours plus tôt on souhaitait éventrer pour avoir rouler en Porsche.

Ai-je donc bien compris la logique, le viol est quelque chose d'acceptable, la consommation de produit de luxe non ?

Illustration bidouillée depuis le Boston Globe
Envie d'équilibrer la donne ? www.une-rose-pour-ophelia.fr


jeudi 12 mai 2011

Shalom Auslander - Attention Dieu méchant

Shalom Auslander a du être fortement perturbé dans son enfance par ce concept étrange qu'est la religion.

Attention Dieu méchant est un recueil de nouvelles venant attaquer par des angles originaux la religion.

Tantôt ce sera sous l'oeil d'un déiste, mais au lieu de la métaphore du grand horloger, Auslander nous emmènera dans une cage à hamsters dont les occupants cherchent avant tout à plaire au grand et miséricordieux Joe, essayant à tout prix de voir dans chacune de ses actions les conséquences de leur actes.

Tantôt ce sera une critique de ces pratiques religieuses qui ont pour seul but de vous pourrir la vie terrestre pour vous garantir un accès plus facile aux cieux à travers le point d'un juif qui compte avec acharnement les points qu'il gagne pour le paradis à travers l'observation stricte de la Torah. Terribles sont les réflexions d'un tel être quand il s’aperçoit qu'il a été dupé :


«Laisse-moi leur dire, juste pour qu'ils n'aient pas à faire les pitres comme je l'ai fait, à essayer de satisfaire je ne sais quel Père hystérique qui est aux Cieux ! Qu'ils prennent la voiture le samedi, qu'ils bouffent du bacon, qu'ils profitent de la formule spéciale "langouste à gogo" ! [] C'est comment, un hamburger avec fromage ? Un rapport anal, c'est aussi génial qu'on le dit ? [] Qu'ils aient des abdo, qu'ils conduisent des Chevrolet Camaro, qu'ils matent la télé le vendredi soir comme n'importe quel ado ! Moi, je n'ai jamais vu un seul épisode de Deux flics à Miami, [] pas un ! Je n'ai pas eu de vie [] ! J'ai été élevé comme un veau, franchement !»

Dans une autre, Dieu n'est vue que comme un simple exécutant, loin d'être omnipotent, il a lui aussi des délais à tenir. Quand Bloom sort indemne de l'accident qui devait le tuer, Dieu descend sur Terre, en personne, histoire de finir le travail.

Attention Dieu méchant est donc à lire ! C'est court, léger et amusant.


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