Petit rappel préalable : après mûre réflexion si je dois m'apparenter à un courant philosophique quelconque, je pense que ce serait le nihilisme au sens où (comme je l'ai lu sans pour autant me rappeller où) : "Tout système placant une ou plusieurs valeurs au-dessus de l'homme, s'apparente à une religion".
Ceci implique que je ne m'attends pas à voir une sorte de justice suprême régir le monde, pour moi un film réaliste est un film où les salauds s'en sortent mieux que les gentils ; ça démontre les qualités d'observation du scénariste.
Ces considérations énoncées, la seule chose que l'homme me semble en droit de réclamer est la propriété du fruit de son travail. Ceci implique par conséquent le respect de son choix de réinvestir ces fruits dans du capital ou de les céder comme bon lui semble. Naturellement par propriété, j'entend pleine propriété et ces petits impôts qui pimentent notre quotidien et ont tendance à nous irriter sont des entorses à ce droit de propriété.
Ce petit rappel terminé voici quelques unes des critiques majeures que j'oppose à ce monument à la connerie humaine qu'est la sécurité sociale française.
Croire que l'égalité est possible est un symptôme idéologique
La principale idée sous-jacente derrière la sécurité sociale est celle des "droits à" : droit à la santé, droit au logement, droit à l'éducation, un grand nombre de chose qu'on peut évidemment souhaiter à un grand nombre de gens, mais qui me fait penser qu'il faudrait peut-être limiter les stupéfiants avant de toutes les défendre.
Tous les hommes doivent pouvoir exiger logement, santé et éducation, n'hésitons pas rajoutons amour et vie éternelle... Derrière ces idées le mythe de l'égalité, non pas devant la loi, mais devant la vie. L'état remplace Dieu et affront des inévitables "Seigneur, pourquoi l'engin de Rocco est-il plus gros que le mien ?". A défaut de pouvoir assouvir ces rêves de grandeur, c'est un inévitable nivellement par le bas.
La qualité des services de santé français, en décroissance croissante (formulation un peu lourde...), n'est que là pour illustrer mon propos.
Vous avez déjà eu l'occasion de parler du temps d'attente subit au urgence, des médecins exténués, certains ne parlant pas le français, des conditions d'hygiène plus que limite et ... des cliniques privées. Ca marche mal, mais c'est pour tout le monde pareil !
Un monopole ne peut engendrer que des situations de mépris du consommateur
Pour renforcer le constat précédent, je me dois également d'évoquer une autres des particularités de la Sécurité Sociale : elle est en pur situation de monopole. Mais qu'engendre donc le monopole de si horrible ?
(Attention les mots qui vont suivre concerne la plus part des grosses structures française : Etat, éléctricité, communication, santé, transports, ...)
Un entreprise (oui les trucs horribles avec des actionnaires dedans) qui n'est pas en situation de monopole affronte une pression constante de la part des concurrents pour sa survie. Elle lutte donc pour rester en place et croitre avec ses propres armes et agit sur différents types de leviers d'actions :
- Réduire ses coûts unitaires en améliorant ses process, modifiant ses produits ou en trouvant de la matière première moins cher ;
- Améliorer sa valeur ajoutée en modifiant ses produits, en améliorant son image ou en développant son offre ;
- Se différencier en construisant son offre par rapport à celle de la concurrence de manière à satisfaire d'autres consommateurs.
En situation de monopole, l'équilibre est brisé et l'entreprise se focalise sur les attentes de ses dirigeants (actionnaires quand il y en a); le consommateur est oublié puisque quoi qu'il arrive, il n'a pas le choix. Le travailleur spécialisé, lui aussi l'a dans le cul et s'il part c'est pour devoir repartir de 0 dans un domaine où il est sans qualification.
La Sécurité Sociale est des pires monopoles qui soit : ceux d'état, inaltérable, elle pose donc les règles comme elle le souhaite. Elle choisit ce qui est bon pour vous (exit les médecines alternatives par exemple), diminue les services, augmente les prix (elle s'en balance, vous allez rester et vous allez payer), vous laisse vous emmêler dans une administration tentaculaire qui n'existe que parce que l'état trouve que c'est cool de créer des emplois et y voit un bon moyen de décourager certaines demandes ou l'exercice de certains droits énoncés plus haut (finalement n'a pu), plus récemment, elle vous dit même où aller vous faire soigner.

Les conséquences des systèmes de solidarité forcées sont profondément injustes
Friedman l'a dit : "les repas gratuits n'existent pas", la santé gratuite non plus, et le père Noël non plus (mais ça, ça ne vient pas de Friedman). En clair, il y a toujours quelqu'un pour la payer la Sécurité Sociale, un enculé de riche, certainement, un gripsou... Malheureusement on est tous le riche de quelqu'un, et finalement c'est un peu tout le monde qui paye. Les conséquences de ce paiement obligatoire de l'impôt bisounours sont tout simplement de diminuer la quantité d'argent disponible pour les personnes.
La conséquence pour le pauvre (le gentil de l'histoire) n'est pas extrêmement déplaisante, il a ses soins dans un hopital publique qui a ses défauts mais qui a le mérite de l'accueillir sans le faire payer. Pour le riche (lui méchaant !), il se fait un peu enculer, mais entre deux cigares et le licenciements d'un employé il se refait pour le reste il s'en fout, il connaît l'hôpital publique, il et préfère le privé. Pour le mec du milieu, pauvre pour le riche et riche pour le pauvre, l'histoire devient plus cocasse, on le rase copieusement pour lui apprendre la solidarité et du coup, du coup plus question de clinique privée ; on lui sacrifie ses choix de santé au profit d'autres.
Un collègue m'a dit cette semaine quelque chose qui m'a profondément choqué : "j'avais un meilleur niveau de vie à 1300 € par mois de salaire qu'à 1700 €". A méditer et à ruminer.
*
Au fond le meilleur argument pour la sécurité sociale (sans majuscule et au sens large), c'est la peur ; la peur d'être un jour dans la merde et de pouvoir à son tour en profiter.

