mardi 13 mars 2012

Jean-Luc Mélenchon - Qu'ils s'en aillent tous ! Moi d'abord !

Jean-Luc Mélenchon et son pseudo bouquin de réflexion «Qu'ils s'en aillent tous !».

C'est vrai : «qu'ils s'en aillent tous», à commencer par le Père Noël, Oui-oui, Jésus Christ, Karl Marx et Mélenchon qu'on puisse avoir un peu de place pour réfléchir.

Jean-Luc, il est sympa, il a une bonne bouille de p'tit père des peuples, je ne peux m'empêcher de penser au dernier livre aussi ridicule que le sien que j'ai lu ces derniers temps, celui de Stéphane Hessel. C'est la première fois que je me tape un bouquin de politique politicienne, reconnaissons-le c'est aussi dénué d'intérêt que les autres interventions médiatiques de l'auteur. C'est malsain, biaisé et limite mensongé (de l'autre côté de la limite).


Ce n'est pas un livre d'analyse, puisque rien n'y est expliqué sous prétexte de breveté. Ce n'est pas un programme puisque rien d'autre n'est proposé d'autres que de voir des «citoyens» arrêter de penser à eux et de détrousser les riches (pas vous hein, les riches), ce n'est pas une déclaration d'intention puisque c'est trop long... Qu'est-ce donc ? Un ouvrage de propagande ? Peut-être. En tous cas, une solution adéquate en cas de pénurie de papier toilette, adéquate pour du court terme, irritante sur du long terme... C'est que c'est fragile.

Question fragilité et sensibilité Mélenchon nous sert copieusement, avec cependant la retenu d'un bon gastronome... Comme Hessel, Jean-Luc a l'indignation sélective. Il ne nous jouera pas l'Alzheimer (trop jeune), nous mettrons donc cela sur de la simple mauvaise foi pour vous expliquer que tout vos maux viennent du marché, que la Russie, le Venezuela et la Chine forme des idéaux démocratiques. Le mal c'est l'Allemagne, l'Angleterre, l'Europe et ... et ... et ... li'stazouni.

On prend des pincettes, on allume à tout berzingue, on ne nomme surtout pas ce que l'on veut. On est en plein maccarthysme, on ose pas prononcé le mot, peut-être au détour d'une phrase, du bout des lèvres : communisme.


Refusant de prononcer le nom de son église, Jean-Luc a néanmoins choisi ses ennemis : libéralisme, capitalisme et néolibéralisme... Comment parler de libéralisme dans un pays où l'on a plus de 50 % de prélèvements obligatoires ? C'est-à-dire que chaque personne ne dépense de manière libre que la moitié de ce qu'elle produit. Quand au néoliberalisme, j'hésite à me prononcer ne sachant bien définir le terme. S'agirait-il de l'état de pensé de Keanu Reeves (LE Neo de Matrix) après qu'il ait lu l'intégrale d'Adam Smith (LE papa du libéralisme) ? Si le but est de taper sur les suceurs de sang que sont les grandes entreprises françaises, je propose les termes : capitalisme de connivence, capitalisme à la papa... La réglementation en vue de bloquer l'accès aux nouveaux entrants et favoriser les oligopoles n'est défendus par aucun économiste libéral à ma connaissance. Non ?

Non effectivement...  Jean-Luc s'y attaque plusieurs fois dans son ouvrage son ennemi n'est pas vraiment ce que j'ai cité. Son ennemi, c'est le libre-échange (tel quel dans le texte) et les bandits qui peuvent agir au sein du libre-échange servent sa cause...

Synthétisons : «On m'a vendu un produit défectueux que l'on cesse donc le libre-échange !»

A ce niveau c'est de la propagande. De la bonne propagande qui s'insinue dans des expressions étalées comme des vérités acceptées et donc non explicitées. Par exemple :
  • Les bénéfices sont des «taxes privées»... Une taxe est quelque chose de pris arbitrairement et sans consentement du payeur pour les raisons choisies par le législateur, les bénéfices sont la trace d'une production de richesse au sein de l'entreprise, on a produit plus que cela nous a couté. Si l'on est pas d'accord sur cet état de fait, je l'implore : qu'on en discute, que l'on détaille... Jean-Paul aurait sa place dans une église, il déclare de manière solennelle regardant le ciel droit dans les yeux, ce n'est pas une idée c'est un dogme.
  • Au détour d'une phrase on présente les rentiers et les productifs comme étant opposés. C'est au détour d'une phrase, on ne l'explique pas. Je l'explique donc, l'entreprise rassemble en son sein des facteurs de production : du travail mais aussi des outils et de la matière première, celui qui fournit l'un d'eux grâce à sa richesse participe à la production en lui permettant d'avoir lieu. Il est productif, même s'il n'est pas travailleur. Même si ça fait signer des camarades de la CGT, ça reste faux de prétendre le contraire. Mais là encore, une simple tentative d'explication aurait suffit à préserver un sentiment d'honnêteté.

J'ai parlé église, mais JLM n'aime pas trop les religions. Phénomène étrange cependant pour celui qui manie la plume comme on manie un chapelet, répétant sans cesse la même rengaine sans jamais se poser la question du pourquoi. Page 20 : «[Pour devenir citoyen], il faut s'arracher à tous ses préjugés et à son intérêt personnel, pour proposer ce qui sera bon pour tous», quand on me parle collectivisme de grande échelle, je m'interroge sur l'histoire : où ? quand ? Il peut éduquer le citoyen à coup de contrôle des médias (c'est dans l'ouvrage), à coup de camp de rééducation (ça, c'est un ajout perso), ce qui est bon pour moi aura toujours la primeur de mon choix. Je ne connais pas ces autres gens pour lesquels tu me demandes d'agir coco (notez le jeu de mot). L'individualisme est un état de fait, le collectivisme une négation de ce qu'est l'être humain. On peut marteler l'inverse, ça ne change pas la vérité.


Je pense que l'on peut penser un socialisme qui ne nie pas l'individualisme, un socialisme qui ne veut pas faire de chacun un mouton décérébré prêt à mourir pour la nation (Tiens Marine ! Salut, qu'est-ce que tu fous là ?). Ce socialisme n'a pas de place dans les propositions de Mélenchon, son programme c'est le tout-état, ses références sont celles précités. Ce candidat vous parle d'avenir ? Je suis quasiment sûr de ne pas avoir lu le mot «Internet» dans l'ouvrage, peut-être parce qu'il aurait été bon de placer à côté «liberté d'expression».

Un dernier mot avant quelques points de détail : dans l'hypothèse d'une élection (hypothèse nulle pour les statisticiens) une fois que Jean-Luc aurait fini de financer sa première année à coup d'expropriations, la seconde fera très mal, quand les entreprises seront parties, quand les créateurs de valeurs auront suivi l'invitation de ce titre : partir, voir fuir ce pays et les tarés qui l'habitent ! Ces gens seront loin, l'année 2 sera l'année du grand vide, j'espère que les réformes de planifications économiques (mode URSS) auront portées leurs fruits, sinon on va se ronger les doigts pour faire passer l'hiver.

Rassurons-nous, Jean-Luc fait juste de la propagande, il sait aussi bien que vous qu'il n'a aucune chance.


Quelques autres points pour la route :

Page 27 : «Pour [être un citoyen], il faut pouvoir "prendre de la distance". Avec son intérêt personnel et ses préjugés.»

Page 50 : nombreuses références à la nuit du 4 août 1789, nuit qui aurait conduit à la limitation des rentes... Cette étape de l'histoire est connue principalement pour l'abolition des privilèges, pas pour la limitation des rentes. Mais bon, tordons l'histoire comme bon nous semble, elle nous le rendra...

Page 85 : démontage en règle du manque de laïcité de Sarkozy, je ne suis pas contre sur le principe hein, mais quand c'est chasser un dogme pour en mettre un autre ça me fait toujours sourire. Le communisme est la plus récente des religions monothéistes, son dieu : une création éthérée que l'on appelle le peuple, cette raison de vivre et d'avoir faim qui secoue encore des estomacs à Cuba et en Corée du Nord.

Pénurie de laxatif ? No soucy, le blog de Méluche est là


9 commentaires:

  1. Les fôtes d'ortografe, par pitiéééééé
    Dommage, ça gâche un peu le fond du discours libéral

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    1. Je viens de faire une petite passe pour clarifier un peu et retirer des fautes. En espérant avoir nettoyer le plus gros.

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    2. Bon, c'est mieux, mais y en reste !
      Je suis un peu maniaque, faut dire.
      Et never mind the bollocks !

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    3. Je corriges, mais je prends pas la mouche hein ;) Je suis preneur si tu veux me les indiquer.

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    4. "Je corrigE", sans le S !! :D
      Si tu lis H16, tu lis contrepoints ?...

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    5. Elle ne compte pas celle là, elle est dans un commentaire ! Ca m'arrive de lire contrepoints oui, pourquoi ?

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  2. Bah, comme ça, je trouve que c'est une lecture intéressante et qui sort des sentiers battus.

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    1. Hum, non, nuance ! Proudhon c'est une lecture intéressante qui sort des sentiers battus pour un mec qui lit Contrepoints. Mélenchon c'est une lecture de merde bien qu'elle sorte des sentiers battus.

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    2. Euh, je voulais dire que j'appréciais la lecture de CP, tout simplement ! Concernant la Méluche, on est bien d'accord

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