mercredi 23 décembre 2009

Copenhague, gouvernance mondiale et petits délires paranoïaques

C'est donc avec un plaisir non dissimulé que j'ai entendu les journalistes me conter l'échec de la conférence de Copenhague dont le principale enjeu me semblait être de légitimer l'apparition de droit de douane travestis en taxe carbone (bref un corps de douanier 100% coton). Le CO2 serait un argument sublime pour faire ce que tout le monde a envie de faire depuis quelques années : du protectionnisme.

Conséquemment à ceci, je dois reconnaître que les reportages des mêmes précédents journalistes m'avaient fait coquinement vomir. Tous ces militants alter-mondialistes étaient passé du statut de vils casseurs à celui de sympathiques militants écolos désireux de sauver la planète. Parmi eux, j'en retiens deux stéréotypes :

  • Paolito, agriculteur d'un pays du tiers monde qui vient expliquer qu'il voudrait bien pouvoir continuer à bosser, mais qui aurait dû également expliquer comment il a financé un voyage dont le coût devait atteindre la valeur des possessions terriennes de l'intéressé. Qu'il m'explique également comment peut-il espérer un avenir meilleure en bridant les exportations ? Paolito espérait certainement les milliards d'aide dont ils étaient question pour les pays à développer, ..., super écolo n'est-ce pas ?
  • Gunter qui entre deux pétards expliquait qu'il venait ici pour dire à ses enfants qu'il avait fait quelque chose pour sauver la planète, sympa comme type. Qu'aurait-il répondu à la question : "Dit Papa pourquoi je ne peux pas déménager ou acheter à l'étranger à cause de leur connerie de bilan carbone ?"
Au-delà de cela, les médias évoquaient un échec dans l'idée de faire émerger une gouvernance mondiale. Cette notion de gouvernance mondiale me fait frissonner l'échine. Il est quand même assez déplorable de constater le niveau démocratique moyen de la planète ; et même si l'UMP prend en exemple le gouvernement chinois, leur potentiel interne est ce qui est le plus inquiétant.

Tous ces gentils journalistes se trouvant pris dans les méandres d'une bonne conscience nouvelle et d'un altruisme singulier qui leur donnent du coeur à l'ouvrage quand il s'agit débiter les stéréotypes populaires et gouvernementaux ; ces journalistes nous parles de gouvernance mondiale, l'ONU version Franco.

Parce que le jour où gouvernance mondiale il y aura, cette gouvernance risquera plus facilement de leur demander gentiment de la boucler plutôt que d'agir pour le bien commun. Alors que tous le monde applaudissait il n'y a pas si longtemps lorsque l'on parlait de décentralisation aujourd'hui c'est la marche inverse. J'ai deux objections à ce points.

La première c'est que la démocratie, telle qu'elle est conçu dans notre monde a fait preuve de son inefficacité à mainte reprise. Je m'abstiens d'énoncer la quantité de dirigeants qui peuvent illustrer cette déclaration, ...cherchez bien. Ainsi je ne pense pas qu'à l'échelle mondiale le désastre soit moindre, par contre les conséquences elles en seraient plus grave. J'ai peine à imaginer un Staline à la tête d'une gouvernance mondiale... L'intérêt de l'éclatement du pouvoir est pour moi le même que celui de la diversité sur le plan des écosystèmes, la défaillance d'un élément isolé est compensable par d'autres éléments de l'ensemble. Cette logique qui inspire également bien des modèles de marchés est peut-être vue comme has been puisque "le marché a montré ses limites" ?

La seconde c'est que plus on centralise ces pouvoirs, plus on doit mettre en place une structure rigide s'éloignant toujours plus des individus qu'elle est censée servir. Cette structure est nécessaire car elle a pour but de permettre de gérer la quantité et son caractère éloigné de l'individu est également inévitable pour la même raison. L'illustration la plus claire de mon propos pourrait être ce socialisme à la française et ses tonnes d'administration toutes plus incompétentes et irresponsables les unes que les autres. Ces administrations où la moindre démarche se perd au sein d'un méandre de paperasses, de demandes d'informations redondantes et d'arbitraires individuels d'une poignée de fonctionnaires maitres du monde l'espace d'un instant de part le monopole imposé par leur patrons.


5 commentaires:

  1. Très intéressant! Tu n'as pas l'impression d'entendre dans tous ces beaux discours "écolo", comme un message subliminal: "Vos paupières sont lourdes, chers citoyens, de plus en plus lourdes... Le réchauffement, c'est loin, dans les pays pauvres. On va leur donner des sous pour qu'ils la ferment et pour vous, chers citoyens, on va réduire les émissions de CO². Et vous verrez, tout va bien se passer. Les experts l'ont dit!"

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  2. Oui c'est un peu mon sentiment. J'ai l'impression que la classe politique mondiale s'est mise d'accord sur un problème qui légitime de faire leurs interventions. Du coup c'est la faîte, je trouve que dans cette histoire la science a également une très mauvaise position.

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  3. Excellent article.

    MiKa

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  4. Je voudrais juste faire une remarque.
    C'est pas la science qui prends une mauvaise position mais les hommes de sciences.
    Comment un homme peut aller à contre courant de l'idée de celui qui le paye: l'état (car il faut rappeler que c'est de la que viennent les financements).
    En tout cas il ne le peut si il suit les conventions morales. Car oui c'est très mal vu de ne pas donner satisfaction à son patron. Alors ils falsifient certains résultats.

    Le patron a donc entendu ce qu'il voulait entendre et le petit employé peut continuer son petit travail de scientifique falsificateur de vérités.

    Tout cela au service de la future servitude de ces enfants dont il déplorera le sort.

    Je suis chimiste donc je sais de quoi je parle.

    Il est clair que tout n'est pas faux non plus. Des solutions existent mais les politiques n'en veulent pas.Ils ne veulent que le problème et le régler à leur manière. La zéro émission de gaz à effets de serre est presque possible.

    Enfin, tout ca se ramène à nouveau à un problème de liberté dans le sens ou les scientifiques se livrent d'eux mêmes aux chaînes de la politique.
    Or celui qui peut mettre les fers, on a aucune raison de s'en préoccuper puisque si on est libre, on méprise la servitude.

    En tout cas je me suis fait virer pas mal de fois durant mes études pour avoir tenu de tels propos face à certains profs. Mais ca ne m'a pas empêcher de camper sur mes positions puisqu'elles expliquent la situation en bien.

    la science n'est pas un outil de la politique comme ne l'était pas la religion il y a quelques siècles. Le problème vient encor et toujours des hommes.

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  5. Merci pour ce commentaire intéressant, je viens presque à regretter d'avoir laissé activée l'option "Anonyme".

    Quand je disais que la science était en mauvaise position, je pensais aux retombées en terme d'image même si c'est vrai qu'on ne peut retenir que les individu comme fautifs.

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