jeudi 10 janvier 2013

Et si on reparlait de l'Etat-providence français

L'objet de cet article est de mettre les pratiques françaises en matière d'Etat-providence à l'aune de la réalité.

L'Etat-providence a pour idée générale de venir servir les individus en leur garantissant un certain nombre de droits positifs, c'est-à-dire de droits créés par l'homme plus qu'issus d'une notion de droit découlant des règles de la nature. Généralement ces droits ne sont pas des libertés affirmées, mais des "droits à quelque chose", comme le droit au logement. Nous considérerons le "droit à une santé gratuite" et le "droit à un revenu minimum".

Commençons par le "droit à une santé gratuite". La raison qui fait que personne ne quitte la France. La chose qui fait que dès que tu croises quelqu'un qui vit à l'étranger et qu'il te dit qu'il y est bien, tu te dois un : "oui, ok, mais la santé là-bas". L'argument suprême face à n'importe quelle contradiction sur le taux de prélèvements obligatoires du pays : "oui, mais bon, tu vois aux Etats-Unis ils ont moins d'impôt, mais si tu n'as pas d'argent tu crève dans la rue".

Notre sécurité sociale, fait des envieux dans le monde entier. Qui ne rêve pas aujourd'hui d'une santé à deux vitesses entre privé et public ? Qui ne rêve pas, de ces quelques centaines d'euros qui partent chaque mois à différentes lignes de sa fiche de paye ? Le financement de la santé "gratuite" de la France est structurée autour d'un bordel monstrueux. D'une part des acteurs publique, comme la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), le RSI ou encore la CMU pour les plus démunis. D'autre part une myriade d'acteurs privés, des mutuelles principalement, qui viennent combler les trous de la coque de ce fier navire qu'est la sécurité sociale. Quand on y réfléchit bien, l'existence même de mutuelles privées est le symptôme le plus criant de l'échec de cette santé gratuite, universelle et de qualité. Si tu as besoin d'une mutuelle pour te payer tes soins, on est bien d'accord que la sécurité sociale ne couvre pas tes besoins à elle seule ?

Dans la même veine, on a souvent en tête que la sécurité sociale est un acquis en France. C'est faux. L'individu peut se retrouver hors de cases de l'administration s'il n'y prend pas garde, même s'il y a effectivement des entités pour couvrir ceux qui n'ont droit à rien (CMU), il n'y a aucun automatisme. Le joli système qui prend soin de ta vie sous réserve que tu paye ton CERFA. Notons également au passage que les gentils formulaires à remplir contiennent des cases te demandant des choses, par exemple : si tu acceptes de respecter toutes les normes nationales qui font de l'aide publique quelque chose d'acceptables. Donc, en fait, sous réserve de ta promesse de chercher à travailler à tous prix, tu as ta "sécurité de la santé".

Benjamin Franklin te l'a dit pour tant : "Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux.". Tout est plus ou moins fait pour que tu ne rentres pas dans les dites cases, et j'aurais peine à voir la froideur de l'administration devant la brebis galeuse marchant en dehors des cases ? "Désolé Monsieur, la France est un très joli pays, mais votre survis nous coûte trop cher".

Autre élément qui fut un des cinq piliers de l'Etat-providence français le chômage... Quand je pose la question : "Pourquoi rendre obligatoire la cotisation à une assurance chômage ?". On me répond qu'il s'agit d'une responsabilité qu'on ne peut laisser aux individus. L'Etat s'occupe pour eux de "penser à épargner" et leur fournit une continuité dans leur revenu en cas d'interruption d'activité. Cet angle de vue exclu certains éléments : en plus de n'offrir le choix à personne ce n'est pas un système d'assurance standard. Vous avez oublié de lire la petite étoile en bas à droite de votre contrat social. La petite étoile dit que ce système, en plus de vous ôtez la liberté de disposer de votre argent comme vous l'entendez, vous retire d'autres libertés.

Le chômage ne t'est pas accessible si jamais tu quittes ton emploi de ton propre chef. Le monopole de la rupture acceptable de votre contrat de travail est laissé entre les mains de ton employeur.

Le chômage t'est également retiré si jamais vous décider d'aller chercher fortune à l'étranger (sauf arrangement locaux).

Le chômage t'est également retiré pour vérification de leur part ou oublie de tes obligations administratives.

Ainsi deux questions importantes :
  • Autour de la santé : est-il raisonnable que l'Etat se donne à charge tant de missions alors qu'il a déjà bien du mal à assumer ce qui fait partie du régalien (sécurité, justice) ?
  • Autour du chômage : est-il raisonnable que l'Etat prenne pour devoir de mettre en place un système vicieux et inutile quand les assurances traditionnelles privées en sont au moins autant capables ?
Illustration piquée chez Jean-Felix Brouet


lundi 3 décembre 2012

ITU et le CMTI-12 : des nouveaux sigles pour s'occuper de la censure d'Internet

Il est difficile de passer quelques mois à peu près informé sans voir un nouveau sigle imprononçable venir agir de manière innommable contre Internet. A celui-ci, une réponse avisée s'avère souvent être GTFO ("Get The Fuck Out" : "casse-toi !").

Mise en bouche

Posons les choses simplement. Aujourd'hui, Internet est une source d'information, d'enseignement, d'innovation, de création de richesse, de changement sociétal et pas simplement de divertissement. Tout aussi simplement, la liberté d'expression dérange, on peut penser au subversif WikiLeaks mais plus proche de nous en France, on peut penser à l'affaire Jean Sarkozy où le buzz a finalement permis d'empêcher l'accession du fils du président à la tête d'une entité publique. Il est facile de censurer la presse en France tant tout dépend du politique et les groupes de presse majeurs sont peu nombreux, c'est plus dur avec Internet ; car Internet c'est vous, c'est moi, c'est nous pour le meilleur et pour le pire.

Bien sûr, officiellement, seuls quelques pays affichent une position ouverte de censure, les pays occidentaux remercient les terroristes et les pédophiles. L'Australie est un bon exemple sur le sujet, de nombreuses mesures mises en place contre les pédophiles se retrouvent finalement utilisées à d'autres fins. Deux tiers des sites censurés sont sans lien avec la pédophilie. Plus récemment les USA ont bafoué leurs lois pour mettre Megaupload à terre, quelques mois plus tard une étude explique que : "non, les revenus du cinéma ne s'en portent pas mieux". Chez nous français, Sarkozy a déjà déclaré qu'il voulait voir internet sous le contrôle de l'état (citation exacte appréciée), en 8 ans l'accès internet a augmenté de plus de 10 €, Hollande ne fait pas mieux, ses propos sur la fin d'HADOPI sont restés de veines paroles.

ITU CMTI-12 ! WTF ? GTFO ?

Passons donc à notre sigle du jour, ITU. L'ITU (International Telecommunication Union) est une organisation dépendant de l'ONU qui historiquement s'occupait des télégraphes, avec le temps, elle est passée au domaine des télécommunications. Ceci lui a évité à la fois l'obsolescence et le changement de sigle. Cette organisation se préoccupait jusqu'à aujourd'hui de thématiques assez ennuyeuses : des normes, mais aussi, plus sexy, de favoriser l'accès à Internet dans le monde.

2012, cette organisation se réunit à Dubaï pour une conférence CMTI-12 (12 étant le millésime). Quand on m'a dit qu'il y avait un problème je suis aller m'informer sur le site de l'ITU où, globalement, tout est mignon tout plein, je ne sais pas qui écrit les textes, mais c'est clair qu'à première lecture ils ont l'air SYM-PA.

Donc me voilà parti à creuser un peu, l'information m'étant parvenue par le biais de Contrepoints je finis par suivre un des liens qui m'a été envoyé pour finalement regarder la vidéo présente vers le bas du site de l'Internet Coup (sous-titrage en français disponible). L'ITU va tenter de faire valider à la CMTI-12 une extension de son domaine de compétences pour imposer des obligations entre les Etats membres sur le fonctionnement d'Internet et sa réglementation.

Internet n'a pas besoin d'une autorité centrale, il a été conçu pour celà.

Internet n'est à la base qu'un protocole qui a abouti à la mise en place de réseau de réseaux sans avoir besoin d'un chef d'orchestre au milieu. C'est un réseau décentralisé (autre article intéressant si le terme ne vous parle pas), il n'a donc pas besoin d'autorité centrale. S'il n'y a pas d'autorité centrale, il devient donc très difficile d'imposer des choses sur Internet : de la censure, des taxes ou encore de l'espionnage de vos communications.

L'ONU à la suite de la SDN a été créé pour être un lieu de discussion entre nations. Aujourd'hui pour réguler la finance, pour réguler Internet, des gens en font un super Etat mondial. Nous, individus, ne saurons que souffrir d'une gouvernance mondiale à laquelle aucun territoire ne nous permettra d'échapper. La gouvernance mondiale est une chose mauvaise.

Mettre une autorité centrale qui peut réglementer Internet c'est ouvrir des portes sur :
  • La fin de l'anonymat (déjà proposée en France par Nadine Morano et, avant elle, Jean-Louis Masson)
  • La non neutralité des réseaux (déjà mise en place par certains FAI en France et fortement appuyée par France Telecom Orange, elle pourrait devenir la norme)
  • La taxation des e-mails (déjà proposée à l'échelle européenne par Alain Lamassoure)
  • La censure (déjà pratiquée par la plupart des pays, y compris les pays occidentaux, le contrôle de la pensée n'est pas l'apanage des dictatures d'Amérique du Sud, d'Asie ou des théocraties musulmanes)
  • L'espionnage de vos communications (la présence de proxy à l'étranger permet déjà à beaucoup de jouer sur la non-coopération entre Etats pour naviguer de manière un peu plus tranquille).

Un peu de contenu concret

Je n'aime pas demander aux gens de me croire sur parole, c'est pourquoi au début j'avais du mal à m'imaginer en train d'écrire un article sur du vent ou sur la simple confiance dans les nombreuses associations de défense du net.

Vous pouvez trouver le projet de réglement de l'ITU qui sera discuté à la CMTI-12 sur cette page (ainsi que quelques unes des réponses qui y ont été formulées).

88 pages, sans lien qui fonctionnent à l'intérieur, c'est long, c'est chiant.

Page 22, évolution 29, en particulier CWG/4/116 : on ne parle plus d'administrations, mais d'exploitants, ceci pour introduire comme principe de base la "facturation au départ". Par exemple, on demandera à YouTube de payer les différents fournisseurs d'accès pour que vous ayez accès à une vidéo qui ne rame pas. C'est la fin de la neutralité du net, et, bien que Google, très noblement, s'oppose à celà, c'est la meilleure garantie pour voir la fin de l'émergence de nouveaux acteurs sur Internet, et, potentiellement, la fin de la gratuité. On note également l'introduction d'une dimension politique dans ce qui est attendu des Etats membres. Bien qu'étant libéral, je vous fais remarquer que l'idée que c'est aux administrations de fournir des infrastructures est totalement effacée. Ceci me semble aussi prématuré que de privatiser les routes dans des pays où il n'y a qu'une seule assurance santé centralisée.

Page 23, évolution 30 : les Etats demandent une tracabilité de l'acheminement des données sous un prétexte de sécurité et de lutte contre la fraude.

page 24, évolution 30 : la neutralité est affirmée du point de vue des usagers. En gros, on ne traitera pas Paul de manière différente à Jacques. Mais ceci ne changera rien, on traitera les usagers différemment de fait car ils iront sur des sites différents à qui on demandera de payer pour l'acheminement de leurs données.

page 24 à 28, évolution 31* : les états ont les contrôles des moyens de communications utilisés sur leur territoire. Selon moi, cet article pourrait conduire à exiger que les état collaborent entre eux pour s'assurer un "droit de censure" sur leur territoire.

page 32, évolution 35, CWG/4/73 : la porte ouverte est laissée pour interdire l'accès à des personnes au réseau sous prétexte de "risque pour le matériel ou les personnes". Dans le cas de WikiLeaks, on pourrait arguer que leur révélations présentent des risques et donc simplement les débrancher du réseaux.

Vous seriez étonnés du nombre de pages (32 à 39 environ) de blabla écrites pour être de simples déclaration de bonnes intentions.

Page 39 à 42, évolution 41D : dispositions relatives à la cybercriminalité, la cybercriminalité ayant un sens très large, on peut craindre des usages inappropriés.

Page 43 à 56, article 6 : les dispositions de taxations internationales sont fixées par le réglement, peu d'impact sur la liberté d'expression, mais, est-ce nécessaire d'avoir une seule règle dans le monde entier ?

Page 56, article 7 (inchangé mais intéressant) : droit est reconnu "de facto" aux Etats de suspendre leurs télécommunications. Jugez celà comme bon vous semble à la lumière de ce qui se passe en Chine, Iran, Syrie et Egypte.

page 62, évolution 63 : les Etats membres n'ont plus de droit de réserve possible.

Votre mission pour aujourd'hui et pour demain

Pour aujourd'hui, ce sont les Etat qui votent. Parlez (ou écrivez) à votre ministre, à votre député, à votre président. Par principe, c'est important que nous nous opposions à ce surplus de réglementation qui nous étouffe tous les jours. Sur ce cas particulier, ce texte vient directement instaurer la non neutralité des réseaux, c'est mauvais.

Pour demain, l'IDL Internet Defense League vous informe à travers ses Cat Signal, c'est l'équivalent de cette chauve souris projetée dans le ciel pour appeler Batman, à part que cette fois le super héros c'est vous ! Ces petits sigles assassins n'en sont pas à leur première tentative ni à leur dernière.

Illustration 1 trouvée ici
Illustration 2 prise sur le site de l'IDL
Toutes reproductions et traductions sont autorisées en CC BY-SA 3.0


mercredi 28 novembre 2012

Der Untergang

On dit que l'histoire est écrite par les vainqueurs, c'est assez vrai lorsque l'on regarde les films qui parlent de la seconde guerre mondiale. Je n'ai pas souvenir d'en avoir vu beaucoup comptant ces années depuis le point de vu des allemands. Attention légers spoilers.

Der Untergang, La Chute en français, raconte les derniers jours de la vie d'Adolph Hitler. Cerné par les forces soviétiques au sein de son dernier bastion berlinois sous le regard le regard de sa secrétaire, Traudl Junge, il est devenu le pantin d'une guerre qu'il a perdu. Cette histoire est celle de la prise de conscience du Reich que la défaite et présente et que le national socialisme devra encore attendre quelques années.

Hitler n'est pas forcément présenté sous le masque d'un monstre sanguinaire qu'on aime généralement lui attribuer. Il a des idées qui ne sont peut-être (voir certainement) pas celles du spectateur mais il a aussi des émotions. On le voit sous l'angle du leader qui ne veut pas accepter la défaite, il navigue entre résignation et délire. A dire vrai le seul personnage vraiment odieux et détestable en tout point est celui de Goebbels, le ministre de la propagande.

Face à la défaite on observe aussi le comportement des généraux du Reich divisés en deux attitudes, de ceux qui veulent éviter les morts inutiles et de ceux, jusqu’au-boutistes qui ne veulent pas renoncer à leur honneur ni s'offrir un deuxième traité de Versailles et préfèrent le suicide de la nation à sa reddition. L'archétype de cette orgueil mal placé est peut-être le couple Goebbels qui préfère empoisonner ses enfants qui "sont trop bons pour un monde sans national socialisme". In fine, j'y ai vu une intéressante opposition entre un pragmatisme pensant au futur et un patriotisme forcené qui voit dans la mort une ultime gloire.

L'horreur de la guerre est dépeinte dans tout ce qu'on lui a donné pour s'exprimer en cette année 1944 à Berlin : des enfants soldats, aux épurations de dernière minute en passant par les mutilés de guerre. Je pense qu'elle est à mettre en parallèle avec l'humiliation (du moins selon les manuels d'histoire) qu'a ressentie le peuple allemand à la suite de sa défaite lors de la première guerre mondiale. La volonté de ne pas revivre cette humiliation est souvent présentée comme la première des raison de ne pas accepter la rédition et donc les horreurs de cette politique de la terre brulée.

A voir autant pour la qualité de la réalisation que pour sa valeur historique.


mercredi 7 novembre 2012

Skyfall

Soyons prévenu immédiatement vous avant la lecture, moi avant l'écriture, cet article risque de spoiler un poil. Skyfall est à mon sens un des pires 007 qui ait été réalisé, même devant Aux Services Secret De Sa Majesté qui n'était pas vraiment un des chef d'oeuvres du septième art. Je vais donc me passer les nerfs en mentionnant les quelques points qui sont vraiment pires que d'habitude, j'épargnerais les incohérences que l'on trouve traditionnellement dans un Bond, qu'il s'agisse de ses attentes longuettes d'un sociopathe pour mettre fin à la vie de James ou encore des sessions piratages de moins de 10 secondes à travers 1000 ordinateurs proxy dans le monde pour contrer à un algorithme de cryptage asymétrique ou encore le crackage d'un cryptage oméga ayant pour mot de passe le nom d'une station de métro.

La seule chose qui tienne la route ce sont les effets spéciaux, même la réalisation est douteuse par moment. Mais nous allons commencer par mettre le scénario au feu dans la mesure où c'est là que prenne naissance la moitié des défauts du film.

La propagande

Premier point, sans lequel je n'aurais peut-être pas écrit cet article. Ce film est un film de propagande, le scénario est le meilleur geste de l'Angleterre pour montrer son application dans l'organisation la mise à mort Wikileaks. Si vous avez un doute quand à la véracité de mon affirmation regardez ce petit comparitif entre le méchant Silva (interprété par Javier Bardem) et Julian Assange : philtrum prononcé, cheveux blonds platines, front large, lèvres relativement charnues.

Par ailleurs, le "business" du méchant est un élément complètement connexe à l'intrigue pourrie détaillée dans le point suivant, il se trouve qu'on a choisit que celui-ci soit un terroriste freelance. Sa dernière lubie ? Balancer une liste des agents des pays de l'OTAN actuellement sous couverture, c'est pas pour un client, c'est juste pour le fun et la balancer sur Internet en emmerdant M. Ce point n'a aucun intérêt dans le scénario, il permet simplement d'imbriquer ce chainage visuel : mec au cheveux décoloré qui fait de l'informatique et diffuse des infos au grand public = terroriste meurtrier.

Le point culminant de ce discours est peut-être une diatribe de M sur fond visuel d'un méchant qui tue tout le monde, M développe un argumentaire implacable expliquant que si les gens ont peur, il faut laisser les services secrets être secrets.

Ce film est un bon bourrage de crâne avec du placement de produit Sony, la marque cherche-t-elle a compenser son incompétence dans la sécurisation de ses plateformes ?

Pour répondre à la mise en ambiance, il n'y a à ma connaissance aucune vie humaine qui a été coutée par les révélation de Wikileaks dans la mesure où celles-ci ont toujours lieux après une phase de discussion avec les gouvernements.

Les frustrations d'un vieux scénariste

Toutes les motivations de second ordre des personnages semblent justifiées par leur âge, ils semblent tous avoir des choses à prouver. "La jeunesse n'est pas gage d'innovation" et les diatribes des uns et des autres tendant à montrer un Bond triomphant comme le garant des vieilles valeurs traditionalistes :
  • Un petit jeune remplacant Q fait une remarque plutôt profonde sur l'analyse d'un tableau, Bond répond un truc plat, amusant sur le coup, et qui au fond rentre bien dans le personnage du gros con qui méprise toute culture sous prétexte qu'elle n'est pas la sienne
  • Fusil de chasse contre fusil d'assaut
  • Vieille Aston Martin
  • Vieille rancoeur et préjugés contre la jeunesse qui a l'audace de faire des choses, un peu de courage chez les scénaristes (qui sont trois quand même) et on aurait pu voir un peu James finissant par se taper M par simple militantisme et patriotisme.
L'enjeu

Dans Casino Royale : le "méchant" blanchit de l'argent d'activités illégales, dans "Quantum of Solace" : le méchant veut contrôler l'eau dans le monde. Dans "Skyfall" : le méchant veut tuer M pour un grief personnel, du genre "tu m'as trahis".

Si dans Moonraker l'extermination de la vie humaine sur terre était peut-être un poil too much côté enjeu, je pense que l'assassinat d'un fonctionnaire pour une erreur dans le traitement d'un dossier est un poil légère.

Le déroulement du scénario

Le méchant veut tuer M, mais pas de bol pour lui, le scénariste a décidé que non. Alors bien qu'ayant accès aux locaux du MI6 et à l'emploi du temps de M, il fait volontairement exploser son bureau sous ses yeux, juste pour lui foutre les boules, parce qu'il est vraiment méchant le méchant, c'est un petit sadique.

Comment retrouver le méchant à partir d'un simple tueur à gage ? Il suffit de retrouver le dit tueur (appeler la CIA en cas de problème) et comme il ne change pas d'employeur, il n'y a qu'à remonter la piste. Le méchant devait donc se faire capturer.

Bien qu'étant un sociopathe fou de rage en plein fusillade, notre ami aux attentions meurtrière arrive devant M, l'ajuste les yeux injectés de sang et tire une seule balle, coup de bol il touche un figurant héroïque. C'est le seul moment où il ne tire qu'une balle, mais là c'était important.

Le méchant sait où Bond se cache, il arrive donc trois semaines après et envoie d'abord une équipe surarmée en reconnaissance avant d'arriver pour pouvoir voir le cadavre de ses hommes.

Le manichéisme

Ce film est reposant de simplicité, les méchants contre les gentils, pas une petite once de trahison, l'informatique et les méchants pirates font tout ce qu'aurait fait les traitres d'un James Bond 10 ans plus tôt. Les gentils sont là pour sauver leur patrie, le film se termine par un plan de James Bond avec un drapeau anglais. Il est là pour sa patrie, rien ne l'arrêtera.

Le saut à moto

Dès les premières minutes du film Bond est pris dans une poursuite et son ennemi saute d'un pont pour atteindre un train, dépité James fonce dans une rambarde relativement massive : problème la rambarde gagne et James s'offre d'un vol plané avec sa moto. Humour ou mauvais goût ?

Les chutes dans l'eau

Lorsqu'un corps humain tombe dans l'eau, il coule à pic. Archimède peut aller se rhabiller, mais dans les combats sous marin de Skyfall les corps coulent.

La dernière mission de Patrice

En écrivant cet article je repensais au dernier assassinat du tueur à gage sous le regard condescendant de Bond. L'homme payé 4 millions d'euros tue deux gardes de sécurité d'un gratte ciel, monte, découpe la vitre, sort un fusil qui a l'air de couter très cher, ajuste. La cible arrive, elle s’assoit dans un salon, on lui présente un tableau qui n'est pas sans rappeler Le Cri de Munch (qui doit coûter environ 20 fois les services du tueur), le tueur aligne sa cible avec, dans le prolongement de celle-ci, le tableau, il abat la cible d'une balle. A ce moment, les autres personnes dans la pièce ne cillent pas et se contentent d'emballer le cadavre. On les comprend complices

Qui peut penser à un coup monté aussi improbable ? On engagerait un tueur à gage à plusieurs millions simplement pour donner le change tout en risquant une toile de maitre ?

Tireur de train d'élite

Le méchant a tout prévu c'est donc au bout d'une poursuite de 10 minutes dans les égouts et le métro qu'il est rattrapé par Bond et fait exploser un mur qui fait jaillir un train pile sur notre ami James. Je vous le dis, je vous le répète, ne fréquentez pas de personne calculatrice, c'est trop dangereux pour vous !
Grenades nocturnes

Dans une des dernières scènes un hélicoptère se pose sur fond d'un soleil d'après midi, trois grenades plus tard, il fait nuit noire. C'est que c'est traitre un ciel d'Ecosse.

Petite ballade nocturne

M s'enfuit à travers la lande écossaise en pleine nuit, alors que, 300 mètres derrière elle les méchants s'affairent à détruire une maison. Question : que fait-elle ? Réponse : elle utilise une lampe torche. L'équivalent de la balise GPS du début du XXème siècle. Conséquence : on la voit cette vieille buse !


Attendez qu'un de vos amis soit assez fou pour acheter le DVD ou procédez par d'autres moyens mais je vous déconseille d'aller voir ça au cinéma même si ça occupe quelques heures.



jeudi 25 octobre 2012

Est-ce qu'il y a une place pour le futur en France ?

Toi qui t'apprêtes à lire ces quelques lignes sâche qu'il se fait tard ici et que nul homme ne peut prétendre à la nullité de l'emprise de la nuit sur ses pensées et sa plume.


Quand je regarde l'Etat français se débattre dans la crise, se tordre de spasmes et agripper le futur pour reculer un peu plus l'échéance de la mort. Ce passé s'accroche tellement que j'ai peur qu'il finisse par l'étouffer ce futur. Est-ce que quelqu'un peut me dire que la France est le bon point de départ pour y développer les modèles de sociétés de demain ? Les business de demain ? Quoi que ce soit qui ne soit pas d'hier ? Est-ce que la France a quelque chose à offrir à la jeunesse d'autre qu'une place hypothétique dans un ministère ou un grand groupe assortie d'une évolution à l'ancienneté ?

Plus j'en observe plus j'ai le sentiment que la France n'a rien à offrir à des jeunes avec de l'ambition professionnelle... Beaucoup de mots, peu de faits. Évoquons quelques symptômes :

Quelles sont les jeunes sociétés qui sont devenus grosses en France par leur talent ?

Regardons déjà dans le top 10 du CAC 40 les sociétés ayant une dépendance à l'état (et désolé de réchauffer un vieil article) :
  • Total, qui a bien été aidé par maman état pour que les ouvriers puissent continuer d'aller faire le plein
  • Sanofi, dont les produits sont remboursés par l'état et dont Roselyne (l'intellectuelle du gouvernement précédent) avait acheté un lot de vaccins pour une histoire de rhume cheloue (patriote la madame)
  • GDF Suez, ancienne entreprise publique
  • Danone, pour lequel on considère en France que les jeux d'argent sont un secteur stratégique pour l'économie. Vous ne voyez pas le rapport ? Ça autorise l'état à s'opposer aux offres publiques d'achat (OPA des méchants étrangers en haut de forme et avec un manteau de Dracula) au prétexte que Danone est un grand acteur des jeux d'argent (puisqu'il possède le casino d'Evian)
  • BNP Paribas, dont plus de 40 % du capital est public
  • EDF, idem GDF
  • France Telecom, idem EDF
Si je retire les choses manifestement étatiques, il reste :
  • Déjà mentionné reparlons-en Danone fondée en 1919
  • LVMH dont pas une des marques de l'acronyme ne s'est créée après le XXème siècle
  • L'Oréal fondée 1909
  • AXA fondée au XIXème
Pfiooouuuuu toust le top 10 peut revendiquer d'avoir vu passer la seconde guerre mondiale, chose qui m'est impossible si l'on exclut le fait que j'ai dû me la taper 4 fois dans ma scolarité.

Je me focalise peut-être un poil sur le top 10, je vous invite à faire tout le reste du CAC, je pense que la société non issue d'un grand groupe (par joint venture ou spin-off) la plus jeune est CAP Gemini (1967).

Si je résume je vois soit des groupes qui ne sont au final que des ministères de l'industrie sorties du girons de l'état (pour 60% quand même) ou alors des sociétés en mode grand père, probablement des PMEs que l'on a pas réussi à tuer à coup de réglement, de charge et de "sale riche".

Ayant entendu la remarque deux fois en peu de temps, j'entends dire que l'on peut taxer les entrepreneurs, il y en aura toujours qui viendront prendre leur place. Où sont-ils ?

Mais, c'est grave ? La jeunesse veut forcément créer une boite niveau CAC40 ? le futur c'est forcément de ne plus avoir celles-ci dans la liste ?

En soit non ce n'est pas grave tant que l'on a pas planté le reste du décor. La jeunesse n'en a rien à carrer de l'entrepreneuriat (si, si, je le pense). Et oui, le futur c'est de voir du changement dans cette liste.

Le reste du décor c'est que oui, en France, pour beaucoup de diplômés et de non diplômés, avoir une carrière intéressante signifie passer dans des grands groupes. Ceci se fait naturellement en l'absence d'autres structures de tailles dites moyennes, le champs de réflexion est très court et étroit. Hors aujourd'hui, ces grands groupes sont des machines designées pour l'inertie la plus complète, ils sont peu à accepter de donner un peu d'autonomie ou de responsabilités à des jeunes (un peu de lecture pour aller plus loin). La carrière normale est de se défoncer pour être "corporate" jusqu'à enfin être vieux ou en être dégouté avant.

Je pense qu'un jeune ne veut pas forcément créer une boite, même une petite PME, peut-être même que faire carrière, ça ne l'intéresse pas. Dans ce cas, la France est peut-être pas mal pour lui, pas trop de risque de se faire virer, pas trop de risque de voir quoi que ce soit changer à l'horizon, un petit ascenseur bien joli. Il n'y a qu'à s'asseoir et attendre. En revanche, si professionnellement, il souhaite quelque chose, j'espère pour lui qu'il parle anglais, parce que ce pays n'a rien à lui offrir. Mais sinon non vraiment, en l'absence d'ambition professionnelle c'est pas trop mal. Les seules choses qui pourraient venir chier sur son horizon professionnel sont l'ennui et la récession. Pour l'ennui il y a le Prozac et le pinard, c'est légal et ça fait tourner l'économie, pour la récession en revanche je n'ai rien à conseiller.

Quand au CAC 40 et au futur, oui, je pense que oui, cette liste devrait bougé. Conditionnel, conditionnel parce qu'on fait tout pour qu'elle ne bouge pas, on empêche nos vieilles industries de mourir, ne nous mentons pas, tous les prétextes sont bons. Le plus tendance en ce moment c'est celui des emplois, Arnaud Montebourg est un préservatif de plus d'1m80 (l'égo de Sarkozy pourrait y rentrer) et il préserve quoi, il préserve des z'emplois. Remarquez la sémantique "préserver", tous le monde à arrêter de parler de création d'emplois, on a fait une croit sur le sujet, on attend que Superman vienne redresser les usines. Quand l'idée n'est pas de sauver des emplois on parle simplement de "risque systémique", ce risque suprême de venir toucher la pierre angulaire de notre château de carte mode Louis XIV.  Malheureusement je pense que l'idée de destruction créatrice est vraie et sans destruction point de création.

Sans mal point de bien

Le passé est passé, mais j'ai l'impression de vivre avec une carte postale des Trente Glorieuses collée sur mon frigo. Comme si l'euphorie économique, externalité positive d'une des guerre les plus destructrices qu'ait connu l'humanité, pouvait revenir à coût de "bonus écologique", "Crédit Impôt Recherche" ou "Plan de Sauvegarde de l'Emploi"... Les politiciens jouent avec l'économie du pays comme des gosses avec jeu vidéo. Ils ont dans l'idée qu'il faut sauver les vieilles industries, sauver les vieux emplois, seulement c'est avec vôtre argent que l'on renfloue. On renfloue les banques, on renfloue PSA, on fait le VRP et on négocie des projets pour Airbus, des projets pour Alstom, des projets pour EDF. Ce n'est même pas une entreprise qui est malade, c'est le système, ce système qui veut que sa priorité numéro 1 soit de se sauver lui-même. La mort par l'invariance.


La mort d'une entreprise, d'un pan de l'économie, c'est comme la mort d'un être humain. Elle nous fait peur, on veut la repousser le plus loin possible, mais au final ce n'est pas la vie que l'on prolonge mais l'agonie.

Mais non, le problème c'est la crise !

Je pense que non, le problème ce n'est pas la crise, la crise c'est le symptôme, la crise c'est le coup de pelle en plus, celui pour finir le travail.

L'ambiance internationale met beaucoup de pays du monde dans le marasme qu'ils se sont construits eux-mêmes. Les prélèvements obligatoires ont augmentés en pourcentage selon Bercy de 50 % (de 30% à 46% du PIB) depuis les années 70 (confiez le calculs à d'autres je pense que l'on peut atteindre facilement les 80%). Que l'on ne me raconte pas que cela paye des services parce que je ne suis pas persuadé que le niveau du service publique ait explosé depuis 1970.

En pleine euphorie économique ce qui était jouable ne l'est plus aujourd'hui.

On dit quoi à un jeune sans futur alors ?

Il y a plein de choses à dire à un jeune sans futur.

Si vous vous sentez moralisateur, suggérez lui qu'il aurait du faire plus d'études, n'importe quoi à n'importe quel prix (avec un crédit si possible), ça lui aurait certainement été plus utile. L'utilité principale aurait été que ça lui aurait sucré quelques années au chômage, ça change pas grand chose in fine mais sur du court terme ça dépanne comme disait Lionel.

Si vous vous sentez un poil cynique vous pouvez lui expliquer que le SMIC est vraiment la plus belle des protections qu'on puisse lui offrir. Vous oublierez de lui expliquer que c'est aussi la meilleure garantie de s'assurer que le travailleur non qualifié soit surtout sans emploi.

Si vous vous sentez vieux et parisien, dites lui que de toute manière, même si vous ne savez pas trop comment il va payer son loyer vous êtes content de toucher votre retraite par répartition, que quelqu'un cotisera à son tour pour lui dans 40 45 60 70 ans. S'il demande la date exacte, dites lui que l'on attend d'avoir un système à l'équilibre, on lui dit après.

Si vous avez un poste bien au chaud n'importe où, dites lui que faut pas qu'il s'en fasse, on a des droits dans ce pays. Le droit du mec qui a un travail, c'est de le garder, quelle qu'en soit la raison : âge, fonctionnaire, nombre d'enfants, infirmité, le droit du mec qui n'en a pas c'est de savoir pourquoi : trop jeune les places sont prises pas ceux qui sont passé avant, trop difficile à virer, pas assez de tares pour rentrer dans un quota protégé.

Si vous vous sentez comptable et qu'il se demande pourquoi il a du mal à s'en sortir, vous n'avez plus qu'à pointer sur ses factures, la cotisation pour sauver les retraites des employés du gaz, la cotisation pour renflouer la sécu, la cotisation pour renflouer Renault (ne la cherchez pas celle-là, elle est noyez dans la masse).

A 20 ans, il ne mange peut-être pas à sa faim, il ne se loge peut-être pas correctement, il se crible peut-être de crédits bidons, on le taxe dès qu'il veut boire ou fumer et il sait que dans le meilleur des cas demain sera comme hier. Mais, mais, grâce à l'état providence il pourra soigner correctement son cancer du colon à 50 ans !

La seconde photo est de Toscani pour une campagne Benetton
La troisième photo est un fond d'écran qu'on trouve un peu partout sur Internet 

Edit du 25/10/2012 : oui, j'aurais pu appeler cet article "Est-ce qu'il y a une place pour le futur dans ce monde ?" ou "Est-ce qu'il y a une place pour le futur en France ? Et ailleurs ?" mais je ne l'ai pas fait, va savoir pourquoi ...


lundi 15 octobre 2012

Qu'est-ce que la science au début du XXIème siècle ?

La science c'est selon moi la connaissance du « vrai car vérifiable ». Selon Wikipedia et le Robert « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables [sens restreint] ». La second définition me plait moins puisqu'elle se centre sur la notion de savoir, or on ne sait pas que des choses vrais.

Cette approche du savoir laisse la porte ouverte à un terme qui y est lié, celui de "savant", ceux-qui-savent. Quand j'entends Jean-Pierre Pernaud, la douce voix de la fosse sceptique de TF1, prononcer le mot "savant" j'ai l'impression de m'être offert un aller simple pour le début de la guerre froide. Il ne lui manque plus que de passer en noir et blanc et de prendre une voix nasillarde pour nous rappeler le temps bénit par Mélenchon de la TSF, cette bonne vieille télé d'état qui distillait la Vérité avec un grand V.

On décrit généralement une chose par ce qui la rend différente, par exemple si je dis "on sent l'orage arrivé, le ciel est noir", tout le monde comprend qu'il est gris, plus foncé qu'avec de simples nuages et qu'il ne fait pas nuit (donc pas vraiment noir). Le terme de "savant" laisse ce goût bizarre sur la langue affirmant qu'eux savent, et que les autres, non.

L'activité des scientifiques n'est pas de savoir, ça c'est une de leur qualité, leur occupation est de chercher à découvrir de nouveaux savoirs, de nouveaux modèles, de nouvelles connaissances. Le savoir est censé être accessible à tous par l'éducation (au sens large, celle que l'on pratique également tout seul le soir en naviguant sur Wikipedia quand Facebook est couché). Cette idée que le savoir est l'apanage de quelques uns qui le distille vers la populace range la science au niveau du dogme et un scientifique au niveau d'un curé, martelant la vérité plutôt que l'expliquant.

Des branches de la science s'intéressent également à fournir des modèles pour notre réalité. Un modèle est une représentation, généralement simplifiée du fonctionnement de la réalité. On pourrait par exemple considérer que la physique et l'économie sont deux sciences qui fonctionnent sur des modèles mais tentant de décrire des réalités différentes, d'un côté les intéractions des objets entre eux, et d'un autre le fonctionnement d'un ensemble d'êtres humains à travers l'échange de biens et de services.

Un modèle est simplement une idée, un système schématique ou une formule mathématique. Il peut être utile (ou valide) à une certaine échelle si l'on s'apercoit qu'il permet d'expliquer la réalité, par exemple les trois lois de Newton expliquent la chute d'une pierre. Cependant la plus part des modèles sont faux (ce qui ne les empêchent pas d'être utiles), par exemple l'idée que lorsque le prix augmente la demande diminue est un modèle économique qui trouve ses limites lorsque l'on s'intéresse au point particulier du luxe. Dans le monde du luxe (du vrai luxe), le prix d'un produit est un de ses attributs de vente. Si je vous demande la meilleure bouteille de vin du monde et que je vous mets seul, sans connexion internet dans un magasin, vous prendrez certainement la bouteille la plus cher.

Ainsi lorsque l'on entend déclarer en sciences humaines que certaines vérités sont aussi vrai qu'1+1=2, on comprend que certains ont du mal à saisir les limites de leurs connaissances. L'économie fait parti des domaines où certains constats empiriques peuvent être transcendés hors de leur contexte pour devenir des religions. Il peut s'agir des prétendus modèles socialistes scandinaves dont on oublie que premièrement ils n'évoluent pas forcément vers le soviétisme et deuxièmement en plus d'être socialistes ils sont aussi scandinaves prennent donc place dans un contexte culturel particulier. On peut également cité cette idée sacrosainte que toute taxe décourage (oui, j'ai aussi besoin de m'autocritiquer un peu).

On peut également être tenté de lever une inquisition contre la connerie lorsque l'on lit certains titres de presse, le candidat le plus récent étant l'auteur de ces quelques mots "Oui, les OGMs sont des poisons !". Une expérience teste uniquement sur des rats, un seule variété de maïs OGM (Monsanto jesaispluscombien), et, la conclusion est que, si les rats sous maïs OGM meurent plus alors tous les OGMs sont nocifs à tous. L'étude en elle-même pose peut-être des questions intéressantes, on peut en vouloir à ceux qui la noie dans une bouillabaisse de débats débilitants sur le sujet des OGMs. J'aimerais dire à ce monsieur en mal de lecteur que j'ai connu des prostituées qui racolaient moins.

Sachant que l'on a déjà vu un vieux (senior en politiquement correct) tuer des jeunes qui faisaient trop de bruit, peut-on titrer sans honte : "La délinquance du troisième âge s'arme pour faire la guerre à ses rivaux" ? Question ouverte, gros bisous et bonne journée !


mercredi 3 octobre 2012

Taxer le capital à même hauteur que le travail ?

Voici un sujet intéressant qui émerge en ce moment avec la Loi de Finance millésime prérécession et le mouvement Défense Pigeons.

Doit-on aligner les taxes sur le capital sur celle du travail ?

A l'heure actuelle, elles sont moins importantes : 30 % d'impôt sur les sociétés, suivi de 13,5 % (peut-être plus) pour CSG / CRDS (la flat tax française) soit 40 %. On arrive a peu près 47 % du côté du salarié si je ne me trompe pas. J'inclue volontairement l'impôt sur les sociétés qui pour moi est simplement une taxe avant que l'entreprise ne puisse disposer de ses bénéfices. En l'occurence, il me semble, mais c'est à voir que le gouvernement ne s'intéresse pas à ces 30 % ça permet de raser plus.

Dans l'esprit, je vois un revenu et je me dis qu'il est important qu'il soit taxé de la même manière, il n'y a pas de raison de gagner mieux sa vie dans un cas que dans l'autre. Pourquoi l'état considérerait différemment une valeur crée par du capital ou de la sueur ?

Les arguments arguants pour une différence sont peu nombreux.

Le plus fréquent : "le capital a déjà été taxé, il est le produit d'un travail, les taxes sur les produits du capital forment donc une double taxe". Selon moi cet argument est caduque, il n'y a pas de double taxe sur le capital, puisqu'on ne taxe pas le capital mais bien les plus values qu'il génère. L'impôt sur la fortune est une double taxe sur le capital, j'approuve, supprimons le ! Mais ne mentons pas en affirmant qu'il ne s'agit pas d'un revenu nouveau lorsque l'on regarde que nos investissements ont fait des petits.

Le plus farfelu : "les entrepreneurs n'ont ni couverture santé, ni retraite, ni chômage laissons leur plus d'argent". Désolé, mais seul le prémisse est bon. Ni couverture santé, ni retraite, ni chômage. Il y a effectivement une équité, mais celà suppose un agglomérat gênant si l'on justifie par celà des taxes plus faibles sur le capital : "les entrepreneurs seraient les seuls à jouir du capital". Je pense que dans le monde la plus grande partie du capital en valeur n'est pas détenue par des entrepreneurs mais de simples actionnaires. Ainsi on prend un argument sur un cas "mineur" pour justifier un principe de fiscalité majeur, that's bad !

Le plus cohérent, et à mon sens le seul qui soit valable : "l'investissement du capital correspond à une prise de risque sur le celui-ci". Et là, c'est vrai qu'il y a une différence fondamentale avec le travail, le travailleur ne risque pas son outil de production dans son travail. On peut ainsi considérer que l'un et l'autre ne sont pas structurellement identique et que l'on doit rétribuer la prise de risque.

Je contreargumenterais simplement ce dernier argument en faisant remarqué que ce n'est pas à l'état de venir subventionner une prise de risque en citant ce principe philosophique millénaire : "chacun sa merde".

Dans la théorie, j'approuve cette idée de rejoindre taxe du capital et du travail (pourquoi ne pas avoir une seule taxe d'ailleurs, qui s'appellerait de manière originale impôt sur le revenu). Dans la pratique je suis un pigeon parce qu'il est vrai qu'on dirait que la chasse à la création de valeur est ouverte et que tous les prétextes sont bons pour qu'on puisse continuer à servir deux fois des frites le mardi midi à la cantine de l'Assemblée. Remplir les caisses de l'état intelligement c'est commencer par se demander comment arrêter de les vider dans un pays qui a déjà des taxes à toutes les sauces.


Le verbe contreargumenter a été déposé dans tous les temps de l'indicatif, du conditionnel, de l'impératif et du subjonctif (sauf imparfait) aux Iles Caîmans, au Liechtenstein, en Suisse, à Luxembourg et à Panama.


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