jeudi 12 mars 2020

Chroniques coroniques covidiques


Des faits, des faits, des faits

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publie régulièrement des mises à jours sur la situation générale autour du Coronavirus, Covid-19.

https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/situation-reports/

Dans son rapport de février, l'OMS indique un taux de mortalité de 3.8%. Ce taux est discuté, il serait plus faible d'après certains.

https://www.who.int/docs/default-source/coronaviruse/who-china-joint-mission-on-covid-19-final-report.pdf

La saturation des infrastructures sanitaires est un problème qui pourrait / prend une tendance des plus inquiétantes. En Italie, au 11 mars même si 100% des malades encore en traitement venaient à guérir, on aurait tout de même plus de 6% de morts (chiffres officiels du gouvernement italien).

https://github.com/pcm-dpc/COVID-19/blob/master/schede-riepilogative/regioni/dpc-covid19-ita-scheda-regioni-20200311.pdf

Je ne trouve pas de détails fiables par rapport à la situation, mais le message pudique est "on fait des choix". La traduction serait que quand on a trop de patients, on ne peut pas soigner tout le monde. De manière plus crue, on laisse des gens mourir.

Je précise que les classements mondiaux considère le système de santé italien comme extrêmement performant, en particulier en Italie du Nord.

Cette saturation pourrait bien être un problème plus important que la maladie elle-même. Et la France n'est pas à l'abri d'une situation similaire. Allegro!


Des faits qui ressemblent moins à des faits mais qui en sont

La Chine a essayé de faire des contrôles et de mettre des quarantaines aux proches des malades pour limiter les infections, ça n'a pas marché.

L'Italie a essayé de faire des contrôles et de mettre des quarantaines aux proches des malades pour limiter les infections, ça n'a pas marché.

La France a essayé (ou pas ?) de faire des contrôles et de mettre des quarantaines aux proches des malades pour limiter les infections, ça ne va pas marché.

Pour être tout a fait honnête, sans avoir creusé le détail de la situation, il semblerait que la Corée du Sud ait réussi à contenir l'épidémie sans passer par un blocage complet des régions affectées. Une des caractéristiques différenciante de la Corée est qu'elle a massivement procédé à des tests.


Nouveaux cas par jour en Corée du Sud

Source: wikipedia

Des hypothèses

Les chinois ont fait parlé d'eux en construisant des infrastructures médicales en moins de 10 jours. Je doute de la capacité des pays européens à travers la même chose. Ce n'est pas un manque de moyen, ou de capacité physique. Je pense que la culture européenne n'est pas habitué à cette efficacité opérationnelle. En France, en Italie et probablement ailleurs, la construction est dans le temps long, dans l'administration, dans le respect des normes et des droits. Même si on peut s'en abstraire à un moment, les habitudes sont probablement dures.

Les USA, à défaut de contenir la maladie, ont cherché à contenir l'information. Probablement que le risque le plus grand a leur yeux était une panique financière. On parle de 472 tests au 1er mars.

https://www.worldometers.info/coronavirus/covid-19-testing/

Beaucoup de business et de gens qui voyagent, beaucoup d'étrangers. La santé y coute cher, très cher, les gens sont gavés de crédit, il n'y a pas de filet de sécurité étatique. Jusqu'à il y a quelques jours une volonté gouvernemental de maintenir des chiffres bas. Je ne vois pas quels éléments pourraient expliquer qu'il n'y ait pas bientôt des milliers de cas non diagnostiqués dans un pays qui est sous équipé en infrastructure médicale.


Améliorer votre rendement

Il y a de la part des dirigeants politiques des communications qui me semblent étranges. "Cette panique irrationnelle risque de nous tuer l'économie". Merci Captain Obvious!

Je trouve que toutes les annonces de baisse de taux et de mesure de soutien sont totalement hors du temps. Je ne vois là que des cartouches grillées pour le futur.

"Le bateau pourrait bien être en train de couler, mais on vous remboursera votre billet".

La FED a baissé ses taux de 50 points de base, 0.5%, le 4 mars. C'est énorme, et accessoirement sans effet.



Source: Google Finance

Qu'on soit clair, ça va être économiquement sanglant. Les états européens sont gavés de dette, même si l'horizon s'était éclairci il y a des problèmes structurels qui seront peut-être amenés à revenir.


Gérer la défiance

Dans un monde où les conspirationnistes sont légion, il est tout a fait légitime de chercher à reconstruire la confiance en prenant les gens pour des cons.

Le cirque est sans fin.

Le General Surgeon des USA qui explique que l'absence de test était dû au fait que les américains avaient des exigences d'américain, les tests qui marchent dans le reste du monde n'étaient pas assez bien pour eux. Je n'ai pas réussi à retrouver la vidéo, mais c'est touchant.

Sibeth Ndiaye, porte parole du gouvernement français, le 11 mars (environ 1 700 cas sur le territoire français), qui explique que les mesures pour contenir l'épidémie n'ont pas marché en Italie. Les contrôles aux frontières, ça ne marche pas. Alors en France, on est pas aussi con que les bouffeurs de pâte, on est casuals et détendus, on forme un conseil scientifique, plusieurs jours après la mise en quarantaine en Italie, plusieurs mois après celle en Chine...

https://twitter.com/BFMTV/status/1237724062916448257

Bruno Lemaire, ministre du même gouvernement, demande aux entreprises de payer des prestations même si elles n'ont pas été effectuées. Je comprends la bonne intention. Mais je n'ai pu m'empêcher d'aller voir si cette personne avait déjà vaguement croisé le monde économique. Réponse : non. Reconnaissons néanmoins que même avec cette sale habitude de payer avec l'argent c'est peut-être le moins perché des cas que j'énumère ici.

https://twitter.com/franceinter/status/1236920939159474176

Angela Merkel, chancellière allemande, voit une infection atteignant 60 à 70% de la population allemande. Mais, pas ou peu de signaux fort.

https://summit.news/2020/03/10/merkel-expects-60-70-per-cent-of-germans-to-be-infected-with-coronavirus/

Je m'aperçois avec satisfaction que j'ai atteint la parité dans ma mesure de l'incompétence. Je m'arrête.

Ces gens là s'étonnent ensuite que leur mots seuls n'arrivent pas à contrôler les légions affolées se gavant de masque et de rouleaux de PQ. Comme si au lieu d'une infection par les voies respiratoires, on allait les forcer à consommer du laxatif en regardant un enterrement mafieux.

Pour la référence : Jane Austen - Mafia! https://www.youtube.com/watch?v=oB1pDASNe8E Good fun!


Un peu de math

Les gens ont généralement du mal à comprendre la force de la capitalisation des intérêts. Un peu d'argent mis sur un compte avec un rendement de 2% va rapporté beaucoup après plusieurs dizaines d'année. Il faut donc épargner tôt. C'est le même problème.

Je vous donne un million aujourd'hui ou bien je vous laisse placer 1€ avec un taux d'intérêt journalier de 25% pendant 6 mois... Vous prenez quoi ?

Le nombre d'infectés en France, en Italie avant la quarantaine, en Allemagne, double tous les 3 ou 4 jours... Les mesures actuelles ne permettent pas d'éviter une explosion des cas et la croissance est exponentielle.

Traduction on s'en fout que 120 cas ce ne soit pas grand chose par rapport à la population d'un pays.


Est-ce qu'il y a une bonne réponse ?

Cette volonté de bien calfeutrer l'économie face à un risque sanitaire majeure serait hilarante si le sérieux de la situation ne me décontenançait pas. Laisser le virus se propager à 60-70% en confinant les maisons de retraites et les personnes agées ? En dehors de sérieusement alléger le poid des retraites, peut-on réellement croire que l'on va confiner ces gens chez eux à 100% ou que l'on va éviter l'infection de leurs soignants ?

Autre point qui pourrait expliquer le fond des déclarations abhérentes mentionnées plus haut de nos politiciens en phase de débilité inclusive aïgue. Les gens ne respectent pas les quarantaines, ce n'est pas qu'un choix politique. Peut-on mettre en quarantaine pour 40 cas dans un pays de 60 millions ? La quarantaine trop tôt sera perçu comme non nécessaire et superflue. Si elle n'est pas assez respecté, elle n'enraillera pas l'épidémie. Ca peut être une approche de laisser filer les choses pour pouvoir ensuite prendre des actions avec de l'impact.

Notez néanmoins que les quarantaines mettent beaucoup de temps à faire de l'effet. Début le 23 janvier à Hubei, pic d'infections journalières en Chine après 13 jours le 4 février, retour au niveau de début de la quarantaine le 1er mars (un peu moins de 40 jours)... Ce temps est bien plus long que les 14 jours d'incubation maximum. Contamination progressive d'une famille faisant la quarantaine ensemble ? Contamination des soignants ? Agglomération des chiffres entre la Chine et cette unique zone sous quarantaine ? Toujours est-il que cette quarantaine est toujours en cours.


Source: Wikipedia

En Italie, les quarantaines locales se sont avérées efficace.


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Une étude récente indique que le temps d'incubation moyen serait de 5,5 jours. Espérons qu'une substitution psychologique n'ait pas lieu entre cette durée et les 14 jours d'infection maximum.

https://www.sciencealert.com/new-research-says-the-average-incubation-time-for-the-coronavirus-is-5-1-days


En anglais sur le non-engagement des états : Why your government isn't acting on the Corona/COVID-19 threat https://ma.ttias.be/government-act-corona-covid-19/


mardi 18 décembre 2018

Je doute de ce que vous dîtes

J'ai un petit peu envie d'écrire ces jours-ci, du mal à me figer sur un sujet. La violence qui a nourri la France, la niveau des débats qui franchement pourrait être un sujet de révolution en lui-même.

Mais je pense que j'ai réussi avoir un esprit critique digne du 21ème siècle, je voulais vous en parler.

Je ne prends plus rien au sérieux, en particulier si le contenu pourrais m'être utile, car s'il pourrait m'être utile, je pourrais en faire quelque chose, ce quelque chose pourrait intéresser quelqu'un, ce quelqu'un pourrait avoir lui-même produit ce que je lis.

Mais au fond on s'en fout, peu importe l'incarnation de la fange, ça ne semble pas vraiment généré de révulsion chez beaucoup.

Pour ma part le dernier reflux scato-gastrique m'a été causé par Le Refuge. En mai 2017, Cyril Hanouna avait fait un canular téléphonique à un homosexuel, quelques jours après, le Refuge annoncait l'angoisse qu'avait déclenché la blague stupide dans la vie du jeune homme. Si toi tu t'en veux lire, c'est-tu donc par là https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/05/22/cyril-hanouna-la-blague-de-trop_5132010_4832693.html

Mais, il y aura eu un peu plus d'un an écoulé avant que l'étron n'entre en contact avec la surface de l'eau et nous claque à l'oreille ce plouf si caractéristique de la déjection. Le Refuge vient donc d'admettre que tout ceci n'est qu'une invention. Ca c'est ici: https://www.lci.fr/medias/canular-homophobe-de-cyril-hanouna-dans-tpmp-l-association-le-refuge-admet-avoir-invente-un-faux-temoignage-de-victime-adolescent-en-detresse-2105906.html

Pour le bien de la cause, j'imagine. Si convaincu de faire le bien on peut travestir la vérité, mais allons et glorifions donc. Des petits trafics de statistiques économique, aux rumeurs de viols des gros porcs qui mettent des mains au cul. N'auriez-vous pas vu des juifs manger des enfants récemment ? Je connais quelques barbus que ça pourrait intéresser.

Et franchement, entre inventer la vérité, et la masquer il n'y a qu'un petit pas. Si la fin justifie les moyens, ça dépend donc de votre fin.

Le parasite créatif ne serait pas au sommet de sa splendeur s'il n'avait personne pour le supporter.

Les médias se sont modernisés. Hier on vendait un journal, plus ou moins convaincu qu'une ligne éditoriale et que la qualité du contenu forgeait les ventes. Aujourd'hui on mesure l'audience finement ... et malheureusement, même si on méprise toujours la presse people, la formule marche, contenu pas cher, titre accrocheur. Par accrocheur, j'entends "putassier". Soyons objectif, quand Le Monde, Libération ou Le Figaro s'insurgent contre les fake news, c'est surtout parce que c'est un tir à pas cher sur la concurrence. Car si on ne forge pas l'actualité, on fait tout de même avec ce qu'on a pour satisfaire la hargne de son audience. Ca doit liker sur Facebook, ça doit commenter, car le bruit c'est l'action.

Le journaliste moderne tient plus du scénariste que du journaliste, c'est de la mise en scène, du photoshop pour des unes pas trop offensives ou pour créer un peu de choc. Du relais d'information ou de statistiques sans une once de vérification, de la sélection de passage à la simple répétition des statistiques arrangeantes.

Se croyant mériter un prix Pulitzer pour leur sagacité, ils mériteraient un prix Goebbels pour leur mauvais foi. Les réseaux sociaux qui furent pendant un temps un lieu de discussion, on vu la victoire des trolls, les autres se sont tus.

 "J’ai appris il y a longtemps, jamais se battre avec un cochon. Tu te salis, et de plus, le cochon lui aime ça." G. B. Shaw.

Il ne reste que les cochons. Avant ils s'insurgeaient sur des articles du Gorafi comme un taureau devant un chiffon rouge. Fort heureusement, les officines médiatiques ont trouvé de quoi leur faire partager leurs articles à coup de titres semi menteurs. Exemple superbe, que Gilles Le Gendre soit "trop intelligent" ou pas, que vous pensiez que c'est un con ou pas, il est mensonger de sortir ses mots de son contexte, la vidéo un peu moins tronquée est ici https://twitter.com/publicsenat/status/1074563923506950144 mais le texte du tweet est tout autant un appeau à troll.

Il faut reconnaitre qui si les journaux un peu pourraves portent souvent du côté conservateur du plateau. Le flan Jean Jaurès s'étoffe pour sa part de pseudo neutralité, bénévolat ou intellectualisme, Le Refuge est un bel, exemple, les campagnes mensongères de la PETA méritent également leur prix.



Bel exemple, Monsieur Lordon, https://twitter.com/LeMediaTV/status/1074631543560105987 qui doit probablement être systématiquement annoncé par ses titres de noblesse de directeur de recherche, du CNRS, sociologue ou d'archimage au sceptre rouge mais se complet dans un verbiage aussi peu compréhensible qu'objectif. Dyson travaillerait sur un brevet, consistant à clôner Frédéric Lordon tout en ôtant le son, idéal pour faire circuler l'air en hiver.

La moindre discussion sur l'égalité de salaires entre hommes et femmes est constitué pour moitié de chèvres répétant des chiffres dont ils ne connaissent ni la méthode de calcul, ni l'origine et de veaux répétant des arguments vides pour le simple plaisir d'agacer les premiers. Les discussions climatiques suivent la même logique. La bienpensance n'est pas seule à justifier un raisonnement.

Finalement, le doute cartésien s'étend un peu, la certitude étant là, que quand vos sources d'information ont toutes troqué leur objectivité pour vous manipuler, il s'agirait de les remettre sérieusement en cause.

Vire-je au conspirationisme ?



"Vire-je" ?!? Lordon sort de ce corps !


dimanche 22 avril 2018

Quelques questions sur la démocratie locale ?

Il y a quelques temps, sur un sujet probablement lié à la circulation des véhicules dans la capitale, j'avais lu une déclaration de la maire de Paris, Anne Hidalgo, "les parisiens veulent [...]". J'avais trouvé la remarque intéressante, car probablement vraie, mais également déplacée.

Aujourd'hui, le banlieusard travaillant à Paris, y sortant le soir, ceux qui y ont une résidence secondaire, ou le touriste ne se disent généralement pas parisien. Mais ne ferait-il pas sens de se demander s'ils n'ont pas leur mot à dire.

Le principe général est de ne pas laisser les gens voter deux fois. Idée bien intentionnée et pleine de bon sens pour l'époque où la démocratie émergeait et les transports n'avaient pas fait leur révolution. Le citoyen d'une commune y dormait, y vivait, y travaillait.

Mais aujourd'hui la notion s'est probablement un peu assouplie, Paris, archétype du problème, vit avec ses habitants mais aussi une hordes de passants plus ou moins réguliers, plus ou moins permanents.

Ont-ils la même légitimité que les habitant pour s'exprimer sur la vie de la cité ? Quid du propriétaire d'un bien qui n'y vit pas ou ne vient pas ?

Ils remplissent les restaurants, font vivre les entreprises, y consomment de la culture ou simplement viennent se promener ?

Si la lutte farouche contre les véhicules dans Paris est peut-être un sujet qui tient à coeur aux parisiens, c'est un sujet qui je pense demanderait un peu plus de conciliation si l'on reconnaissait que la capitale n'est pas propriété unique de ceux qui y ont déclaré leur résidence principale.

Le problème n'est d'ailleurs pas parisien. Combien de communes vivent de la taxe foncière d'une poignée d'entreprises dont ni les salariés, ni les actionnaires ne sont résidents ?

En 2014, c'est un peu moins de 700 000 personnes (1 200 000 inscrits) qui ont voté aux élections municipales à Paris. L'Ile-de-France compte 12 millions de personne d'habitants (un peu moins de 7 000 000 d'électeurs), dont une partie pourraient prétendre avoir leur mot à dire.

Doit-on penser à système où mon vote locale pourrait être subdivisé entre les communes sur lesquels j'ai un intérêt légitime (de part mon patrimoine, mon emploi ou ma résidence) ?

Ou peut-être que l'échelle urbaine que l'on observe de nos jours devrait changer, et Paris devrait absorber la plus part des communes de l'Ile-de-France pour réduire cet écart "impliqués" / "citoyens" ?


mercredi 8 novembre 2017

Votre tolérance m'emmerde

 Bienvenue en 2017, où il est raciste de ne pas manger de couscous, machiste de tenir une porte ouverte et méprisant de parler à une femme que l'on ne connait pas.

Un peu étrange que ce paysage pavé des meilleurs intentions du monde.

La moindre conférence qui s'oriente un tant soit peu vers la gestion humaine aborde ces sujets, dont beaucoup sont devenus tendances et consensuels. Ce ne sont plus des sujets de discussion mais des mantras d'appartenance sociale.

C'est d'ailleurs devenu pour beaucoup un accessoire de mode prisé de pouvoir se trouver victime de leur orientation sexuel ou de leur race. Mais bizarrement ce discours de tolérance s'érode très rapidement et n'arrive pas à mordre sur des sujets de fonds.

Tous le monde est occupé à calculer dans chaque lieu qu'il estime important le ratio du nombre de paires de seins et du nombre de paires de couilles. Préoccupation d'un degré d'éveil impressionant qui nous fait nous demander à quel point ces comptables génitaux ont dépassé les traits qu'ils prétendent haïr chez l'autre.

Comme l'expliquait Morgan Freeman, le racisme sera mort le jour où on arrêtera de considérer qui est noir et qui est juif.



Plus troublant peut être, ces personnes qui approchent ces sujets comme une maladie. Hardant de défendre un homosexuel rejeté en société : "ce n'est pas de sa faute, il ne choisit pas". L'argument me blesse, là où l'occasion pourrait donné de rappeler à chacun ce qu'est la tolérance et où les choix de l'autre ne sont pas les leurs. On choisit de présenter ce que l'on souhaite défendre comme la pire des tares.

Bataillant contre ces maux, combattant pour un monde plus ouvert et plus divers, ils regardent d'un oeil bienveillant tous les réglements qui s'agrègent et s'entremêle pour les soutenirs. Un monde où de plus en plus de métiers recrutent par réglement ou par norme sur des critères plus que douteux, qui, s'ils oeuvrent pour une chose, ne sont que le phénix des corporations du moyen âge. L'envôlé des prix de certaines écoles reconstituant avec entrain un système de charges. Ou l'accréditation d'exercer n'est donné qu'à celui qui a pu s'offrir un diplôme fantasque.


vendredi 7 avril 2017

René Barjavel - La Nuit des Temps

Barjavel, Barjavel, voilà un nom que j'ai peut-être trop entendu pendant mes études pour y trouver un intérêt. Mais le temps passant, le nom revenant évoqué par les uns, recommandé par les autres, me voici donc lecteur de Barjavel et de La Nuit des temps, scénario de film qui devint un roman.

Cet article spoile, lecteur, ne te laisses pas abuser, fuis si c'est pour toi important. Je tente de garder quelques éléments de fin non discutés mais le coeur de l'intrigue te sera évoqué.



L'ouvrage écrit en 1968 est encore aujourd'hui d'une fraîcheur bien étonnante. L'auteur semble avoir saisi l'avancé de la science sur beaucoup de niveaux, mais, aussi, il a capturé la complexité des relations politiques de son époque.

Ainsi, c'est dans un contexte de Guerre Froide qu'une mission d'exploration française découvre, sous la glace, enfoncé à des centaines de mètres sous terre, les traces de constructions humaines. Datées de 900 000 ans, les ruines souterraines fédèrent un effort soudain international, rassemblant des scientifiques du monde entier pour le bien commun de ce que la découverte pourrait signifier.

La mission va extraire des ruines deux corps préservés du temps et tenter de ranimer en premier lieu la femme, Elea. Dont le narrateur, le Dr. Simon, va tomber amoureux et rajouter à son sujet, semés au fil du récit, quelques éléments romantico-dramatiques venant se joindre à la trame générale du récit.

L'histoire avance en diptyque, mettant en abîme la réalité du narrateur. Les souvenirs de la femme contant la fin de son monde, qui ayant déjà vécu un conflit grave et frôlé l'annihilation n'a pas su en prévenir un second. Les gondas et leur rivaux, les enisors avaient atteint, comme aujourd'hui, une situation de paix garantie par un niveau de puissance assurant l'annihilation mutuelle en cas de conflit. Mais la situation semble n'avoir pas tenu longtemps, et la destruction mutuelle semble de plus en plus inévitable au fil du récit.

Les culture d'Enisoraï et de Gondawa ne sont pas sans rappeler par certains de leur aspects les blocs Soviétique et de l'Ouest. Mais sans que rien ne permette au lecteur de les associer avec certitude.

A travers un récit mélangeant premier degré, à l'époque contemporaine, et métaphore, dans le récit d'Elea. L'auteur explore des problématiques complexes comme le risque croissant inhérent au progrès technique, le pacifisme et son opposition au pragmatisme, le sens de la vengeance, l'amour ou encore, plus terre à terre, les possibilités à court terme de la technologie de son époque.

On y découvre peu à peu le regard d'un Barjavel parfois un peu aigris. Il sait emmener le lecteur dans l'histoire convaincante d'un élan mondial visant un but commun pour l'humanité. Avant que le rêve ne soit rattrapé par la réalité qui le taraude et l'émiette au fil du récit.

Si vous ne l'avez pas encore lu, je vous invite à vous laisser emmener par ce roman. Méprisant les micro-trottoirs et les discussions abruties devant les informations télévisées, décrivant des scènes sensuelles avec talent, René Barjavel n'a pas vraiment l'aspect poussiéreux que je lui imaginais initialement.


dimanche 14 août 2016

La tolérance ne marche pas que pour les traits innés

Les débats sur l'homosexualité, les différentes races ou les différentes cultures me laissent souvent sceptique lorsque je constate que l'argument favoris des progressistes et d'expliquer qu'il n'y a pas de choix.

On ne choisit pas d'être homosexuel.

On ne choisit pas d'être arabe.

On ne choisit pas d'être musulman.

Si ces arguments reposent sur des faits généralement acceptés, avec peut-être une exception pour le dernier. Ils me gênent dans le sens où ils acceptent dès le départ qu'il s'agit fondamentalement d'un problème.

Ceci permet de mélanger dans une même personne une haute estime de sa capacité de tolérance et sont irrespect le plus profond de tout mode de vie différent du sien, voir travail du dimanche, légalisation du cannabis, acceptation d'Airbnb ou d'Uber.


vendredi 24 juin 2016

Brexit, voyons le négatif mais aussi le positif

Un billet très court sur le vote britannique demandant une sortie de l'union européenne.

Il semble courant pour les partisans du "remain" d'insulter Cameron pour avoir eu le bon goût de laisser place à un peu de démocratie sur un sujet tumultueux, et d'insulter les partisans de l'"exit" comme si la pression vindicative et le mépris de leur opinion allait leur donner de bonnes raisons de changer d'avis.

Ne serait-ce que pour les libertés d'échanges et de circulation nous pouvons regretter ce choix légitimement, rabaissant des millions de citoyens européens à cet usage méprisable du passeport et rappelant à l'existence des frontières dont l'absence était un progrès sociétal. Il est vrai également que le meilleur argument de l'Union Européenne, c'était de calmer cette soif de sang qui a longtemps secouée le continent européen.

Je pense qu'il est important de le regretter et de ne pas le mépriser. Il est aussi probablement valorisant de se poser des questions sur le positifs, à l'heure où l'Union Européenne est critiquée pour sa volonté à intervenir sur des politiques auparavant nationales, sa bureaucratie et son manque de transparence. Un précédent sur un état quittant l'Union est une invitation à repenser ou simplement penser sa légitimité et ses limites. Je ne suis pas sûr que la résultante de ce vote soit nécessairement mauvaise sur le long terme.


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