mardi 13 mars 2012

Jean-Luc Mélenchon - Qu'ils s'en aillent tous ! Moi d'abord !

Jean-Luc Mélenchon et son pseudo bouquin de réflexion «Qu'ils s'en aillent tous !».

C'est vrai : «qu'ils s'en aillent tous», à commencer par le Père Noël, Oui-oui, Jésus Christ, Karl Marx et Mélenchon qu'on puisse avoir un peu de place pour réfléchir.

Jean-Luc, il est sympa, il a une bonne bouille de p'tit père des peuples, je ne peux m'empêcher de penser au dernier livre aussi ridicule que le sien que j'ai lu ces derniers temps, celui de Stéphane Hessel. C'est la première fois que je me tape un bouquin de politique politicienne, reconnaissons-le c'est aussi dénué d'intérêt que les autres interventions médiatiques de l'auteur. C'est malsain, biaisé et limite mensongé (de l'autre côté de la limite).


Ce n'est pas un livre d'analyse, puisque rien n'y est expliqué sous prétexte de breveté. Ce n'est pas un programme puisque rien d'autre n'est proposé d'autres que de voir des «citoyens» arrêter de penser à eux et de détrousser les riches (pas vous hein, les riches), ce n'est pas une déclaration d'intention puisque c'est trop long... Qu'est-ce donc ? Un ouvrage de propagande ? Peut-être. En tous cas, une solution adéquate en cas de pénurie de papier toilette, adéquate pour du court terme, irritante sur du long terme... C'est que c'est fragile.

Question fragilité et sensibilité Mélenchon nous sert copieusement, avec cependant la retenu d'un bon gastronome... Comme Hessel, Jean-Luc a l'indignation sélective. Il ne nous jouera pas l'Alzheimer (trop jeune), nous mettrons donc cela sur de la simple mauvaise foi pour vous expliquer que tout vos maux viennent du marché, que la Russie, le Venezuela et la Chine forme des idéaux démocratiques. Le mal c'est l'Allemagne, l'Angleterre, l'Europe et ... et ... et ... li'stazouni.

On prend des pincettes, on allume à tout berzingue, on ne nomme surtout pas ce que l'on veut. On est en plein maccarthysme, on ose pas prononcé le mot, peut-être au détour d'une phrase, du bout des lèvres : communisme.


Refusant de prononcer le nom de son église, Jean-Luc a néanmoins choisi ses ennemis : libéralisme, capitalisme et néolibéralisme... Comment parler de libéralisme dans un pays où l'on a plus de 50 % de prélèvements obligatoires ? C'est-à-dire que chaque personne ne dépense de manière libre que la moitié de ce qu'elle produit. Quand au néoliberalisme, j'hésite à me prononcer ne sachant bien définir le terme. S'agirait-il de l'état de pensé de Keanu Reeves (LE Neo de Matrix) après qu'il ait lu l'intégrale d'Adam Smith (LE papa du libéralisme) ? Si le but est de taper sur les suceurs de sang que sont les grandes entreprises françaises, je propose les termes : capitalisme de connivence, capitalisme à la papa... La réglementation en vue de bloquer l'accès aux nouveaux entrants et favoriser les oligopoles n'est défendus par aucun économiste libéral à ma connaissance. Non ?

Non effectivement...  Jean-Luc s'y attaque plusieurs fois dans son ouvrage son ennemi n'est pas vraiment ce que j'ai cité. Son ennemi, c'est le libre-échange (tel quel dans le texte) et les bandits qui peuvent agir au sein du libre-échange servent sa cause...

Synthétisons : «On m'a vendu un produit défectueux que l'on cesse donc le libre-échange !»

A ce niveau c'est de la propagande. De la bonne propagande qui s'insinue dans des expressions étalées comme des vérités acceptées et donc non explicitées. Par exemple :
  • Les bénéfices sont des «taxes privées»... Une taxe est quelque chose de pris arbitrairement et sans consentement du payeur pour les raisons choisies par le législateur, les bénéfices sont la trace d'une production de richesse au sein de l'entreprise, on a produit plus que cela nous a couté. Si l'on est pas d'accord sur cet état de fait, je l'implore : qu'on en discute, que l'on détaille... Jean-Paul aurait sa place dans une église, il déclare de manière solennelle regardant le ciel droit dans les yeux, ce n'est pas une idée c'est un dogme.
  • Au détour d'une phrase on présente les rentiers et les productifs comme étant opposés. C'est au détour d'une phrase, on ne l'explique pas. Je l'explique donc, l'entreprise rassemble en son sein des facteurs de production : du travail mais aussi des outils et de la matière première, celui qui fournit l'un d'eux grâce à sa richesse participe à la production en lui permettant d'avoir lieu. Il est productif, même s'il n'est pas travailleur. Même si ça fait signer des camarades de la CGT, ça reste faux de prétendre le contraire. Mais là encore, une simple tentative d'explication aurait suffit à préserver un sentiment d'honnêteté.

J'ai parlé église, mais JLM n'aime pas trop les religions. Phénomène étrange cependant pour celui qui manie la plume comme on manie un chapelet, répétant sans cesse la même rengaine sans jamais se poser la question du pourquoi. Page 20 : «[Pour devenir citoyen], il faut s'arracher à tous ses préjugés et à son intérêt personnel, pour proposer ce qui sera bon pour tous», quand on me parle collectivisme de grande échelle, je m'interroge sur l'histoire : où ? quand ? Il peut éduquer le citoyen à coup de contrôle des médias (c'est dans l'ouvrage), à coup de camp de rééducation (ça, c'est un ajout perso), ce qui est bon pour moi aura toujours la primeur de mon choix. Je ne connais pas ces autres gens pour lesquels tu me demandes d'agir coco (notez le jeu de mot). L'individualisme est un état de fait, le collectivisme une négation de ce qu'est l'être humain. On peut marteler l'inverse, ça ne change pas la vérité.


Je pense que l'on peut penser un socialisme qui ne nie pas l'individualisme, un socialisme qui ne veut pas faire de chacun un mouton décérébré prêt à mourir pour la nation (Tiens Marine ! Salut, qu'est-ce que tu fous là ?). Ce socialisme n'a pas de place dans les propositions de Mélenchon, son programme c'est le tout-état, ses références sont celles précités. Ce candidat vous parle d'avenir ? Je suis quasiment sûr de ne pas avoir lu le mot «Internet» dans l'ouvrage, peut-être parce qu'il aurait été bon de placer à côté «liberté d'expression».

Un dernier mot avant quelques points de détail : dans l'hypothèse d'une élection (hypothèse nulle pour les statisticiens) une fois que Jean-Luc aurait fini de financer sa première année à coup d'expropriations, la seconde fera très mal, quand les entreprises seront parties, quand les créateurs de valeurs auront suivi l'invitation de ce titre : partir, voir fuir ce pays et les tarés qui l'habitent ! Ces gens seront loin, l'année 2 sera l'année du grand vide, j'espère que les réformes de planifications économiques (mode URSS) auront portées leurs fruits, sinon on va se ronger les doigts pour faire passer l'hiver.

Rassurons-nous, Jean-Luc fait juste de la propagande, il sait aussi bien que vous qu'il n'a aucune chance.


Quelques autres points pour la route :

Page 27 : «Pour [être un citoyen], il faut pouvoir "prendre de la distance". Avec son intérêt personnel et ses préjugés.»

Page 50 : nombreuses références à la nuit du 4 août 1789, nuit qui aurait conduit à la limitation des rentes... Cette étape de l'histoire est connue principalement pour l'abolition des privilèges, pas pour la limitation des rentes. Mais bon, tordons l'histoire comme bon nous semble, elle nous le rendra...

Page 85 : démontage en règle du manque de laïcité de Sarkozy, je ne suis pas contre sur le principe hein, mais quand c'est chasser un dogme pour en mettre un autre ça me fait toujours sourire. Le communisme est la plus récente des religions monothéistes, son dieu : une création éthérée que l'on appelle le peuple, cette raison de vivre et d'avoir faim qui secoue encore des estomacs à Cuba et en Corée du Nord.

Pénurie de laxatif ? No soucy, le blog de Méluche est là


mardi 21 février 2012

Time Out

Quand un chanteur passe au cinéma, je n'ai pas vraiment envie d'être dans ce cinéma. Ça sent le commercial, c'est fait pour cartonner au box office mais c'est pas forcément bien produit ou réalisé. Malheureusement, Time Out ne rentre pas dans mes cases, plutôt bien réalisé, bien que quelques scènes et dialogues auraient pu être mieux travaillées, j'ai vraiment pris un grand plaisir à regarder ce film.

Une belle contre-utopie où la monnaie est devenu le temps de vie, si vous êtes riches vous êtes immortels, quand vous êtes pauvres travailler vous permet simplement de passer la journée (l'équivalent d'un smic passé à une base journalière pour un travailleur parisien). Mais que se passe-t-il quand une population devient immortelle ? Quand plus personne ne meurt ? Dans ce monde on peut faire ce dont certains rêvent pour gérer les retraites : mourir un peu plus jeune contre un peu de bon temps.

Qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un homme qui devient immortel ?

«Don't waste my time.»

Un bon film aurait pu s'arrêter là, heureusement il va plus loin...

Par exemple, que se passe-t-il si l'immortalité devient accessible pour l'ensemble de la population ? Si la mort ou la santé cessent d'être des problèmes, est-ce que l'on peut gérer cela facilement à l'échelle d'une société ? Avec ce que cela peut impliquer de changement autour de la motivation au travail. Sortons du cadre du film : que feriez-vous si tous vos besoins étaient saturés ? Par exemple : plus de faim, plus de risque d'un lendemain dangereux, plus d'envies, on peut tout remettre à demain ou à dans un siècle. Ça changerait un peu la donne non ?

Cependant que deviennent la richesse et le pouvoir si plus personne n'est là pour produire ou vous servir ?

Le temps de vie bridé et utilisé comme monnaie peut-être une solution adéquat à ce saut technologique difficilement gérable au niveau de la civilisation. C'est quelque peu machiavélique mais c'est peut-être tout l'objet du film, c'est peut-être aussi son intérêt. Une thématique de fiction bien construite permettant d'aborder une grande quantité de sujet de société ou d'économie comme la manipulation de l'offre et de la demande, le port d'arme, la liberté, les équilibres de marché ou l'inflation derrière un sujet premier que l'on peut lier à la singularité.

Le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et de Lord Of War vous offre un film qui mérite au moins un coup d'oeil aussi intéressé que celui qui vous avez pu donner à ces deux derniers films.


Grèce : la note est à 350 milliards

Du moins c'est le calcul du Figaro, ce seraient 350 milliards d'euros qui auraient été déboursés pour aider la Grêce à ne pas faire faillite.

C'est l'équivalent d'environ 125 % de son PIB de 2008 du pays, un peu comme si la France avait reçu par aide ou effacement de dette le même montant par rapport à son PIB de 2008 ça nous donnerait 7,5 fois plus (voir), donc 2 637 milliards d'euros environ. Si on met les 0 ont comprend que c'est gros 2 637 000 000 000 €.

Si tu habites en France cher lecteur et que l'on met donc cela à ton échelle en divisant par le nombre d'habitants et caricaturant un peu, c'est un peu comme si on avait oublié 37 671 € dans tes crédits, ou bien qu'on te les avait donné.

Ca fait un petit moment qu'on te bassine à vouloir sauver la Grèce pour au final avoir le coût du sauvetage additionné à celui de la faillite. Si tu as aimé, on s'appelle quand viendront les thématiques portugaise, espagnole, italienne, irlandaise ou peut-être française, on va bien s'amuser avec les manettes de l'économie !


vendredi 27 janvier 2012

Programme du PS : un programme à hauteur de sa communication

Si l'UMP doit partir du pouvoir, il va bien nous falloir quelques génies pour redresser la France, au PS on aimerait bien croire que c'est dans la poche. En conséquence, on bâcle un peu.

François grand répartiteur de richesse laisse du travail aux journalistes, le projet est donc présenté de manière infecte sur une seule page 60 points sans possibilité d'obtenir un lien vers un seul des points particulier : y'a bon... A mon avis l'individu qui s'est penché sur la manière de présenter ce programme a dû s'impliquer dans le slogan : "Le changement c'est maintenant" un truc bien plat et bien chiant, ça doit être certainement pour compenser l'aspect sautillant et énergique du candidat.

Honnête homme, François Hollande balance des chiffres. Si je peux me permettre, je vais faire de même.

Si quelqu'un veut bien envoyer ça à Michel pour validation

Honnêtement, j'ai pas plus l'air d'un con avec mes 6 % en 2014 que le PS avec ses 2%, la différence de 4% c'est parce que je suis trop balaise. Je sais que c'est la crise, je sais bien ça, mais bon avec un bon programme creux ça peut tout changer non ? La France elle chie des briques hors crise, elle envoie facile du 1,1 % croissance tous les ans. Alors imaginez la France, en crise certes, mais avec François Hollande, je trouve que 2,5% de croissance en 2017 c'est même un poil léger non ?

Je taille, je taille, mais c'est vrai que la partie chiffre était un peu fun.

Je vais pas me taper tous le programme hein !

Parlons juste de la partie logement (proposition 22 et 23). Je récapitule pour ceux qui étaient partis au Pérou ou à l'Assemblée Nationale ces trente dernières années : les logements en France y'en a pas trop trop.

Alors c'est sûrement de la faute aux méchants propriétaires qui ont des logements et qui ne les louent pas. Pour en arriver à te bloquer un pays il faut une armée de cons. Cons parce qu'incapables de comprendre qu'ils pourraient attendre que les autres fassent monter les prix tout en empochant leur loyer. En effet, avec un bon paquet d'acteurs ça tient pas super super bien les oligopoles.

Ca pourrait aussi être très marginalement dû au fait qu'obtenir un permis de construire dans ce pays est un véritable parcours du combattant et que, du coup, on manque un peu / beaucoup de logement. La solution : faire des logements sociaux et plafonner les loyers bien sûr ! Je vais une nouvelle fois passer pour un extrêmiste mais je ne pense pas que :
  • Ce soit une vision de société passionnante d'avoir une population logée dans des logements sociaux (même si ça fait des électeurs sympas quand on en construit
  • Contraindre les loyers et empêcher les ajustements de prix d'un marché soit la meilleur des choses à faire, la conséquence logique de la chose pourrait être une pénurie effective de logement (i.e. même pour les gens qui peuvent payer)
Enfin voilà, faudra que je fasse la même pour l'UMP lorsqu'on nous aura proposer THE programme pour achever la France.


vendredi 13 janvier 2012

Xavier Niel & Free Mobile : ne boudons pas notre plaisir ou La main invisible est passée sur le marché français

Vous n'avez pas pu le rater, sauf à suivre TF1, mais sinon, vous avez du entendre parler du lancement de Free Mobile.

Vous êtes certainement restés scotchés de voir que là où les uns et les autres peuvent facturer plus de 100 € par mois, Free Mobile vous offre mieux pour 19,99 € par mois. Ne ratez pas non plus le démantèlement en règle du forfait social monté par le gouvernement et les opérateurs lorsque Free fait mieux pour cinq fois moins cher ! Notez bien que pour le pouvoir d'achat des plus pauvre un acteur privé à fait cinq fois moins cher en gagnant de l'argent là où l'Etat se vantait d'avoir fait preuve de miséricorde.


Les jérémiades de la concurrence sont d'un immonde pathétique pathétisme :
  • Bouygues se serait fait troller par une employée de Free sur sa page, on notera cependant que rien n'exclut qu'elle se soit effectivement faite niquée par Martin B. un petit vendeur de l'opérateur
  • Orange prétend qu'il n'y a pas que le tarif dont une offre de télécommunication, vous vous rappelez ? "Internet par Orange", YouTube bridé, vos communications analysées juste pour votre sécurité, la Orange TV que personne ne regarde, etc.
  • "Ahhhhhh, j'ai eu des problèmes de SAV", la réplique ultime. Cherchez moi un seul opérateur Internet contre lequel on ne peut pas trouver un cas similaire ! Allez-y, for the lulz comme disent les jeun's outre atlantique
  • Les tarifs du roaming n'ont pas été baissés partout (peut-être même montés par endroit). Ils ont été baissé, mais pas partout ? Super argumentaire ! "Restez chez moi ! Je vous fait plus et partout." Petits coquins !
  • Si Free donne un abonnement à 2 € gratuit par Freebox c'est parce qu'ils gagnent de l'argent... Nonnnnnn, sans déc' ? C'est trop ouf ça ! Les salauds !
Je ne passerais pas 20 minutes à comparer les services sur l'aspect Internet, mais à la différence des autres opérateurs Free n'a jamais vendu une box bridée comme le fait SFR pour vous refacturer derrière l'usage du disque dur, Free n'a jamais cherché à constituer une offre pléthorique de services inutiles comme se le permet par exemple Orange en vendant, entre autre, une "option professionnels" (comprendre très cher) et en se permettant de couper l'accès internet en plein milieu de jour ouvrable pour les mises à jour.

Notons par ailleurs que toute fanfaronnerie mise à part, je crois qu'au jeu de qui baissera le plus les prix Free pourrait bien gagner. Les opérateurs historiques (hystériques ces jours-ci) ont une structure de coûts radicalement différentes de Free, ils supportent des frais de structure bien plus importants. A titre d'exemple Orange (France Telecom) se trimballe une ribambelle d'ex-fonctionnaires invirables et démotivés (et Christine Albanelle fait office de cerise sur le gateau, fallait bien payer Hadopi), la méthode "suicide" ayant été identifiée comme gênante en terme de communication, ça commence à devenir vraiment compliqué pour le groupe. J'appuierais cela avec un autre constat : Free est aujourd'hui l'opérateur qui a l'offre la plus compétitive pour ses clients, mais c'est aussi celui qui dégage les plus grande marge opérationnelle (à confirmer) : peu de points de ventes, simplicité relative de l'offre, communication limitée (oui : ça coute du pognon les affiches).

Mais oublions ces histoires financières et ces gamineries : on a pris un mec la main dans le sac, il cherche des excuses, c'est assez naturel.

Internet n'est pas un minitel 2.0 et les opérateurs ont (avaient ?) tout à gagner à s'entendre pour surexploiter un secteur en perte de capacité à créer de la valeur.

Free Mobile et Xavier Niel ont fait quelque chose qu'ont ne voit pas souvent en France : attaquer un marché verrouillé autrement qu'avec une logique de nouveau parasite, dans une pure logique concurrentielle. Ils ont taillés drastiquement dans leur marge pour aller conquérir celui-ci. Ils ont jouer à 100% le jeu de la concurrence, ils ont montré que même en France on pouvait voir du changement, un changement qui arrive autrement que par un décret, une illustration de ce que peut faire le marché lorsqu'on le laisse un tant soit peu agir (même si j'imagine que ce n'était pas facile sur le marché des télécoms).

En France on est trop endormis, trop habitués à se faire avoir sur le gaz, l'essence, l'électricité, les communications, la santé, les banques, etc... C'est sûr que ça doit faire bizarre à plus d'un mec de voir qu'en se bougeant un petit peu le cul on peut diviser les prix par deux, je rappelle au passage que dans le genre "bien balisé par l'Etat" on fait difficilement mieux qu'un marché où l'on taxe toutes les 5 minutes et où l'on a mis en place une autorité de régulation (comprendre éradication) de la concurrence (l'ARCEP qui a un site bien laid au passage).

Allons plus loin rentrons dans des points de détails qui font plaisir, Free agit différement car Free est basiquement resté sur son métier de base : fournisseur de service de télécommunication. A l'opposé Orange se voit en tant que fournisseur de média, ça signifie que chez l'un vous payez un accès Internet, chez l'autre une version évoluée de la télé. Quand Free permet explicitement d'utiliser son forfait 3G pour se connecter avec tablette, PC ou autre, Free ouvre des portes. Là où les autres vous menaçait à un tarif de quasiment 1€/Mo, Free met un fair use à 3Go. Niel s'est abstenu dans sa présentation de préciser qu'Orange et consors vous menacent (voir appliquent) un tarif tel que l'on peut voir que Free facture 19,99€/mois pour un service où les autres par mesure répressive disent facturer 3 000 € (oui, troissss milleuuu euroeu), trois mois d'un salaire de prolo quoi.


Autre point qui fait du bien à la tête : Free a réduit les conditions générale de vente (et d'abonnement) à une seule page (donc deux si on additionne) écrite dans une police petite, mais lisible car noir. Pour comparaison SFR fournit ses CGA ici, il y a plusieurs version, la première fait 35 pages qui, a bien y regarder semblent en format A3 (pour arriver à une police comparable), ce qui nous amène donc à 70 pages ; attention à l'effet design : gris sur fond blanc. Free a fait quelque chose de jamais vu depuis un paquet d'années : un contrat que l'on peut lire avant d'acheter.

On vous a pris pour des dindes pendant des années, vous avez un opérateur qui fait mieux (et de mon point de vue : beaucoup mieux) pour deux fois moins cher (parfois plus). Votre opérateur vous propose de s'aligner et vous restez ? Prenez une glace, mettez vous devant et dites : "Je suis un pigeon", dites le autant de fois que vous avez passé de mois à payer trop cher un abonnement chez quelqu'un qui manifestement est en droit de vous plumer une seconde fois. "Fool me once, shame on you. Fool me twice, shame on me" / "Tu me trompes moi une fois, honte à toi. Tu me trompes deux fois, honte à moi". Il n'y a pas de bon fonctionnement possible de l'économie de marché quand tous les acteurs se trompent entre eux sans aucun risque. Vous voulez de meilleurs offre faites payer ce risque, quittez votre opérateur si vous le pouvez !

Je vous dis ça en ayant pleinement conscience qu'il n'est pas improbable que Free ait des ratés au début, je n'ai pas prévu de devenir un fan boy, je serais indulgent de mon côté.

Alors si vous n'êtes pas engagés ailleurs pour vous abonner c'est ici.

Et il n'y a pas d'autres moyens de remercier les gens qui ont rendus cela possible que de le dire haut et fort : merci aux équipes de Free, aux institutionnels qui ont rendu cela possible (ARCEP entre autres) et aux partenaires de ce lancement (oui Orange aussi, on ne peut pas être mauvais partout).


mercredi 4 janvier 2012

Combattre les abus des élus et des administrations, est-ce utile ?

Bonjour, bonne année, j'espère que vous avez passé de bonnes fêtes que vous êtes parés pour 2012 car mon petit doigt me dit que vous allez en chier. En même temps, ça vous apprendra à ne pas bosser !

Sérieusement c'est quoi ce déficit de plus de 100 milliards tous les ans (150 milliards pour 2012 il me semble) ? Faut arrêter de vous foutre en arrêt maladie hein ! Quoi ? Vous n'avez rien fait dites-vous ? Même un petit arrêt maladie ? Même pas un petit vote pour un petit démago ? C'est que ça suce un démago au pouvoir ! Du chômage peut-être ? Dire que tout le monde en a bouffé, ce n'est pas vraiment vrai sans être totalement faux.

Si vous serrez la main à un politique et discutez quelque peu avec lui du sujet de son train de vie ou des abus et incompétences de ses comparses, je vous suggère tout d'abord de recomptez vos doigts et de vous rappelez ses propos. L'idée de fond est de ne surtout pas se pencher sur les dépenses et les abus des élus et des administrations sous le prétexte que le petit four à 2€ pièce aux vœux de votre député-maire UMP favori n'est qu'une goutte par rapport à 1 € dépensé pour la santé de chaque français ou pour les allocations familiales. Sur le fond le raisonnement semble effectivement imparable et il me semble vrai que les problèmes du pays ne sont pas que des problèmes de gestion mais des problèmes de fond : des problèmes sur le modèle économique français, des problèmes sur l'acceptation de cet état omniprésent et aussi des problèmes sur le fait que les problèmes de gestion soit jugés inoffensifs.

Si vous le voulez bien penchons nous sur le budget "petit four", le budget "déco", le budget "bouffe entre élus", le budget "pute à Seoul" "déplacement et frais de représentation" et les autres budgets plus ou moins assimilables à du luxe, de l'abus, de la mauvaise gestion voir même de la corruption ou autres abus de biens sociaux (le terme n'est pas utilisable pour des élus, on l'appellera plutôt prise illégale d'intérêt).

Ce qui m'a fait tiqué sur le sujet est un article racoleur de Rue89 sur le sujet du maire de Menton : M. Jean-Claude Guibal qui se serait fumé 20 000 € de cigares. Une fois l'article lu, il faut lisser le chiffre sur 4 ans, soit donc 5 000 € de moyenne annuelle (petit joueur). Guibal parle de dépense d'un budget protocole, d'autres parlent d'argent dépensé inutilement, devenons extrémistes acceptons qu'il s'agit d'argent inutilement dépensé, ne tergiversons pas sur ce point, ce n'est pas l'objet de ces quelques lignes.

La mairie de Menton ne fournit pas de détails hallucinants sur son budget : ceux fournis se limitent aux sources d'argent, rien sur les dépenses. "Je t'explique combien je te prends mais je ne te dis pas trop pourquoi". Je regrette donc d'être contraint à l'extrapolation, j'aimerais pouvoir me baser sur des vrais chiffres mais impossible de trouver les chiffres d'une mairie en ligne...

Nous allons essayer d'être raisonnable dans nos estimations et prendre au préalables quelques chiffres :
Quels sont les budgets "inutiles" afférents à une mairie ?
  • Cocktails divers : j'espère bien que l'on atteint bien le plafond dix fois le plafond des cigares (et je pense être dans une estimation très basse) : 50 000 €
  • Repas des anciens et le traditionnel petit panier quasi institutionnel dans notre pays : au moins 15 € par tête en comptant les absents, ça me donne 92 000 € (22% de 28 000 démultiplié à 15 €) ça fait 19 années de cigares
  • Le budget "affiches à la con" pour vous souhaiter la bonne année ou encore vous expliquer que l'on vous aime, je vous propose une moitié de cocktail, 5 années de cigares : 25 000 €
  • Le budget "je claque plus de blé pour la classe" ce que j'entends par ce terme c'est tous les parterres de fleurs inutiles, les mairies brillantes et joyeuses, les petites dorures sur les poignées de porte. Si vous avez un doute sur la réalité de ce que j'évoque je vous invite à regarder l'illustration de l'article, la ville est Epinay-sur-Seine en pleine Seine Saint Denis, les gens sont dans des taudis, leurs modestes serviteurs et représentants dans des palaces luxueux juste en face (vérifiez par vous même !). Pour ce budget, disons qu'il coûte seulement 2 € par habitant, arrondissons donc à 12 années de cigares : 60 000 €
  • Le budget "feu d'artifice", la patrie, la grandeur, l'éclat et tout ça, ça a un coût, remettons 6 années de cigares (1 € par habitant) : 30 000 €
  • Le budget "guirlandes" : 4 années de cigares : 20 000 €
  • Le budget "déplacement" : hôtel, repas, transport pour aller serrer quelques pognes à droite ou à gauche, une année de cigares : 5 000 €
Faisons les comptes : 
  • Année de cigares : 5 000 €
  • Cocktail : 50 000 €
  • Anciens : 92 000 €
  • Affiches : 25 000 €
  • Classe : 60 000 €
  • Feu d'artifice : 30 000 €
  • Guirlandes : 20 000 €
  • Déplacement : 5 000 €
Nous voici à 287 000 € soit 57 boites de cigares, sur 28 000 habitants, on est à 10 € par habitants, ramenez aux français, ça nous fait 650 millions : uniquement sur les communes.

Développons un peu, nous ne pouvons nous limiter aux communes, je pense que l'on peut au moins faire autant sur les département et les régions, et encore autant sur l'Etat. Il est bon le millefeuille administratif à 30 € par an ?

Communes + Etat + départements + régions = 1 950 millions.

1,9 milliards sans rien changé aux services fournis par l'état, sans diminuer la moindre subvention, la moindre indemnité, le moindre budget de fonctionnement ou le moindre salaire.

2% du déficit, sans rien supprimer, c'est rien ?

Intégrons je vous pries un effort de 50% uniquement sur les rémunérations de nos serviteurs, nous le pouvons, eux aussi, ça fait 600 millions selon H16. On est à 2,5 milliards. On a pas encore touché aux retraites des élus qui peuvent à mon sens en rapporter autant que la taille des salaires (montant plus faible mais assiette plus large), voici donc 3 milliards.

Intégrons je vous pries le même type de constat que l'on devrait pouvoir tirer en mettant le nez dans les comptes des organismes parapublics ou franchement indécemment financé : associations humanitaires, syndicats, sécurité sociale, pôle emploi. Même montant ? 3,6 milliards.

3,6%... Vous êtes juge.

C'est également 7,2 % du déficit de 2007.


mardi 13 décembre 2011

Victorian Undead

Sous titré Sherlock Holmes Contre Les Zombies, Victorian Undead pourrait être un parfait comics de série B. Sherlock Holmes va se donner une nouvelle fois au grand jeu de qui va sauver le monde.

Tout est là, un certain Dr Watson, médecin et ancien militaire dans les armées de sa majesté, Mycroft, le grand frère de Sherlock qui lui travaille directement pour la reine dans un bureau obscure à une fonction tout aussi obscure, et l'inspecteur Lestrade est aussi du côté des gentils. Vous croiserez naturellement le professeur Moriarty et son acolyte Sebastian Moran, comme vous le voyez toute la petite famille est là.

Côté scenario, je ne gâcherais rien en vous expliquant qu'il parle très basiquement de zombies assez standards, des cadavres animés par le seul besoin d'alimentation et strictement bornés au régime d'Hannibal Lecter.

Là où l'oeuvre est sympathique c'est par sa réalisation, un Sherlock Holmes très holmesque avec ses petits jeux d'énigmes et sa déduction efficace, un Watson pas trop bloqué dans une fonction décorative et humoristique. L'histoire est plutôt bien mise en oeuvre et racontée, c'est un plaisir à lire. Le dessin est un des points positifs de l'oeuvre, Davide Fabbri a un trait réaliste et bien colorisé, et cherche à apporter un grand soin à la mise en scène.

Victorian Undead sur Amazon, contrairement au titre indiqué il ne s'agit pas que du tome 1, mais d'une histoire complète. Je vous conseille d'acheter plutôt l'ouvrage en librairie, le prix éditeur indiqué au dos est de 13 € au lieu des 13,30 € d'Amazon


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