dimanche 31 mai 2026

Méritocratie, déterminisme: entre état de fait, idéal et credo

J'aurais pu également inclure libre-arbitre ou égalité des chances dans le titre. Mais on est déjà assez pompeux comme ça.

Contextualisons

Le libre-arbitre ou par extension le pouvoir d'un individu sur sa propre vie est une question intéressante.

D'un côté, une vision de liberté où l'individu se construit, se choisit et dessine ses choix. Et il construit ses victoires : ses récompenses, son statut sont le produit de son travail, de son talent. Cette vision du self-made man glorifié. 

La méritocratie implique que le libre-arbitre existe, l'inverse non. Si l'individu ne fait pas de choix, il n'y a pas de mérite.

D'un autre, une vision mécaniste du monde. Pour paraphraser un philosophe, "Le soleil a beau être très puissant, il n'en décide pas plus sa direction dans l'univers". Et si l'homme était un astre, ses caractéristiques seraient ses origines sociales, c'est le déterminisme social : dis-moi d'où tu viens, je te dirai où tu vas.

S'il fallait élargir le déterminisme pour inclure plus de variables, peut-être glisserait-on également les capacités physiques et intellectuelles de l'individu ? Dont le développement, et parfois même, le caractère inné sont une conséquence du milieu social.

L'existence du déterminisme n'exclut pas que l'individu ait un libre-arbitre mais elle lui retire son impact. Le crédit de sa situation sociale revenant à ses origines, elle efface le mérite et donc la méritocratie.


État de fait

Les deux parties ont leur défenseurs et surtout leurs nuances. Dans le débat populaire, on a souvent l'impression que ceux qui regardent en bas de l'échelon social qu'ils pensent pouvoir atteindre valorisent plus l'idée de mérite, ceux qui regardent en haut de celui-ci penchent vers le déterminisme. Il serait peut être très illusoire de s'imaginer exclu de ces schémas, je plaide coupable.

Dans la richesse, les uns s'attribuent leur mérite en tant que producteurs, les autres leur part s'appuyant sur l'absence de mérite des producteurs.

Il y a indéniablement du vrai des deux côtés que l'on regarde en haut ou en bas de l'échelle sociale. La mobilité est limitée, les efforts moyens mais sincères d'un idiot alcoolique le feront difficilement bouger qu'il soit né au RSA ou né millionaire. Il y a peu de choses qui peuvent arrêter celui se dédie corps et âme à son ascension sociale. Même si la pierre ne tombera jamais bien loin du lanceur, il est clair qu'un fermier du Botswana ne sera pas le prochain Elon Musk. Ou que le sixième rejeton de Bernard Arnault, s'il décidait de l'enfanter, finirait à 25 ans chômeur au RSA.


Idéal

Si tout le monde s'accorde généralement à valoriser le mérite, c'est pratiquement la définition de la chose. On en attribue moins au déterminisme, qui sonne, et à juste titre, comme une diminution du mérite.

Même si je suis tout à fait enclin à reconnaître qu'une société "sur-déterministe" qui maintient la plèbe à sa place, pratique le népotisme et les arrangements entre amis n'est pas souhaitable. Une société "sur-méritante" qui spolierait au nom de l'égalité des chances chaque parent de ce qu'il pourrait apporter à son enfant d'éducation, de capital, de savoir-vivre serait une société tout aussi atroce. Aider l'avenir de ses enfants fait partie de la jouissance essentielle de son capital (sous-entendu de son travail également).

Reconnaissons que nous sommes aujourd'hui probablement plus dans la première situation que la seconde.


Credo

Reconnaître que nous sommes aujourd'hui plus dans une situation de sur-déterminisme ne doit néanmoins pas nous induire dans un schéma absolu. Ce serait de dire qu'il n'existe pas de méritant et que le mérite n'existe pas. Reconnaître le sur-déterminisme et le renforcer en tant qu'état de fait sont deux choses différentes.

J'ai ouvert cet essai par le thème du libre-arbitre à dessein. Car même dans une vision déterministe où "ce que je suis" détermine "ce que je serais", mes croyances font partie de "ce que je suis"... et elles influent énormément sur "ce que je choisis" (de faire). Et si je pense que je n'ai pas d'impact, alors, je ne fais rien. Il y a donc une dimension auto-réalisatrice.

Une société qui voit dans le succès une absence totale de mérite est une société qui finit plus par éradiquer le succès plus que créer le mérite. Ceci par un double jeu, d'un côté premièrement en retirant les incitations économiques au succès par la taxation, d'un autre côté les incitations sociales en rejetant l'idée même du succès ou de la richesse.

Le chemin vers plus d'égalité des chances est probablement plutôt celui qui facilite le succès par l'effort par opposition à la rémunération des rentes. Le succès se favorise par une facilité à agir (entreprendre dans tous les sens du terme) et un accès aux moyens d'actions (savoir au sens large et capital).


samedi 2 mai 2026

Isaac Asimov - Fondation

Ce bon vieux Isaac a laissé quelques traces dans la littérature. Fondation est historiquement son oeuvre la plus connue, même si elle est probablement éclipsée aujourd'hui par Les Robots.

Initialement publiée sous forme de nouvelles, le récit est incroyablement digeste. Si l'on exclut l'univers fantastique, l'ouvrage est dominée par une intrigue politique très forte et pauvre en scènes d'actions. En écrivant ces lignes, je me fais la remarque que les narrations d'action sont finalement assez pauvre en réel action, Le point de ces batailles, combats, escalades épiques peut être souvent résumé à quelques lignes. L'action avance, l'histoire non.

Cette observation m'a d'ailleurs rappelé les premières saisons de Game of Thrones, où le budget demandait peu de scènes d'action, mais le rendu final faisait l'unanimité par rapport aux saisons suivantes.

Les différentes parties de l'histoire étant séparées de plusieurs décennies, la profondeur des personnages reste limitée à celle que l'on pourrait voir sur une nouvelle. Ce côté fractionné en fait également un livre que l'on peut laisser de côté quelques jours sans être perdu à la reprise.

Fondation narre la chute d'un empire galactique prédite par la psychohistoire, une science, créée par Hari Seldon, capable de prédire le future en modélisant mathématiquement les grandes tendances du monde. Il prédit un chaos multi millénaire. La science permettant de prédire le monde, elle permet aussi de l'influencer. Ainsi, sans pouvoir arrêter les forces en jeu, Seldon cherche à éviter un chaos multimillénaire à l'humanité.

Il crée donc la Fondation n°1 sur une planète reculée de la galaxie. Moitié victimes, moitié protagonistes, les membres de la Fondation vont devoir affronter différentes crises, prédites par Seldon, mais desquelles ils sont ignorants. Laissant donc place aux intrigues politiques, ou chaque faction pousse pour ses intérêts et sa vision.

Riche en rebondissement, c'est une lecture très adaptée à l'ère contemporaine questionnant la nature réelle du pouvoir et les limites d'une science toute puissante.

Illustration par Michael Whelan


lundi 8 septembre 2025

Vote de confiance, la sensation d'un double naufrage

Sans que ce soit un événement sans précédent, le vote de confiance et le départ annoncé de François Bayrou de son poste de Premier ministre sont un petit événement au niveau de la politique française. Voir au niveau du monde, la trame de fond est la dette de la France. J'imagine que quelques personnes ont un léger sentiment de s'être réveillés Cassandre.

Coalition of the willies ou pas, il va falloir la jouer sacrément sioux pour être crédible sur la scène international lorsqu'il y a des évocations d'une venue du FMI pour gérer le bordel ambiant. Ca ne va pas rattraper les scènes d'humiliations outre-atlantique.

Bref, cette introduction pour dire que devant le naufrage, j'ai laissé la curiosité me piquer et tenté de voir le vote en direct. Je pense que si le résultat ne laissait aucun doute pour personne. Le processus en lui-même valait le coup.

La session démarrait à 15h, pratiquement visionnable via le système de streaming de l'Assemblée Nationale... avec quelques saccades et uniquement sur Chrome, mais bon... c'est ça d'avoir un petit budget.

Il aura fallu approximativement 4h pour accoucher du résultat effectif. Discours du Premier ministre, le capo dei clapotis, suivi des discours des têtes des groupes de l'Assemblée Nationale. La plus part énervés. A coup de 30 minutes chacun, le temps est long, très long. Ca s'emmerde sec sur les bancs de l'Assemblée. Les français ont une réputation d'être bons amants, ils apprécient probablement les préliminaires. Mais quand s'il s'agit d'emmancher l'électeur et la nation, on apprécierait que le coup de grâce vienne plus vite.

Reconnaissons un peu de positif d'abord, l'éloquence est là. C'est beau, ça m'apprend des mots de vocabulaire, j'en raffole mais ça ne rattrape pas le pathétique de l'histoire.

Dans les positifs, mention spéciale ! Le Premier ministre a réussit l'exploit de se mettre la totalité de l'Assemblée à dos avec sa proposition de supprimer des jours fériés. C'est à se demander jusqu'où cette autruche arrive à enfouir sa tête, voir si c'est bien sa tête que l'on voit s'exprimer.

Les attitudes dans l'Assemblée sont peut-être à l'image du milieu nauséabond de la politique française. On y interrompt l'orateur, on l'invective, on grogne, on papotte. La Présidente de l'Assemblée Nationale fait un travail de professeur en ZEP, les dorures et les portiers en plus. Pour la France !

Chacun applaudit son camp et, au mieux, ignore les autres. Le Premier Ministre finit son intervention et est visiblement occupé sur son téléphone pendant qu'un autre orateur suit. L'addiction au digital, que voulez-vous.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, la nation et son drame.

 

Je fais quelques calculs également, pour la forme. 4h de présence à l'assemblée c'est une demi-journée de travail. Même si je doute que dans l'euphorie d'autres choses aient été faites aujourd'hui, on va partir sur ça.

Le coût annuel d'un député est d'environ 91 000 € bruts, admettons que l'état paie des charges patronales ou un équivalent, on arrive à 127 000 €.

Ca doit probablement prendre quelques jours au frais de la princesse à droite à gauche, mais comptons 218 jours de travail. Le jour de travail coûte 580 € au contribuable, sans compter le personnel, les frais de l'Assemblée, les hôtels, et tout ce qu'on peut imaginer.

Les députés étaient 573. Puisqu'il faut les oublier, on oubliera les Ministres de l'actuel gouvernement. La petite sauterie télévisuelle et télévisée aura coûté un minimum de 170 000 €, probablement le double ou triple. Et personne ne grincera des dents parce que ce n'est pas un dîner avec un vin un peu trop cher. Ce sont des libations au panache de la nation.

Sinon l'Assemblée en elle-même revendique un budget de fonctionnement de 600 millions, donc 1.5 millions la demi-journée.

 

Alors, si j'arrête l'ironie, je dois poser deux hypothèses. Soit ces gens sont un poids mort pour la société, et il est à la charge de celle-ci de les occuper à ça ou autre chose, et là, effectivement, la Présidente de l'Assemblée Nationale gère belle et bien une classe de ZEP. Soit on considère qu'ils ont un intérêt productif pour la société et c'est juste une autre perte de temps et d'argent. Parce que l'ego du Premier Ministre lui imposait d'exploser en vol et que chacun y voit ses trentes minutes de discours, la belle occasion d'amortir ces heures à trouver la vanne parfaite.

J'imagine qu'il y a des miroirs dans les toilettes du Palais Bourbon. Il serait temps de les observer un instant. Si possible pour autre chose que s'adonner à l'onanisme.


dimanche 25 mai 2025

Interdépendance

Interdépendance, coopération, mondialisation, globalisation, beaucoup de presque-synonymes.

Autarcie, indépendance, autonomie, souveraineté, d'autres presque-synonymes antonymes des premiers.

Le choix des mots reflète bien souvent l'opinion de celui qui les emploie. Je continue dans les quelques débats qui me semblent s'y rapporter.


Le COVID a mis en avant les fragilités de la logistique mondiale, et aussi ses conséquences internationales. Peut-être au mépris des autres et de l'humain, peut-être légitimement certains états ont privilégié leur population à leurs engagements et au droit.

Les agressions russes en Ukraine sont pénalisées depuis 2014 par des sanctions économiques, dont l'efficacité est critiquée par certains, mais force est de constaté que c'est un sujet qui revient lorsque sont couvertes les discussions pour la fin des hostilités dans l'actualité. La Russie n'est pas une exception dans ce genre de pratique du monde occidentale pour imposer une vision et pénaliser un comportement. Iran, Chine, Hongrie, Israël...

Beaucoup de pays, dont la France et les Etats-Unis, ont des positions visant à promouvoir une renaissance d'une industrie locale, principalement autour d'idée de création d'emploi et de richesse. Ceci suivant une démarche selon laquelle, il est possible que l'économie tertiaire ne soit pas aussi solide, robuste et inclusive que l'on aurait pu l'imaginer il y a 30 ans.

D'autres encore promeuvent le développements de pays du tiers monde, qui s'ils ne vivent pas de subside des autres, vont devoir trouver des choses à vendre sur la place mondiale.

Le coût écologique du transport, souvent mis en avant, est en réalité souvent une fraction plutôt faible voir dérisoire sur un produit fini.

Autre idée, je crois, développée par Adam Smith, si les nations échangent, elles auront moins d'intérêts à se faire la guerre. Même si cette idée peut-être nuancée, beaucoup de guerres dans l'histoire n'ont pas vu les flux économiques entre les belligérants s'interrompre.

 

Fin des éléments factuels, début des idées personnelles.

 

Les conclusions relatives aux points précités sont souvent antagonistes : on ne développe pas une industrie locale, sans diminuer ses échanges avec d'autres, ce qui n'est pas sans conséquence pour eux, et ce qui diminuent les leviers et les raisons de rester en paix.

Ainsi je pense que la bonne position est une position d'équilibre.

  1. Les bonnes politiques doivent pouvoir être réciproques et soutenables.
  2. Un pays (voir même une région) doit être en capacité de nourrir sa population. Ceci afin d'éviter que les fragilités logistiques menacent un élément fondamental de la vie. Ceci est conciliable avec une économie de marché ouverte et un maintient de prix: si l'Etat veut garantir l'autonomie sur ce sujet, il doit donc être un acheteur de dernier ressors maintenant les prix, quite a détruire un éventuel surplus. Ou par une politique de subvention de l'agriculture. 
  3. Une même idée, peut-être plus nuancée en fonction du climat, autour de l'énergie. A défaut d'être produite localement, celle-ci devrait à minima soit être fortement diversifiée, soit être productible localement rapidement en cas de besoin exceptionnel.
  4. Dans cette même idée, d’exceptionnalité, et sans savoir si la chose est techniquement imaginable. Avoir quelques sites industriels convertibles en un interval de temps rapide vers une production ou une autre. Ceci pourrait être privatisé, les industries sous contrat se verraient demander une production proche de la leur sous un intervalle de temps limité de sorte à valider leur capacité toutes les X années, sans être informées au préalable. L'idée d'avoir des usines nationales de masques et de respirateurs est débile, à moins que l'on ait la certitude que le prochain problème de l'humanité soit une pandémie d'infections respiratoires.
  5. Ces exceptions prises en compte, le commerce ouvert est relativement efficient, il crée des ententes, distribue les richesses, améliore nos vies, permet de résoudre des conflits internationaux sans violence. Sans être un but unique, il devrait être regardé comme vertueux à défaut d'avoir été prouvé coupable.
  6. Les acteurs économiques ne doivent pas être encouragés à faire des hyper optimisations, qui créent des systèmes plus efficients à court terme mais moins robustes. E.g. l'absence de stock est formidable jusqu'à ce que la logistique échoue.

 


jeudi 20 juin 2024

La parenthèse française

Nicolas Sarkozy s'est occupé de la droite, François Hollande de la gauche. Mais dans beaucoup de pays où la scène politique traditionnelle s'affaiblit, il semblerait que l'appel d'air soit polarisant et profite aux extrêmes. Italie, Espagne, Hongrie, Pologne, Portugal, France un peu.

La France faisait tout de même exception sur cette approche, Emmanuel Macron, sortit un peu de nulle part, avec un profil plus technocrate que dans la ire envers une société qu'il veut réformer. Le vent d'espoir était là, et la France, pendant un moment semblait avoir trouvé sa voix alternative dans la modération, un événement singulier.

L'homme donnait le change : a priori qualifié, pas forcément un pur produit des administrations françaises, ni de son monde politique. Avec un charisme indéniable, et, ce qui contribue probablement à la moitié de son aura international, des capacités transposables en anglais. Je surenchéris, l'homme, sauveur du monde, démarre son approche en ramenant du sang frais à la société. Pendant un instant c'était beau.

Alors ... gilets jaunes hebdomadaires, bordel du COVID, rebordel de l'Ukraine, les petite flambées de véhicules intempestives. La chance n'a pas forcément été de la partie. Mais dans un sens, il serait légitime aussi de se demander si la compétence, était bien là, au-delà de la prestation de communication occasionnelle. A un point où la cumulation des prises de position ratées, des erreurs de castings conservées plutôt que d'admettre des erreurs et des recrutements d'ouvertures laisse planer des doutes. Et une partie du contexte dérive probablement de la gestion habituelle des problèmes (gilets jaunes, délinquance, ...). On pourrait se demander si le vent frais qui devait se lever n'est pas finalement aller se loger dans la tête du capitaine.

Soit je suis un con dont le jugement ne doit pas être considéré, chose tout a fait possible. Soit il y un passage cocasse d'un homme qui représentait autant d'espoir à un autre président de la Vème République qui croyait entendre Dieu lorsqu'il n'y avait en fait qu'un echo. Une cocassité qui invite quand même à se poser la question, si au-delà des hommes, le système n'est pas lui même la fabrique de cette inertie et de cette médiocrité. Les fameuses institutions auxquels on fait bien confiance. Et si oui, comment l'améliorer sans jeter le bébé avec l'eau du bain, parce que même si on se plaint beaucoup, ça pourrait être pire.

Le fait est que s'il est des éclairs de génie dans le monde, parfois éclairant des génies incompris ; je pense qu'on se rappellera de la crise de nerf d'Emmanuel Macron comme d'un passage à vide assez inquiétant. La recette du cassoulet picard réchauffé au micro-onde n'a finalement pas pris, les invités sont repartis sans leurs tuperwares. La grande union contre l'extrême droite de Satan s'est pris les pieds dans le tapis. Quelle surprise.

Et, sans vouloir indiquer nonchalamment que l'empereur Macron a le fessier un peu exposé... Elle aurait eu quelle gueule l'"union républicaine" ? Sur quel terrain aurait-on pu voir écrire, les mains jointes avec le président, une gauche qui doit plus que composer avec La France Innomable (LFI), et une droite à demi moribonde. Le seul endroit où la mayonnaise prendra, peut-être de force, sera pour la composition d'un gouvernement. Et ... bon courage ... une belle dynamique en perspective dans un pays déjà difficile à manoeuvre.

La branlée va être mémorable, on voit des sondages sur le nombre de voix. N'oublions pas qu'il s'agit plutôt de gagner des sièges. Le suffrage majoritaire va faire mal et faire gagner beaucoup de sièges à celui qui arrive en tête. Le même système qui a permis de modérer l'influence des extrêmes va aujourd'hui, probablement les démultiplier. Il n'y a pas de scénario ou le gouvernement ne se retrouve pas à gauche teinte rouge, ou à l'extrême droite.

Du coup, on peut déjà regarder les sujets où il y a entente entre les potentiels vainqueurs :

  • Guerre en Ukraine : un soutien en demi-teinte. Même s'il y a eu de l'eau mise dans le vin. C'est à se demander si à un moment LFI et le RN n'avaient pas les mêmes financiers.
  • Réforme des retraites : après je ne sais combien de mois de grèves, de blocages, de votes, de revotes, de drame... Et bien on va probablement essayer de remettre le dentifrice dans le tube.



samedi 11 juin 2022

Socialism 20.22 : environnement et inflation

S'il est une question qui requiert l'intervention de l'Etat c'est celle de l'environnement.

Le sujet du changement climatique est un point majeur, probablement un des enjeux les plus importants de l'humanité pour notre siècle. Il faut reconnaître de l'astuce aux marxistes qui ont trouvé dans l'écologie le moyen de s'associer au nom d'une science et de rebrander leur idéal.

Le changement climatique a tellement fait glisser ce sujet dans l'air du temps que pas un seul parti n'a ignoré une vision environnementale progressiste. Dans un pays internventionniste comme la France et plus généralement l'Europe, ce n'est au fond qu'un argument de plus pour l'orgie de normes, de lois et de règlements.

Tout ceci n'est pas plus mal, une fierté légitime peut toucher ceux qui ont gérer le problème des gaz agissants sur la couche d'ozone dans les années 1980, et ceux qui ont amené des pays développer à décorreller leur PIB de leur consommation d'énergie.

Quelques décennies plus tôt, la corrélation entre PIB et consommation d'énergie était si forte qu'on aurait pu être tenter de climatiser le Sahara pour simplement voir la richesse des pays qui se le partagent augmenter.

Mais le PIB, la richesse, l'opulence sont des sujets matérialistes sortis des programmes politiques. Sans creuser plus loin, une recherche Google "PIB par habitant France", vous amène à vous demander comment la "décroissance" peut être percue comme disruptive. Ca fait plus d'une décénie que la tendance à l'appauvrissement national est un fait.

L'hypocrisie est de ne pas parler franchement d'appauvrissement et de perte de qualité de vie qui sont tous deux derrière la gestion de l'environnement telle qu'on la pratique. C'est d'ailleurs devenu pratiquement un point d'honneur de la mauvaise gestion : "c'est le futur". On ne peut plus se garer ? On supprime des places pour laisser 2 m2 terre en friche ? Le prix du chauffage explose ? Il est impossible d'avoir un permis de construire et les coûts explosent ? C'est le futur camarade ! Sers les dents et admires !

A moins de vivre dans des zones très spécifiques, le trajet en voiture reste plus rapide que les transports alors même que les zones urbaines on tout fait pour le rendre insupportable. Et soyons clair, qui voudrait manquer les effluves musqués et viriles de votre voisine se décomposant dans trois jours de crasse dans un RER bondé par une énième grève de la CGT, une panne ou simplement l'air du temps. Le future les gens ! Si les robots vous font peur, attendez de voir la réalité !

Et ca va plus loin, quand les prix des transports, de l'énergie et du logement explosent, c'est au moins 60% des dépenses du travailleur moyen qui deviennent 65%. Devenir propriétaire est un rêve, et les politiques d'accession à la propriété ni changent rien. Le logement est déjà découpé entre logement pour riche et logement pour pauvre... Même si ça sauve la planète, ça peut le faire un peu chier le travailleur.

Du coup, l'autre définition du socialisme c'est l'étouffement de la liberté personnelle. Où finit par vivre l'individu ? Quels sont les domaines dans lesquels s'exercent son libre arbitre ? D'après Jean-Luc Mélenchon, probablement tous les ans quand il va glisser un papier dans une enveloppe pour choisir entre vermillion et carmin.

Dans un monde comme le nôtre la première des libertés est de dépenser son argent. Hors cynisme, l'argent est un lubrifiant universel pour rendre et recevoir des services. En-dessous d'un certain niveau de richesse il est illusoire de voir énormément de choix et de liberté de choix à un individu.

L'inflation.

La planche à billet a fonctionné remarquablement bien et remarquablement longtemps car depuis des années que certains annoncent un effondrement monétaire, l'outil a presque semblé magique. Est-ce toujours avant l'orage que la lumière est la plus forte ? ... La métaphore est nulle. Mais 2021 semblait presque miraculeuse, l'inflation transitoire mais légère s'expliquait par les problèmes logistiques, l'emploi était en très bonne forme.

L'inflation est pour le salaire minimum une chose formidable puisqu'elle l'abaisse de manière indolore. L'emploi continue donc d'avancer, les revenus effectifs des travailleurs un peu moins.
100% des choses que notre travaillauer moyen pouvait s'offrir avec son salaire passe à 95%, mais le montant en fin de mois est le même.

L'inflation est maintenant moins transitoire, moins indolore, mais on l'explique par la guerre en Ukraine, on l'anticipe même. Le tortionnaire mégalomane qui dirige la Russie va en toute probabilité également causer une explosion des prix de l'alimentaire. Ne pleurons pas trop ici, parce que si cela va impacter notre qualité de vie, cela va tuer des millions de personnes dans les pays pauvres. Les pâtes à 4€ le kilos, c'est toujours plus sympa qu'une pénurie totale de nourriture.

La mesure de l'inflation est compliquée en essence parce que ce n'est pas nécessairement intuitif de venir avec une définition universelle consensuelle. Et en pratique parce que les pouvoirs publiques passent un peu pour des cons quand elle s'envole et peuvent jouer sur les modalités de calcul.

Par exemple, est-ce que simplement s'intéresser aux loyers est suffisant pour regarder la composante immobilière ? En théorie oui, en pratique le BLS aux USA procède ainsi, en pratique le rapport entre loyer et prix d'achat s'est effondré. Si le loyer a peu changé, le fait de devenir propriétaire coute beaucoup plus cher.

Est-ce que dans le prix des choses que mesure l'inflation, on doit considérer que l'individu veut faire des épargner ? Est-il légitime de regarder le multiple moyen des bénéfices que l'on paie une action pour avoir une base comparable ? Je crois que la réponse est non dans la plus part des mesures de l'inflation.

On a donc une définition très "basse classe sociale" de l'inflation, sans placement et locataire à vie.

Sur la période récente jusqu'en 2022, ces deux éléments ignorés ont flambés. L'inflation affichée était faible, les propriétaires étaient heureux, les actionnaires aussi, c'était Noël pour les banquiers centraux.

Si je mélange les deux idées, la politique environnementale crée une inflation sur une grande partie de l'économie, en majeur partie sur des choses incompressibles et en partie sur des choses non mesurées.

Ainsi se croise deux éléments proches dont aucun des deux ne semblent ralentir, le marteau descend, l'enclume monte. Je ne suis pas certain que la situation soit tenable à long terme.


samedi 2 avril 2022

Eloge de l'anonymat

"Cyber-harcèlement", protection de la vie privée en ligne.

 

La psychose de l'Internet est bien implanté, avec des saveurs différentes selon les interlocuteurs. Néanmoins on évoque assez rarement l'anonymat comme une pratique résolvant beaucoup de ces problèmes. Il est vrai qu'elle est peu aligner avec la lutte contre la criminalité en ligne ou encore avec des pures objectifs commerciaux. Mais pour les individus, elle a plusieurs vertus.

L'anonymat sur internet est souvent un pseudonymat, l'absence totale d'identité est rarement possible, surtout considérant que l'accès à beaucoup de contenu est souvent derrière une obligation de connexion / identification. Facebook, Twitter, Quora, Pinterest, la médiocrité exige une identité. Principalement parce qu'elle le peut, aussi parce que malheureusement nous l'avons accepté. Moi le premier à travers l'usage de Blogger... Internet était pensé pour être un réseau communiquant, il a évolué vers quelque chose ou l'information est plus organisée comme un Minitel et chaque usage à son service qui centralise toute l'information.

 

L'anonymat offre une ségrégation du monde. Mon nom dehors et mon nom en ligne n'ont pas de rapport. Empêcher les trois connards qui pourrissent la vie de vos gamins à l'école, de les retrouver en ligne, c'est leur rendre service. Plus généralement c'est glisser des bâtons dans les roues de tous ceux qui voudront partir d'un nom pour retracer une histoire, un agenda, un profil. Pour les pays où la liberté d'expression est persécutée c'est une pratique nécessaire.

Si mon identité digitale n'est pas nominative, je peux la recréer à volonté. Ou m'en débarrasser à volonté. La raison de celle-ci c'est qu'elle n'est liée à mon individualité que tant que je le souhaite.

Si je peux la créer à volonté, je peux également en créer à volonté et séparer mes identités en fonction de mes usages. Encore une fois ceci m'assure que ces usages et les contacts que je peux y avoir ne débordent pas l'un sur l'autre.


Croire que l'anonymat est le monopole des fanatiques et des criminels, c'est construire une société qui glorifie l’étiquetage.

Sur le plan des acteurs privés dans le digital, ce serait c'est autoriser des comptes accessibles sans être traçables à des personnes. La sécurisation à travers des numéros de mobiles est très efficace pour lutter contre la fraude et la subtilisation. Mais quand on l'impose, sommes-nous très loin de ces sites adultes qui il y a quelques années qui demandaient un numéro de carte bancaire, juste pour vérifier l'âge des utilisateurs ?

Sur le plan du droit, est-ce que le législateur pourrait penser à permettre de faire respecter des droits même pour des utilisateurs anonymes quand ceci ne met pas raisonnablement en danger la sécurité.


mardi 7 septembre 2021

Bullshit jobs et obsolescence

Il y a un petit temps j'ai regardé une vidéo de Veritasium sur l'obsolescence programmée. Je vous la conseille, la vidéo est courte et efficace, mais je vais en résumer les grandes lignes.

Durant le 20ème siècle l'efficacité des ampoules a été améliorée au point que les ampoules duraient trop longtemps et que les gens étaient trop équipés pour que les ventes se maintiennent. Loin d'être un sujet isolé, d'autres entreprises peuvent souffrir de conséquences similairement néfastes de la qualité de leur produit. L'explication prend également l'exemple des premières Ford. Mais plus récemment on peut également trouver Harley Davidson.

La vidéo explique que l'industrie s'est organisée sous forme d'un oligopole pour tout simplement diminuer progressivement la fiabilité des ampoules produites. Cet oligopole s'est arrêté aux alentours de la seconde guerre mondiale.

Ne parlant pas uniquement de fiabilité, le narrateur nous explique également d'autres méthodes pour rendre un produit obsolète : la mode, les choix de couleurs, la fin de production de pièce de rechange. Mais là n'est pas mon point.


lundi 17 août 2020

Intelligence artificielle, un biais contre les biais

Boycottant la hype et le marketing stupide, je ne laisserai "intelligence artificielle" que dans le titre. Si tu as cliqué Lecteur, c'est ton problème !

J'ai lu avec grand plaisir ce recueil "philosophique" de 9 auteurs qui commentent autour de GPT-3, le nouveau modèle de traitement du languages d'Open AI qui représentent un pas en avant en matière de performance. Un des essais part dans des considérations sur les biais du modèle. Je dois admettre que je l'ai sauté, par dépis, tant je trouve ce type de commentaires stériles.

 

 

Qu'est-ce qu'un biais pour un système de ce type ? C'est lui demander de complèter "mère ..." et lui demander de complèter "père ...". Et de comparer  "mère célibataire", "mère indigne", "mère patrie", "mère nourricière", "mère aimante" à "père de la physique moderne", "père de la nation", "père prévenant" ; et décider de manière plus ou moins suggestive que la représentation de la femme est inférieur à celle de l'homme.

Un peu plus ancien, Google avait une fonctionnalité permettant de décrire automatiquement une image. Très sympa pour chercher votre super cliché de "perroquet". Moi amusant pour les utilisateurs noirs auquel le système avait proposé "gorille" devant une de leurs photo.

Ce sujet peut être aussi un vrai sujet, quand, par exemple, certains modèles sont utilisés pour décider si oui ou non mettre des gens en liberté conditionnelle et que l'ont s'apercoit qu'ils conservent un biais racial.

D'où viennent ces biais ? Invariablement ces systèmes qui cherchent à déduire à partir de données des règles, des caractéristiques qui forment le modèle final. Et donc, ces biais viennent systématiquement des données, qui représentent une réalité tel quel est, ou une vision partielle de celle-ci.


lundi 3 août 2020

Economie et pandémie

Produit intérieur brut : "Le PIB est la somme des valeurs ajoutées brutes [des différents acteurs économiques]".

Plus de PIB ne veut pas forcément dire plus de richesse. Car si le PIB augment de 10% et la population de 20%, le PIB par habitant lui a baissé d'environ 8%, 1.1 / 1.2 = 0.916. Et ce n'est pas parce que le PIB par habitant augmente que sa répartition est bonne, ou qu'il est utilisé pour le plus grand bien être de la population. A défaut d'indicateur meilleur c'est tout de même une bonne métrique pour s'interroger sur la santé économique d'un pays.

Ce qui nous amène à nous demandé si le PIB a changé d'une année sur l'autre et donc sur le sujet de la sacro sainte croissance. Est-ce que l'on est mieux aujourd'hui qu'hier ?

La France est officiellement en récession. Les décroissants peuvent même se réjouir, la tendance baissière du PIB par habitant devrait clairement s'inscrire dans une baisse depuis un peu plus de 10 ans. Joli petit graphique chez Google.

Deuxièmement l'année 2020 va être sérieusement touchée, et il ne s'agit pas "juste d'une pause", opinion qui m'est personnelle mais que je vais tenter d'argumenter.

2% ... c'est peu, mais pour la croissance en France c'est un chiffre qui n'a pas été vu depuis plus de 10 ans.

Le premier trimestre 2020 a enregistré une baisse de 7%, le second de 14%.

Admettons que ces croissances soit par rapport aux trimestres de référence l'année passée (ce qui il me sembl est le cas), et demandons nous qu'est-ce qu'il nous faudrait comme croissance en trimestre 3 et 4 pour rattraper la chose en supposant que le PIB soit généralement le même sur les quatre trimestres.

0.93 + 0.86 + x + x = 0

x = 1.105

11% de croissance sur un seul trimestre, ce n'est tout simplement pas présent sur le graphique de l'INSEE qui remonte jusqu'en 2007.

2020 ne sera pas une bonne année.

... Merci Einstein, les centres commerciaux fermés, des usines arrêtés ... Même si les conséquences sont funestes le redémarrage de l'activité va tout simplement être un retour à la normale.

Je pense que l'on peut penser que non et voici ma réflexion.

Qu'est-ce qui fait la croissance ? Ces fameux 2% ?

Plus pragmatiquement, quelques exemples de ce qui pourrait contribuer à la croissance d'un pays toutes choses étant égales par ailleurs :

  • Celui qui trouve un emploi et dépense son excedent de revenu pour partir en vacances et réaménager une chambre, là ou l'an dernier il était resté chez lui.
  • L'entreprise qui arrive à vendre une nouvelle machine pour supporter une implantaion à l'étranger. Je précise "à l'étranger" car les importations comptent dans le PIB, des ventes internes d'entreprise à entreprise ne qualifient pas en tant que "valeurs ajoutées brutes"
Ne nous étendons pas à diverger en exemples ! Lecteur, même si tu n'es pas sobre, tu comprends l'idée.

Sans dire que la situation va nous renvoyer à l'^ge de pierre pour le plus grand plaisir des écolos trépignants, il y a quelques données qui vont faire que le coronavirus ne sera pas un on/off sur l'économie.

Par rapport à novembre 2019, qu'est-ce qui a changé ?
  • Beaucoup d'entreprises ont consommé de la trésorerie.
  • Beaucoup de particuliers ont également vu leur bas de laine être sollicités.
  • L'avenir est perçu comme beaucoup plus incertain. Et ce point est probablement le plus important.
En fonction des pays et des situations, les deux premières affirmations sont très variables. La situation française où le chômage a couvert 80% des revenus (voir 100% pour des fonctionnaires ne pouvant pas travailler). D'autres pays ont suspendu les loyers, ou  laissé ouvertes des possibilités de moratoires sur les crédits. Dans ces pays ou le confinement est indolore, on note plus d'hygénistes acharnés que dans d'autres. Sans critiquer la position en elle même, il est amusant d'observer à quel point la morale suit la bourse.

Mais, même quand le filet de sécurité est présent. Il est souvent à grosses mailles, le temps d'un communiqué de presse. Tant pis pour les indépendants.

Soyons clairs sur le volet moral, ça me choquerait qu'un dentiste indépendant se retrouve, à mes frais, avec 80% de son revenu net pour voir passer l'hiver. Pour autant c'est un contributeur (ou contribuable) important aux caisses de l'état, si la solidarité nationale est la norme, il en est le financier, il devrait en être, aussi, le bénéficiaire pour partie. Ceci pendant que beaucoup de fonctionnaires qui ont des salaires de 5 000 € se sont retrouvés dans une paisibilité plus assumé que d'habitude avec la totalité de leur revenus.

Mais parlons de faits. Le dentiste l'a eu dans le cul.

L'entreprise qui s'est prise des pénalités de retard. Elle aussi, elle sent comme un léger titillement de sa prostate comptable.

Couteau entre le dents, je t'entends murmurer : "La société tournera sans la raclure bourgeoise". Sauf que même si notre dentiste, Dr Cohen, en plus d'être dentiste, est un juif adoubé franc-maçon reptilien. L'argent qu'il encaisse habituellement sert à financer des entreprises de ses proches, réaménager une résidence secondaire ou investir dans l'immobilier. En clair sans lui et ses revenus habituellement comfortables, il y aurait peut-être moins un appartement en plus à vendre chez un promoteur, un artisan avec 10 000 € de chiffre d'affaire en moins à Deauville et un restaurant qui aurait fait faillite dans le Vème arrondissement.



Cet aimable Monsieur est probablement quelqu'un de prévenant, bon-père-de-famille™, il a un peu d'argent de côté. En général, on suggère d'avoir 6 mois de besoins financiers de côté. Mais même si son rythme de vie côté sortie et voyages s'est calmer, beaucoup de dépenses ont été incompressibles : les échéances de crédits ayant probablement été les principales.



Bref ces entités motrices de l'économie sont un peu moins à flot que précédement. L'incertitude économique n'incite pas non plus à réduire ma quantité d'argent que l'on voudrait idéalement avoir de côté.



A l'instinct, il y aura probablement trois étapes, possiblement concurrentes à venir.

  1. Rattrapage des choses différées urgentes ou des loisirs dont l'absence a été frustante, ce qui devrait probablement donner un déconfinement plutôt positif. Espérons un troisième trimestre sympathique, peut-être même un quatrième.
  2. Reconstitution et peut-être augmentation des trésoreries amenuisées par la crise.
  3. Attitude attentiste, pour éviter de prendre un risque trop important à un mauvais moment.
Et les points 2 et 3 ne sont clairement pas des choses qui vont aider à rattraper ce petit retard de croissance rapidement.

Sans que ce soit nécessairement le déclencheur assuré d'une crise majeure, ce sont des éléments qui ne sont pas en faveur du scénario d'une crise en V, la descente est là, mais la remontée devra peut-être prendre plus de temps.


jeudi 12 mars 2020

Chroniques coroniques covidiques


Des faits, des faits, des faits

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publie régulièrement des mises à jours sur la situation générale autour du Coronavirus, Covid-19.

https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/situation-reports/

Dans son rapport de février, l'OMS indique un taux de mortalité de 3.8%. Ce taux est discuté, il serait plus faible d'après certains.

https://www.who.int/docs/default-source/coronaviruse/who-china-joint-mission-on-covid-19-final-report.pdf

La saturation des infrastructures sanitaires est un problème qui pourrait / prend une tendance des plus inquiétantes. En Italie, au 11 mars même si 100% des malades encore en traitement venaient à guérir, on aurait tout de même plus de 6% de morts (chiffres officiels du gouvernement italien).

https://github.com/pcm-dpc/COVID-19/blob/master/schede-riepilogative/regioni/dpc-covid19-ita-scheda-regioni-20200311.pdf

Je ne trouve pas de détails fiables par rapport à la situation, mais le message pudique est "on fait des choix". La traduction serait que quand on a trop de patients, on ne peut pas soigner tout le monde. De manière plus crue, on laisse des gens mourir.

Je précise que les classements mondiaux considère le système de santé italien comme extrêmement performant, en particulier en Italie du Nord.

Cette saturation pourrait bien être un problème plus important que la maladie elle-même. Et la France n'est pas à l'abri d'une situation similaire. Allegro!


Des faits qui ressemblent moins à des faits mais qui en sont

La Chine a essayé de faire des contrôles et de mettre des quarantaines aux proches des malades pour limiter les infections, ça n'a pas marché.

L'Italie a essayé de faire des contrôles et de mettre des quarantaines aux proches des malades pour limiter les infections, ça n'a pas marché.

La France a essayé (ou pas ?) de faire des contrôles et de mettre des quarantaines aux proches des malades pour limiter les infections, ça ne va pas marché.

Pour être tout a fait honnête, sans avoir creusé le détail de la situation, il semblerait que la Corée du Sud ait réussi à contenir l'épidémie sans passer par un blocage complet des régions affectées. Une des caractéristiques différenciante de la Corée est qu'elle a massivement procédé à des tests.


Nouveaux cas par jour en Corée du Sud

Source: wikipedia

Des hypothèses

Les chinois ont fait parlé d'eux en construisant des infrastructures médicales en moins de 10 jours. Je doute de la capacité des pays européens à travers la même chose. Ce n'est pas un manque de moyen, ou de capacité physique. Je pense que la culture européenne n'est pas habitué à cette efficacité opérationnelle. En France, en Italie et probablement ailleurs, la construction est dans le temps long, dans l'administration, dans le respect des normes et des droits. Même si on peut s'en abstraire à un moment, les habitudes sont probablement dures.

Les USA, à défaut de contenir la maladie, ont cherché à contenir l'information. Probablement que le risque le plus grand a leur yeux était une panique financière. On parle de 472 tests au 1er mars.

https://www.worldometers.info/coronavirus/covid-19-testing/

Beaucoup de business et de gens qui voyagent, beaucoup d'étrangers. La santé y coute cher, très cher, les gens sont gavés de crédit, il n'y a pas de filet de sécurité étatique. Jusqu'à il y a quelques jours une volonté gouvernemental de maintenir des chiffres bas. Je ne vois pas quels éléments pourraient expliquer qu'il n'y ait pas bientôt des milliers de cas non diagnostiqués dans un pays qui est sous équipé en infrastructure médicale.


Améliorer votre rendement

Il y a de la part des dirigeants politiques des communications qui me semblent étranges. "Cette panique irrationnelle risque de nous tuer l'économie". Merci Captain Obvious!

Je trouve que toutes les annonces de baisse de taux et de mesure de soutien sont totalement hors du temps. Je ne vois là que des cartouches grillées pour le futur.

"Le bateau pourrait bien être en train de couler, mais on vous remboursera votre billet".

La FED a baissé ses taux de 50 points de base, 0.5%, le 4 mars. C'est énorme, et accessoirement sans effet.



Source: Google Finance

Qu'on soit clair, ça va être économiquement sanglant. Les états européens sont gavés de dette, même si l'horizon s'était éclairci il y a des problèmes structurels qui seront peut-être amenés à revenir.


Gérer la défiance

Dans un monde où les conspirationnistes sont légion, il est tout a fait légitime de chercher à reconstruire la confiance en prenant les gens pour des cons.

Le cirque est sans fin.

Le General Surgeon des USA qui explique que l'absence de test était dû au fait que les américains avaient des exigences d'américain, les tests qui marchent dans le reste du monde n'étaient pas assez bien pour eux. Je n'ai pas réussi à retrouver la vidéo, mais c'est touchant.

Sibeth Ndiaye, porte parole du gouvernement français, le 11 mars (environ 1 700 cas sur le territoire français), qui explique que les mesures pour contenir l'épidémie n'ont pas marché en Italie. Les contrôles aux frontières, ça ne marche pas. Alors en France, on est pas aussi con que les bouffeurs de pâte, on est casuals et détendus, on forme un conseil scientifique, plusieurs jours après la mise en quarantaine en Italie, plusieurs mois après celle en Chine...

https://twitter.com/BFMTV/status/1237724062916448257

Bruno Lemaire, ministre du même gouvernement, demande aux entreprises de payer des prestations même si elles n'ont pas été effectuées. Je comprends la bonne intention. Mais je n'ai pu m'empêcher d'aller voir si cette personne avait déjà vaguement croisé le monde économique. Réponse : non. Reconnaissons néanmoins que même avec cette sale habitude de payer avec l'argent c'est peut-être le moins perché des cas que j'énumère ici.

https://twitter.com/franceinter/status/1236920939159474176

Angela Merkel, chancellière allemande, voit une infection atteignant 60 à 70% de la population allemande. Mais, pas ou peu de signaux fort.

https://summit.news/2020/03/10/merkel-expects-60-70-per-cent-of-germans-to-be-infected-with-coronavirus/

Je m'aperçois avec satisfaction que j'ai atteint la parité dans ma mesure de l'incompétence. Je m'arrête.

Ces gens là s'étonnent ensuite que leur mots seuls n'arrivent pas à contrôler les légions affolées se gavant de masque et de rouleaux de PQ. Comme si au lieu d'une infection par les voies respiratoires, on allait les forcer à consommer du laxatif en regardant un enterrement mafieux.

Pour la référence : Jane Austen - Mafia! https://www.youtube.com/watch?v=oB1pDASNe8E Good fun!


Un peu de math

Les gens ont généralement du mal à comprendre la force de la capitalisation des intérêts. Un peu d'argent mis sur un compte avec un rendement de 2% va rapporté beaucoup après plusieurs dizaines d'année. Il faut donc épargner tôt. C'est le même problème.

Je vous donne un million aujourd'hui ou bien je vous laisse placer 1€ avec un taux d'intérêt journalier de 25% pendant 6 mois... Vous prenez quoi ?

Le nombre d'infectés en France, en Italie avant la quarantaine, en Allemagne, double tous les 3 ou 4 jours... Les mesures actuelles ne permettent pas d'éviter une explosion des cas et la croissance est exponentielle.

Traduction on s'en fout que 120 cas ce ne soit pas grand chose par rapport à la population d'un pays.


Est-ce qu'il y a une bonne réponse ?

Cette volonté de bien calfeutrer l'économie face à un risque sanitaire majeure serait hilarante si le sérieux de la situation ne me décontenançait pas. Laisser le virus se propager à 60-70% en confinant les maisons de retraites et les personnes agées ? En dehors de sérieusement alléger le poid des retraites, peut-on réellement croire que l'on va confiner ces gens chez eux à 100% ou que l'on va éviter l'infection de leurs soignants ?

Autre point qui pourrait expliquer le fond des déclarations abhérentes mentionnées plus haut de nos politiciens en phase de débilité inclusive aïgue. Les gens ne respectent pas les quarantaines, ce n'est pas qu'un choix politique. Peut-on mettre en quarantaine pour 40 cas dans un pays de 60 millions ? La quarantaine trop tôt sera perçu comme non nécessaire et superflue. Si elle n'est pas assez respecté, elle n'enraillera pas l'épidémie. Ca peut être une approche de laisser filer les choses pour pouvoir ensuite prendre des actions avec de l'impact.

Notez néanmoins que les quarantaines mettent beaucoup de temps à faire de l'effet. Début le 23 janvier à Hubei, pic d'infections journalières en Chine après 13 jours le 4 février, retour au niveau de début de la quarantaine le 1er mars (un peu moins de 40 jours)... Ce temps est bien plus long que les 14 jours d'incubation maximum. Contamination progressive d'une famille faisant la quarantaine ensemble ? Contamination des soignants ? Agglomération des chiffres entre la Chine et cette unique zone sous quarantaine ? Toujours est-il que cette quarantaine est toujours en cours.


Source: Wikipedia

En Italie, les quarantaines locales se sont avérées efficace.


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Une étude récente indique que le temps d'incubation moyen serait de 5,5 jours. Espérons qu'une substitution psychologique n'ait pas lieu entre cette durée et les 14 jours d'infection maximum.

https://www.sciencealert.com/new-research-says-the-average-incubation-time-for-the-coronavirus-is-5-1-days


En anglais sur le non-engagement des états : Why your government isn't acting on the Corona/COVID-19 threat https://ma.ttias.be/government-act-corona-covid-19/


mardi 18 décembre 2018

Je doute de ce que vous dîtes

J'ai un petit peu envie d'écrire ces jours-ci, du mal à me figer sur un sujet. La violence qui a nourri la France, la niveau des débats qui franchement pourrait être un sujet de révolution en lui-même.

Mais je pense que j'ai réussi avoir un esprit critique digne du 21ème siècle, je voulais vous en parler.

Je ne prends plus rien au sérieux, en particulier si le contenu pourrais m'être utile, car s'il pourrait m'être utile, je pourrais en faire quelque chose, ce quelque chose pourrait intéresser quelqu'un, ce quelqu'un pourrait avoir lui-même produit ce que je lis.

Mais au fond on s'en fout, peu importe l'incarnation de la fange, ça ne semble pas vraiment généré de révulsion chez beaucoup.

Pour ma part le dernier reflux scato-gastrique m'a été causé par Le Refuge. En mai 2017, Cyril Hanouna avait fait un canular téléphonique à un homosexuel, quelques jours après, le Refuge annoncait l'angoisse qu'avait déclenché la blague stupide dans la vie du jeune homme. Si toi tu t'en veux lire, c'est-tu donc par là https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/05/22/cyril-hanouna-la-blague-de-trop_5132010_4832693.html

Mais, il y aura eu un peu plus d'un an écoulé avant que l'étron n'entre en contact avec la surface de l'eau et nous claque à l'oreille ce plouf si caractéristique de la déjection. Le Refuge vient donc d'admettre que tout ceci n'est qu'une invention. Ca c'est ici: https://www.lci.fr/medias/canular-homophobe-de-cyril-hanouna-dans-tpmp-l-association-le-refuge-admet-avoir-invente-un-faux-temoignage-de-victime-adolescent-en-detresse-2105906.html

Pour le bien de la cause, j'imagine. Si convaincu de faire le bien on peut travestir la vérité, mais allons et glorifions donc. Des petits trafics de statistiques économique, aux rumeurs de viols des gros porcs qui mettent des mains au cul. N'auriez-vous pas vu des juifs manger des enfants récemment ? Je connais quelques barbus que ça pourrait intéresser.

Et franchement, entre inventer la vérité, et la masquer il n'y a qu'un petit pas. Si la fin justifie les moyens, ça dépend donc de votre fin.

Le parasite créatif ne serait pas au sommet de sa splendeur s'il n'avait personne pour le supporter.

Les médias se sont modernisés. Hier on vendait un journal, plus ou moins convaincu qu'une ligne éditoriale et que la qualité du contenu forgeait les ventes. Aujourd'hui on mesure l'audience finement ... et malheureusement, même si on méprise toujours la presse people, la formule marche, contenu pas cher, titre accrocheur. Par accrocheur, j'entends "putassier". Soyons objectif, quand Le Monde, Libération ou Le Figaro s'insurgent contre les fake news, c'est surtout parce que c'est un tir à pas cher sur la concurrence. Car si on ne forge pas l'actualité, on fait tout de même avec ce qu'on a pour satisfaire la hargne de son audience. Ca doit liker sur Facebook, ça doit commenter, car le bruit c'est l'action.

Le journaliste moderne tient plus du scénariste que du journaliste, c'est de la mise en scène, du photoshop pour des unes pas trop offensives ou pour créer un peu de choc. Du relais d'information ou de statistiques sans une once de vérification, de la sélection de passage à la simple répétition des statistiques arrangeantes.

Se croyant mériter un prix Pulitzer pour leur sagacité, ils mériteraient un prix Goebbels pour leur mauvais foi. Les réseaux sociaux qui furent pendant un temps un lieu de discussion, on vu la victoire des trolls, les autres se sont tus.

 "J’ai appris il y a longtemps, jamais se battre avec un cochon. Tu te salis, et de plus, le cochon lui aime ça." G. B. Shaw.

Il ne reste que les cochons. Avant ils s'insurgeaient sur des articles du Gorafi comme un taureau devant un chiffon rouge. Fort heureusement, les officines médiatiques ont trouvé de quoi leur faire partager leurs articles à coup de titres semi menteurs. Exemple superbe, que Gilles Le Gendre soit "trop intelligent" ou pas, que vous pensiez que c'est un con ou pas, il est mensonger de sortir ses mots de son contexte, la vidéo un peu moins tronquée est ici https://twitter.com/publicsenat/status/1074563923506950144 mais le texte du tweet est tout autant un appeau à troll.

Il faut reconnaitre qui si les journaux un peu pourraves portent souvent du côté conservateur du plateau. Le flan Jean Jaurès s'étoffe pour sa part de pseudo neutralité, bénévolat ou intellectualisme, Le Refuge est un bel, exemple, les campagnes mensongères de la PETA méritent également leur prix.



Bel exemple, Monsieur Lordon, https://twitter.com/LeMediaTV/status/1074631543560105987 qui doit probablement être systématiquement annoncé par ses titres de noblesse de directeur de recherche, du CNRS, sociologue ou d'archimage au sceptre rouge mais se complet dans un verbiage aussi peu compréhensible qu'objectif. Dyson travaillerait sur un brevet, consistant à clôner Frédéric Lordon tout en ôtant le son, idéal pour faire circuler l'air en hiver.

La moindre discussion sur l'égalité de salaires entre hommes et femmes est constitué pour moitié de chèvres répétant des chiffres dont ils ne connaissent ni la méthode de calcul, ni l'origine et de veaux répétant des arguments vides pour le simple plaisir d'agacer les premiers. Les discussions climatiques suivent la même logique. La bienpensance n'est pas seule à justifier un raisonnement.

Finalement, le doute cartésien s'étend un peu, la certitude étant là, que quand vos sources d'information ont toutes troqué leur objectivité pour vous manipuler, il s'agirait de les remettre sérieusement en cause.

Vire-je au conspirationisme ?



"Vire-je" ?!? Lordon sort de ce corps !


dimanche 22 avril 2018

Quelques questions sur la démocratie locale ?

Il y a quelques temps, sur un sujet probablement lié à la circulation des véhicules dans la capitale, j'avais lu une déclaration de la maire de Paris, Anne Hidalgo, "les parisiens veulent [...]". J'avais trouvé la remarque intéressante, car probablement vraie, mais également déplacée.

Aujourd'hui, le banlieusard travaillant à Paris, y sortant le soir, ceux qui y ont une résidence secondaire, ou le touriste ne se disent généralement pas parisien. Mais ne ferait-il pas sens de se demander s'ils n'ont pas leur mot à dire.

Le principe général est de ne pas laisser les gens voter deux fois. Idée bien intentionnée et pleine de bon sens pour l'époque où la démocratie émergeait et les transports n'avaient pas fait leur révolution. Le citoyen d'une commune y dormait, y vivait, y travaillait.

Mais aujourd'hui la notion s'est probablement un peu assouplie, Paris, archétype du problème, vit avec ses habitants mais aussi une hordes de passants plus ou moins réguliers, plus ou moins permanents.

Ont-ils la même légitimité que les habitant pour s'exprimer sur la vie de la cité ? Quid du propriétaire d'un bien qui n'y vit pas ou ne vient pas ?

Ils remplissent les restaurants, font vivre les entreprises, y consomment de la culture ou simplement viennent se promener ?

Si la lutte farouche contre les véhicules dans Paris est peut-être un sujet qui tient à coeur aux parisiens, c'est un sujet qui je pense demanderait un peu plus de conciliation si l'on reconnaissait que la capitale n'est pas propriété unique de ceux qui y ont déclaré leur résidence principale.

Le problème n'est d'ailleurs pas parisien. Combien de communes vivent de la taxe foncière d'une poignée d'entreprises dont ni les salariés, ni les actionnaires ne sont résidents ?

En 2014, c'est un peu moins de 700 000 personnes (1 200 000 inscrits) qui ont voté aux élections municipales à Paris. L'Ile-de-France compte 12 millions de personne d'habitants (un peu moins de 7 000 000 d'électeurs), dont une partie pourraient prétendre avoir leur mot à dire.

Doit-on penser à système où mon vote locale pourrait être subdivisé entre les communes sur lesquels j'ai un intérêt légitime (de part mon patrimoine, mon emploi ou ma résidence) ?

Ou peut-être que l'échelle urbaine que l'on observe de nos jours devrait changer, et Paris devrait absorber la plus part des communes de l'Ile-de-France pour réduire cet écart "impliqués" / "citoyens" ?


mercredi 8 novembre 2017

Votre tolérance m'emmerde

 Bienvenue en 2017, où il est raciste de ne pas manger de couscous, machiste de tenir une porte ouverte et méprisant de parler à une femme que l'on ne connait pas.

Un peu étrange que ce paysage pavé des meilleurs intentions du monde.

La moindre conférence qui s'oriente un tant soit peu vers la gestion humaine aborde ces sujets, dont beaucoup sont devenus tendances et consensuels. Ce ne sont plus des sujets de discussion mais des mantras d'appartenance sociale.

C'est d'ailleurs devenu pour beaucoup un accessoire de mode prisé de pouvoir se trouver victime de leur orientation sexuel ou de leur race. Mais bizarrement ce discours de tolérance s'érode très rapidement et n'arrive pas à mordre sur des sujets de fonds.

Tous le monde est occupé à calculer dans chaque lieu qu'il estime important le ratio du nombre de paires de seins et du nombre de paires de couilles. Préoccupation d'un degré d'éveil impressionant qui nous fait nous demander à quel point ces comptables génitaux ont dépassé les traits qu'ils prétendent haïr chez l'autre.

Comme l'expliquait Morgan Freeman, le racisme sera mort le jour où on arrêtera de considérer qui est noir et qui est juif.



Plus troublant peut être, ces personnes qui approchent ces sujets comme une maladie. Hardant de défendre un homosexuel rejeté en société : "ce n'est pas de sa faute, il ne choisit pas". L'argument me blesse, là où l'occasion pourrait donné de rappeler à chacun ce qu'est la tolérance et où les choix de l'autre ne sont pas les leurs. On choisit de présenter ce que l'on souhaite défendre comme la pire des tares.

Bataillant contre ces maux, combattant pour un monde plus ouvert et plus divers, ils regardent d'un oeil bienveillant tous les réglements qui s'agrègent et s'entremêle pour les soutenirs. Un monde où de plus en plus de métiers recrutent par réglement ou par norme sur des critères plus que douteux, qui, s'ils oeuvrent pour une chose, ne sont que le phénix des corporations du moyen âge. L'envôlé des prix de certaines écoles reconstituant avec entrain un système de charges. Ou l'accréditation d'exercer n'est donné qu'à celui qui a pu s'offrir un diplôme fantasque.


vendredi 7 avril 2017

René Barjavel - La Nuit des Temps

Barjavel, Barjavel, voilà un nom que j'ai peut-être trop entendu pendant mes études pour y trouver un intérêt. Mais le temps passant, le nom revenant évoqué par les uns, recommandé par les autres, me voici donc lecteur de Barjavel et de La Nuit des temps, scénario de film qui devint un roman.

Cet article spoile, lecteur, ne te laisses pas abuser, fuis si c'est pour toi important. Je tente de garder quelques éléments de fin non discutés mais le coeur de l'intrigue te sera évoqué.



L'ouvrage écrit en 1968 est encore aujourd'hui d'une fraîcheur bien étonnante. L'auteur semble avoir saisi l'avancé de la science sur beaucoup de niveaux, mais, aussi, il a capturé la complexité des relations politiques de son époque.

Ainsi, c'est dans un contexte de Guerre Froide qu'une mission d'exploration française découvre, sous la glace, enfoncé à des centaines de mètres sous terre, les traces de constructions humaines. Datées de 900 000 ans, les ruines souterraines fédèrent un effort soudain international, rassemblant des scientifiques du monde entier pour le bien commun de ce que la découverte pourrait signifier.

La mission va extraire des ruines deux corps préservés du temps et tenter de ranimer en premier lieu la femme, Elea. Dont le narrateur, le Dr. Simon, va tomber amoureux et rajouter à son sujet, semés au fil du récit, quelques éléments romantico-dramatiques venant se joindre à la trame générale du récit.

L'histoire avance en diptyque, mettant en abîme la réalité du narrateur. Les souvenirs de la femme contant la fin de son monde, qui ayant déjà vécu un conflit grave et frôlé l'annihilation n'a pas su en prévenir un second. Les gondas et leur rivaux, les enisors avaient atteint, comme aujourd'hui, une situation de paix garantie par un niveau de puissance assurant l'annihilation mutuelle en cas de conflit. Mais la situation semble n'avoir pas tenu longtemps, et la destruction mutuelle semble de plus en plus inévitable au fil du récit.

Les culture d'Enisoraï et de Gondawa ne sont pas sans rappeler par certains de leur aspects les blocs Soviétique et de l'Ouest. Mais sans que rien ne permette au lecteur de les associer avec certitude.

A travers un récit mélangeant premier degré, à l'époque contemporaine, et métaphore, dans le récit d'Elea. L'auteur explore des problématiques complexes comme le risque croissant inhérent au progrès technique, le pacifisme et son opposition au pragmatisme, le sens de la vengeance, l'amour ou encore, plus terre à terre, les possibilités à court terme de la technologie de son époque.

On y découvre peu à peu le regard d'un Barjavel parfois un peu aigris. Il sait emmener le lecteur dans l'histoire convaincante d'un élan mondial visant un but commun pour l'humanité. Avant que le rêve ne soit rattrapé par la réalité qui le taraude et l'émiette au fil du récit.

Si vous ne l'avez pas encore lu, je vous invite à vous laisser emmener par ce roman. Méprisant les micro-trottoirs et les discussions abruties devant les informations télévisées, décrivant des scènes sensuelles avec talent, René Barjavel n'a pas vraiment l'aspect poussiéreux que je lui imaginais initialement.


dimanche 14 août 2016

La tolérance ne marche pas que pour les traits innés

Les débats sur l'homosexualité, les différentes races ou les différentes cultures me laissent souvent sceptique lorsque je constate que l'argument favoris des progressistes et d'expliquer qu'il n'y a pas de choix.

On ne choisit pas d'être homosexuel.

On ne choisit pas d'être arabe.

On ne choisit pas d'être musulman.

Si ces arguments reposent sur des faits généralement acceptés, avec peut-être une exception pour le dernier. Ils me gênent dans le sens où ils acceptent dès le départ qu'il s'agit fondamentalement d'un problème.

Ceci permet de mélanger dans une même personne une haute estime de sa capacité de tolérance et sont irrespect le plus profond de tout mode de vie différent du sien, voir travail du dimanche, légalisation du cannabis, acceptation d'Airbnb ou d'Uber.


vendredi 24 juin 2016

Brexit, voyons le négatif mais aussi le positif

Un billet très court sur le vote britannique demandant une sortie de l'union européenne.

Il semble courant pour les partisans du "remain" d'insulter Cameron pour avoir eu le bon goût de laisser place à un peu de démocratie sur un sujet tumultueux, et d'insulter les partisans de l'"exit" comme si la pression vindicative et le mépris de leur opinion allait leur donner de bonnes raisons de changer d'avis.

Ne serait-ce que pour les libertés d'échanges et de circulation nous pouvons regretter ce choix légitimement, rabaissant des millions de citoyens européens à cet usage méprisable du passeport et rappelant à l'existence des frontières dont l'absence était un progrès sociétal. Il est vrai également que le meilleur argument de l'Union Européenne, c'était de calmer cette soif de sang qui a longtemps secouée le continent européen.

Je pense qu'il est important de le regretter et de ne pas le mépriser. Il est aussi probablement valorisant de se poser des questions sur le positifs, à l'heure où l'Union Européenne est critiquée pour sa volonté à intervenir sur des politiques auparavant nationales, sa bureaucratie et son manque de transparence. Un précédent sur un état quittant l'Union est une invitation à repenser ou simplement penser sa légitimité et ses limites. Je ne suis pas sûr que la résultante de ce vote soit nécessairement mauvaise sur le long terme.


lundi 15 février 2016

Nymphomaniac de Lars von Trier

J'ai trouvé un peu d'inspiration, autant écrire, n'est-ce pas ?

Très légers spoils, lecteur tu es prévenu.


J'ai eu le "plaisir" de regarder Nymphomaniac de Lars von Trier. Il serait un peu hypocrite de considérer qu'il y a deux films, il n'y a qu'une seule histoire, aucune transition entre les deux aucun changement de ton. Non,  vraiment, vous regardez un film de 5h30. Quand au mot "plaisir" accompagné de ses guillemets, c'est que Nymphomaniac m'a un peu fait l'impression d'un Requiem for a Dream, c'est beau, ça pose des questions, mais c'est glauque.

Le mot nymphomane n'est pas neutre, notre cerveau le relis a la lubricité, certains fantasmes, d'autres, plus prudes sont dégoutés, mais dans le fond les deux oublient trop facilement que c'est une dépendance avec sa dimension destructrice. Comme toute addiction, il y a les voies hautes, joyeuses, vivantes et euphoriques, il y a aussi les pentes menant vers la destruction, la haine, le moche. Tout le film s'articule autour de cette dualité, et la beauté vient du contraste. Après s'être fait tabasser dans la rue, Joe échoue chez Seligman qui la porte chez lui et écoute son histoire. Une histoire qui commence dans sa petite enfance, et l'amène, au fil d'une nuit, jusqu'au présent, jusqu'à ce qu'elle est.
Seligman est un cinquantenaire asexuel, amoureux de littérature, de pêche et de discussion.

Le film s'articule sur Le contraste. Entre Seligman le stoïque, et Joe l'hédoniste.


Seligman: Well, I divide humanity into two groups: the people who cut the nails on the left hand first, and the people who cut the nails of the right hand first.

My theory is that the people who cut the nails of the left hand first, they're more light-hearted. They have a tendency to enjoy life more, because they go straight for the easiest task, and save the difficulties for later.

So what do you do?

Joe: Always the left hand first. I don't think there's a choice. Go for the pleasure first, always.

And then when you've done the left hand, only the right hand remains. That's the easiest one left.

Seligman: I never thought of it like that.

Traduction libre.

Seligman: Je divise l'humanité en deux groupes, le gens qui se coupent d'abord les ongles de la main gauche et ceux qui commencent par ceux de la main droite.

Ma théorie est que ceux qui commencent par la main gauche ont le coeur plus léger. Ils ont une tendance à apprécier plus la vie, ils vont vers la tâche la plus facile et gardent les difficultés pour plus tard.

Toi, par quoi commences-tu ?

Joe: Toujours la main gauche en premier. Je ne pense pas qu'il y ait un choix. Va chercher le plaisir en premier, toujours !

Et après, quand tu as finis la main gauche, il ne reste que la droite. C'est la plus simple qu'il reste.

Seligman: Je n'ai jamais vu les choses sous cet angle.


Mais toute l'histoire s'articule autour de ces contrastes et donne parfois une dimension innatendue à des détails. Joe parlant d'attirer les hommes, Seligman fait un parallèle sur la pèche en rivière. Joe s'adonne au sadomasochisme tout en faisant exploser sa famille.

Mais comme un rythme, il y a cette trame de fond, plaisir et destruction. En tant que spectateur j'ai été régulièrement baladé entre un sentiment d'excitation, ou de joie ramené très rapidement à un dégoût, un doute, un constat de destruction. C'est un voyage constant de l'un à l'autre.

Une réflexion profonde sur l'hédonisme, mais également sur l'identité, la narratrice principale s'identifiant souvent à son addiction, y voyant une revendication identitaire dans ses pratiques et son anticonformisme. Son autodestruction lui permettant aussi de comprendre, ou de porter un autre regard, comme lorsqu'elle croise un pédophile refoulé, criminel en puissance, un homme qui se hait peut-être autant qu'elle se hait.

Côté realisation, tous ces plis et ces fluides corporels rappelleraient presque le sénat les jours de frites à la cantine: ça faisait longtemps que je n'avais pas vu autant de pénis sur un écran. Mais ce n'est pas un porno, ça semble vrai, ça semble naturel. Le jeu d'acteur est irréprochable et la photographie nous immerge.

On en ressort un peu choqué, en bonne disposition pour une introspection.


vendredi 4 septembre 2015

Déflation, création monétaire et autres sujets hasardeux

La baguette du boulanger, en bas de chez vous, doit coûter aux alentours de 0,85€, un peu plus un peu moins selon où vous êtes. La quasi norme culturelle est des voir les prix augmenter, de façon généralisée, un peu partout, un peu tout le temps... Personne ne sera choqué si j'annonce qu'a priori le pain, l'essence, les loyers, les impôts et pas mal d'autres choses, seront un peu plus chers l'an prochain. Cette hausse généralisée des prix (et en théorie des salaires) s'appelle l'inflation.

Le phénomène économique inverse existe, c'est la déflation.

La déflation est souvent "mal vue" par les économistes keynésiens car elle a tendance à se renforcer par un cercle d'action et de réaction. Si les prix baissent, les consommateurs sont incités à différer au plus leurs achats, ainsi le volume d'affaires est moindre, certains y voient une nouvelle incitation à baisser les prix (ce qui reste à voir) ou encore tout simplement un facteur de ralentissement économique.

Toujours sous cet angle on peut voir quelques avantages à l'inflation, en effet, lorsque tout augmente et que tout signifie salaire et prix, les grands perdants sont, in fine, ceux qui ont de l'argent. Et quand on lit ceux qui ont de l'argent, l'illusion est de croire qu'il s'agit des "riches", car il s'agit de ceux qui ont de l'argent pas nécessairement de la richesse.

Un des moyens de créer de l'inflation est tout simplement d'imprimer de la monnaie. Admettons qu'il s'échange uniquement 10 kg de nourriture, et que la masse monétaire en circulation soit de 10 € (en totalité sur tout un pays pour une période donnée), très logiquement on peut supposer que le prix d'1 kg de nourriture soit de 1 €.

Si demain pour la même quantité échangée, on double la quantité de monnaie en circulation, 20 €, la quantité de bien en circulation étant la même, on double très logiquement le prix de chaque bien, on aura probablement un prix de 2 €/kg.

Avant la monnaie, il y avait le troc, ce qui signifie, que je pourrais envisager dans mon exemple qu'il n'y ait pas juste 10 kg de nourriture mais 5 kg de viande et 5 kg de pommes, en supposant que les deux soient également désirables, on aurait un "taux de change" de 1 kg de pommes pour 1 kg de viande. La chose semble parfaite jusqu'au jour où il y a en fait 5 kg de pain, 2 kg de viande et 3 kg de pommes, car si je n'ai que des pommes et désire du pain de quelqu'un qui ne souhaite avoir que de la viande, là ça devient compliqué. La monnaie n'est rien d'autre qu'un moyen de simplifier le troc, à la fin nous sommes tous en train d'échanger nos biens et nos services.

Une des choses les plus distrayantes est d'entendre les grandes théories autour de la monnaie. Parmi elle, très tendance avant que l'euro ne se casse la gueule, donner le contrôle de la monnaie à un gouvernement populiste résoudrait probablement tous les problèmes de la France, de la Grèce, du monde entier... L'euro serait trop fort... Comprenez à travers tous ces messages qu'il faut imprimer des billets.

Naturellement aujourd'hui on imprime rarement des billets dans les pays développés, on procède à des opérations plus sophistiquées de LTRO ou de QE. Le wording est plus sexy, le grand public ne comprend rien, mais il ne se passe pas grand-chose de différent. Plus de détail sur ces pratiques sur la Main invisible.

Faire tourner la planche à billets à deux impacts principaux: augmenter la masse de monnaie et transférer de la richesse.

L'augmentation de masse monétaire est assez intuitive, c'est le premier effet et généralement le seul qui arrive en tête quand on parle de faire tourner la planche à billets. J'ai 100 billets, j'en imprime 100, j'en ai 200... Tout devrait coûter deux fois plus cher et dans le fond pas grand chose ne changerait, si sur chacun recevait autant de billets que ce qu'il a en poche.

Si vous imprimez de la monnaie chez vous vous êtes de faussaires, vous abusez du monopole de l'Etat, en l'occurrence, en Europe, de la Banque Centrale Européenne. Car en général celui qui imprime de la monnaie s'enrichit. En général, il s'agit de l'Etat, il imprime la monnaie puis s'en sert, et comme en payant des voyages en jet privé à Manuel Valls et sa famille on dépense de l'argent, au final c'est l'Etat et ses serviteurs qui s'enrichit (en ayant appauvris les servis)...

Les nouvelles méthodes d'impressions (LTRO / QE) de billets donnent une place aux banques qui généralement prêtent en contrepartie aux états ou s'assurent de maintenir les marchés boursiers à flot pendant que l'économie s'effondre ou stagne.

A ce type de petits jeux d'arrangement comptable, généralement, si quelqu'un gagne de la richesse (ici donc les banques et les états), quelqu'un doit se doit d'en perdre quelque part. Probablement ceux qui détiennent de la richesse ? Oui, dans un sens, mais de la richesse en terme monétaire, c'est à dire du cash, de l'argent sur un compte un banque ou de l'argent à venir (un crédit que l'on doit vous rembourser)...

Dire les riches est faux, si vous détenez quelques millions vous avez probablement diversifié votre investissement en actifs financiers (du coup que quelqu'un maintienne les marchés peut vous arranger), dans l'immobilier et, vous avez probablement une proportion faible de votre richesse sur un compte en banque. En dehors des créanciers, ce sont probablement les classes moyennes qui sont les plus affectées par ce genre de stratégies.

In fine, c'est comme lever un impôt assis sur les créances et les possessions monétaires. Mais ça semble moins douloureux.

Dans tous les cas, si ce n'est que parce qu'on appauvrit les populations, j'ai toujours du mal à saisir en quoi ça augmente la compétitivité du pays. Question ouverte ceci étant dit, avec les commentaires, tout ça.


jeudi 25 juin 2015

Quelle partie du terrorisme a été créée au nom de la lutte contre le terrorisme ?

N'entrons pas dans les théories du/des complots.

Au motif de la sécurité, certains états s'autorisent à infiltrer des groupes pour y favoriser l'extrémisme au prétexte de voir s'il y a là un terreau fertile. Au motif d'un amour sélectif des droits de l'homme, d'autres états les autorise à intervenir au-delà de leur frontière, à armer les uns pour défaire les autres.

Si la seconde déclaration ne fait pas de doute, la première peut-être un peu plus :


Sur un plan moins discutable:
  • La CIA a soutenu avec ardeur ceux qui sont devenus les talibans (et donc également Al Qaida) quand il s'agissait d'emmerder les russes.
  • Il y a deux ans la Syrie était dirigé par un dictateur sanguinaire qu'il fallait renverser. De grands humanistes ont donc financé et armé les rebelles. Les rebelles syriens aujourd'hui sont globalement composés de quatre factions: des salafistes qui passent pour des laïques comparés aux deux autres, un groupe faisant partie d'Al Qaida (les gentils du jour), l'Etat Islamique (ISIS, les méchants cette fois), et les kurdes qui a défaut d'êtres des extrêmistes sont un groupe ethnique. Les Kurdes sont un peu emmerdant, vu que le Kurdistan chevauche la Turquie, ce n'était donc pas les premiers clients d'une aide. Comprendre qu'en gros, les gentils d'hier sont aujourd'hui sans équivoque les hommes pieux qui balancent des homosexuels pour leur apprendre à vivre et violent des femmes pour passer le temps. Le dictateur d'hier a soudain normalisé ses méthodes de guerre, comme par magie, et celle-ci sont passées dans le camps adverse... C'est tellement grossier de lire les mêmes sujets visités par les deux partis à un an d'intervalle que l'on se demande presque comment soudain les journalistes s'arrêtent de parler de l'un pour parler de l'autre. Exemple, chez Assad en mars 2014, à l'ISIS en décembre 2014.

Aujourd'hui la peur est là, on fait passer un message clair, qu'il faut troquer sa liberté contre plus de sécurité.

Question: quelle partie du terrorisme a été créée au nom de la lutte contre le terrorisme / pour la démocratie ?

Que ce soit délibéré ou pas, il y a la question légitime de savoir si l'on n'aurait pas créé ces problèmes qu'il faut impérativement résoudre à coup d'état omnipotent. Ca a déjà été dans l'histoire le moyen d'action de certains fascistes (due genre qui en endorsent le nom), la stratégie de la tension.


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