mercredi 7 novembre 2012

Skyfall

Soyons prévenu immédiatement vous avant la lecture, moi avant l'écriture, cet article risque de spoiler un poil. Skyfall est à mon sens un des pires 007 qui ait été réalisé, même devant Aux Services Secret De Sa Majesté qui n'était pas vraiment un des chef d'oeuvres du septième art. Je vais donc me passer les nerfs en mentionnant les quelques points qui sont vraiment pires que d'habitude, j'épargnerais les incohérences que l'on trouve traditionnellement dans un Bond, qu'il s'agisse de ses attentes longuettes d'un sociopathe pour mettre fin à la vie de James ou encore des sessions piratages de moins de 10 secondes à travers 1000 ordinateurs proxy dans le monde pour contrer à un algorithme de cryptage asymétrique ou encore le crackage d'un cryptage oméga ayant pour mot de passe le nom d'une station de métro.

La seule chose qui tienne la route ce sont les effets spéciaux, même la réalisation est douteuse par moment. Mais nous allons commencer par mettre le scénario au feu dans la mesure où c'est là que prenne naissance la moitié des défauts du film.

La propagande

Premier point, sans lequel je n'aurais peut-être pas écrit cet article. Ce film est un film de propagande, le scénario est le meilleur geste de l'Angleterre pour montrer son application dans l'organisation la mise à mort Wikileaks. Si vous avez un doute quand à la véracité de mon affirmation regardez ce petit comparitif entre le méchant Silva (interprété par Javier Bardem) et Julian Assange : philtrum prononcé, cheveux blonds platines, front large, lèvres relativement charnues.

Par ailleurs, le "business" du méchant est un élément complètement connexe à l'intrigue pourrie détaillée dans le point suivant, il se trouve qu'on a choisit que celui-ci soit un terroriste freelance. Sa dernière lubie ? Balancer une liste des agents des pays de l'OTAN actuellement sous couverture, c'est pas pour un client, c'est juste pour le fun et la balancer sur Internet en emmerdant M. Ce point n'a aucun intérêt dans le scénario, il permet simplement d'imbriquer ce chainage visuel : mec au cheveux décoloré qui fait de l'informatique et diffuse des infos au grand public = terroriste meurtrier.

Le point culminant de ce discours est peut-être une diatribe de M sur fond visuel d'un méchant qui tue tout le monde, M développe un argumentaire implacable expliquant que si les gens ont peur, il faut laisser les services secrets être secrets.

Ce film est un bon bourrage de crâne avec du placement de produit Sony, la marque cherche-t-elle a compenser son incompétence dans la sécurisation de ses plateformes ?

Pour répondre à la mise en ambiance, il n'y a à ma connaissance aucune vie humaine qui a été coutée par les révélation de Wikileaks dans la mesure où celles-ci ont toujours lieux après une phase de discussion avec les gouvernements.

Les frustrations d'un vieux scénariste

Toutes les motivations de second ordre des personnages semblent justifiées par leur âge, ils semblent tous avoir des choses à prouver. "La jeunesse n'est pas gage d'innovation" et les diatribes des uns et des autres tendant à montrer un Bond triomphant comme le garant des vieilles valeurs traditionalistes :
  • Un petit jeune remplacant Q fait une remarque plutôt profonde sur l'analyse d'un tableau, Bond répond un truc plat, amusant sur le coup, et qui au fond rentre bien dans le personnage du gros con qui méprise toute culture sous prétexte qu'elle n'est pas la sienne
  • Fusil de chasse contre fusil d'assaut
  • Vieille Aston Martin
  • Vieille rancoeur et préjugés contre la jeunesse qui a l'audace de faire des choses, un peu de courage chez les scénaristes (qui sont trois quand même) et on aurait pu voir un peu James finissant par se taper M par simple militantisme et patriotisme.
L'enjeu

Dans Casino Royale : le "méchant" blanchit de l'argent d'activités illégales, dans "Quantum of Solace" : le méchant veut contrôler l'eau dans le monde. Dans "Skyfall" : le méchant veut tuer M pour un grief personnel, du genre "tu m'as trahis".

Si dans Moonraker l'extermination de la vie humaine sur terre était peut-être un poil too much côté enjeu, je pense que l'assassinat d'un fonctionnaire pour une erreur dans le traitement d'un dossier est un poil légère.

Le déroulement du scénario

Le méchant veut tuer M, mais pas de bol pour lui, le scénariste a décidé que non. Alors bien qu'ayant accès aux locaux du MI6 et à l'emploi du temps de M, il fait volontairement exploser son bureau sous ses yeux, juste pour lui foutre les boules, parce qu'il est vraiment méchant le méchant, c'est un petit sadique.

Comment retrouver le méchant à partir d'un simple tueur à gage ? Il suffit de retrouver le dit tueur (appeler la CIA en cas de problème) et comme il ne change pas d'employeur, il n'y a qu'à remonter la piste. Le méchant devait donc se faire capturer.

Bien qu'étant un sociopathe fou de rage en plein fusillade, notre ami aux attentions meurtrière arrive devant M, l'ajuste les yeux injectés de sang et tire une seule balle, coup de bol il touche un figurant héroïque. C'est le seul moment où il ne tire qu'une balle, mais là c'était important.

Le méchant sait où Bond se cache, il arrive donc trois semaines après et envoie d'abord une équipe surarmée en reconnaissance avant d'arriver pour pouvoir voir le cadavre de ses hommes.

Le manichéisme

Ce film est reposant de simplicité, les méchants contre les gentils, pas une petite once de trahison, l'informatique et les méchants pirates font tout ce qu'aurait fait les traitres d'un James Bond 10 ans plus tôt. Les gentils sont là pour sauver leur patrie, le film se termine par un plan de James Bond avec un drapeau anglais. Il est là pour sa patrie, rien ne l'arrêtera.

Le saut à moto

Dès les premières minutes du film Bond est pris dans une poursuite et son ennemi saute d'un pont pour atteindre un train, dépité James fonce dans une rambarde relativement massive : problème la rambarde gagne et James s'offre d'un vol plané avec sa moto. Humour ou mauvais goût ?

Les chutes dans l'eau

Lorsqu'un corps humain tombe dans l'eau, il coule à pic. Archimède peut aller se rhabiller, mais dans les combats sous marin de Skyfall les corps coulent.

La dernière mission de Patrice

En écrivant cet article je repensais au dernier assassinat du tueur à gage sous le regard condescendant de Bond. L'homme payé 4 millions d'euros tue deux gardes de sécurité d'un gratte ciel, monte, découpe la vitre, sort un fusil qui a l'air de couter très cher, ajuste. La cible arrive, elle s’assoit dans un salon, on lui présente un tableau qui n'est pas sans rappeler Le Cri de Munch (qui doit coûter environ 20 fois les services du tueur), le tueur aligne sa cible avec, dans le prolongement de celle-ci, le tableau, il abat la cible d'une balle. A ce moment, les autres personnes dans la pièce ne cillent pas et se contentent d'emballer le cadavre. On les comprend complices

Qui peut penser à un coup monté aussi improbable ? On engagerait un tueur à gage à plusieurs millions simplement pour donner le change tout en risquant une toile de maitre ?

Tireur de train d'élite

Le méchant a tout prévu c'est donc au bout d'une poursuite de 10 minutes dans les égouts et le métro qu'il est rattrapé par Bond et fait exploser un mur qui fait jaillir un train pile sur notre ami James. Je vous le dis, je vous le répète, ne fréquentez pas de personne calculatrice, c'est trop dangereux pour vous !
Grenades nocturnes

Dans une des dernières scènes un hélicoptère se pose sur fond d'un soleil d'après midi, trois grenades plus tard, il fait nuit noire. C'est que c'est traitre un ciel d'Ecosse.

Petite ballade nocturne

M s'enfuit à travers la lande écossaise en pleine nuit, alors que, 300 mètres derrière elle les méchants s'affairent à détruire une maison. Question : que fait-elle ? Réponse : elle utilise une lampe torche. L'équivalent de la balise GPS du début du XXème siècle. Conséquence : on la voit cette vieille buse !


Attendez qu'un de vos amis soit assez fou pour acheter le DVD ou procédez par d'autres moyens mais je vous déconseille d'aller voir ça au cinéma même si ça occupe quelques heures.



jeudi 25 octobre 2012

Est-ce qu'il y a une place pour le futur en France ?

Toi qui t'apprêtes à lire ces quelques lignes sâche qu'il se fait tard ici et que nul homme ne peut prétendre à la nullité de l'emprise de la nuit sur ses pensées et sa plume.


Quand je regarde l'Etat français se débattre dans la crise, se tordre de spasmes et agripper le futur pour reculer un peu plus l'échéance de la mort. Ce passé s'accroche tellement que j'ai peur qu'il finisse par l'étouffer ce futur. Est-ce que quelqu'un peut me dire que la France est le bon point de départ pour y développer les modèles de sociétés de demain ? Les business de demain ? Quoi que ce soit qui ne soit pas d'hier ? Est-ce que la France a quelque chose à offrir à la jeunesse d'autre qu'une place hypothétique dans un ministère ou un grand groupe assortie d'une évolution à l'ancienneté ?

Plus j'en observe plus j'ai le sentiment que la France n'a rien à offrir à des jeunes avec de l'ambition professionnelle... Beaucoup de mots, peu de faits. Évoquons quelques symptômes :

Quelles sont les jeunes sociétés qui sont devenus grosses en France par leur talent ?

Regardons déjà dans le top 10 du CAC 40 les sociétés ayant une dépendance à l'état (et désolé de réchauffer un vieil article) :
  • Total, qui a bien été aidé par maman état pour que les ouvriers puissent continuer d'aller faire le plein
  • Sanofi, dont les produits sont remboursés par l'état et dont Roselyne (l'intellectuelle du gouvernement précédent) avait acheté un lot de vaccins pour une histoire de rhume cheloue (patriote la madame)
  • GDF Suez, ancienne entreprise publique
  • Danone, pour lequel on considère en France que les jeux d'argent sont un secteur stratégique pour l'économie. Vous ne voyez pas le rapport ? Ça autorise l'état à s'opposer aux offres publiques d'achat (OPA des méchants étrangers en haut de forme et avec un manteau de Dracula) au prétexte que Danone est un grand acteur des jeux d'argent (puisqu'il possède le casino d'Evian)
  • BNP Paribas, dont plus de 40 % du capital est public
  • EDF, idem GDF
  • France Telecom, idem EDF
Si je retire les choses manifestement étatiques, il reste :
  • Déjà mentionné reparlons-en Danone fondée en 1919
  • LVMH dont pas une des marques de l'acronyme ne s'est créée après le XXème siècle
  • L'Oréal fondée 1909
  • AXA fondée au XIXème
Pfiooouuuuu toust le top 10 peut revendiquer d'avoir vu passer la seconde guerre mondiale, chose qui m'est impossible si l'on exclut le fait que j'ai dû me la taper 4 fois dans ma scolarité.

Je me focalise peut-être un poil sur le top 10, je vous invite à faire tout le reste du CAC, je pense que la société non issue d'un grand groupe (par joint venture ou spin-off) la plus jeune est CAP Gemini (1967).

Si je résume je vois soit des groupes qui ne sont au final que des ministères de l'industrie sorties du girons de l'état (pour 60% quand même) ou alors des sociétés en mode grand père, probablement des PMEs que l'on a pas réussi à tuer à coup de réglement, de charge et de "sale riche".

Ayant entendu la remarque deux fois en peu de temps, j'entends dire que l'on peut taxer les entrepreneurs, il y en aura toujours qui viendront prendre leur place. Où sont-ils ?

Mais, c'est grave ? La jeunesse veut forcément créer une boite niveau CAC40 ? le futur c'est forcément de ne plus avoir celles-ci dans la liste ?

En soit non ce n'est pas grave tant que l'on a pas planté le reste du décor. La jeunesse n'en a rien à carrer de l'entrepreneuriat (si, si, je le pense). Et oui, le futur c'est de voir du changement dans cette liste.

Le reste du décor c'est que oui, en France, pour beaucoup de diplômés et de non diplômés, avoir une carrière intéressante signifie passer dans des grands groupes. Ceci se fait naturellement en l'absence d'autres structures de tailles dites moyennes, le champs de réflexion est très court et étroit. Hors aujourd'hui, ces grands groupes sont des machines designées pour l'inertie la plus complète, ils sont peu à accepter de donner un peu d'autonomie ou de responsabilités à des jeunes (un peu de lecture pour aller plus loin). La carrière normale est de se défoncer pour être "corporate" jusqu'à enfin être vieux ou en être dégouté avant.

Je pense qu'un jeune ne veut pas forcément créer une boite, même une petite PME, peut-être même que faire carrière, ça ne l'intéresse pas. Dans ce cas, la France est peut-être pas mal pour lui, pas trop de risque de se faire virer, pas trop de risque de voir quoi que ce soit changer à l'horizon, un petit ascenseur bien joli. Il n'y a qu'à s'asseoir et attendre. En revanche, si professionnellement, il souhaite quelque chose, j'espère pour lui qu'il parle anglais, parce que ce pays n'a rien à lui offrir. Mais sinon non vraiment, en l'absence d'ambition professionnelle c'est pas trop mal. Les seules choses qui pourraient venir chier sur son horizon professionnel sont l'ennui et la récession. Pour l'ennui il y a le Prozac et le pinard, c'est légal et ça fait tourner l'économie, pour la récession en revanche je n'ai rien à conseiller.

Quand au CAC 40 et au futur, oui, je pense que oui, cette liste devrait bougé. Conditionnel, conditionnel parce qu'on fait tout pour qu'elle ne bouge pas, on empêche nos vieilles industries de mourir, ne nous mentons pas, tous les prétextes sont bons. Le plus tendance en ce moment c'est celui des emplois, Arnaud Montebourg est un préservatif de plus d'1m80 (l'égo de Sarkozy pourrait y rentrer) et il préserve quoi, il préserve des z'emplois. Remarquez la sémantique "préserver", tous le monde à arrêter de parler de création d'emplois, on a fait une croit sur le sujet, on attend que Superman vienne redresser les usines. Quand l'idée n'est pas de sauver des emplois on parle simplement de "risque systémique", ce risque suprême de venir toucher la pierre angulaire de notre château de carte mode Louis XIV.  Malheureusement je pense que l'idée de destruction créatrice est vraie et sans destruction point de création.

Sans mal point de bien

Le passé est passé, mais j'ai l'impression de vivre avec une carte postale des Trente Glorieuses collée sur mon frigo. Comme si l'euphorie économique, externalité positive d'une des guerre les plus destructrices qu'ait connu l'humanité, pouvait revenir à coût de "bonus écologique", "Crédit Impôt Recherche" ou "Plan de Sauvegarde de l'Emploi"... Les politiciens jouent avec l'économie du pays comme des gosses avec jeu vidéo. Ils ont dans l'idée qu'il faut sauver les vieilles industries, sauver les vieux emplois, seulement c'est avec vôtre argent que l'on renfloue. On renfloue les banques, on renfloue PSA, on fait le VRP et on négocie des projets pour Airbus, des projets pour Alstom, des projets pour EDF. Ce n'est même pas une entreprise qui est malade, c'est le système, ce système qui veut que sa priorité numéro 1 soit de se sauver lui-même. La mort par l'invariance.


La mort d'une entreprise, d'un pan de l'économie, c'est comme la mort d'un être humain. Elle nous fait peur, on veut la repousser le plus loin possible, mais au final ce n'est pas la vie que l'on prolonge mais l'agonie.

Mais non, le problème c'est la crise !

Je pense que non, le problème ce n'est pas la crise, la crise c'est le symptôme, la crise c'est le coup de pelle en plus, celui pour finir le travail.

L'ambiance internationale met beaucoup de pays du monde dans le marasme qu'ils se sont construits eux-mêmes. Les prélèvements obligatoires ont augmentés en pourcentage selon Bercy de 50 % (de 30% à 46% du PIB) depuis les années 70 (confiez le calculs à d'autres je pense que l'on peut atteindre facilement les 80%). Que l'on ne me raconte pas que cela paye des services parce que je ne suis pas persuadé que le niveau du service publique ait explosé depuis 1970.

En pleine euphorie économique ce qui était jouable ne l'est plus aujourd'hui.

On dit quoi à un jeune sans futur alors ?

Il y a plein de choses à dire à un jeune sans futur.

Si vous vous sentez moralisateur, suggérez lui qu'il aurait du faire plus d'études, n'importe quoi à n'importe quel prix (avec un crédit si possible), ça lui aurait certainement été plus utile. L'utilité principale aurait été que ça lui aurait sucré quelques années au chômage, ça change pas grand chose in fine mais sur du court terme ça dépanne comme disait Lionel.

Si vous vous sentez un poil cynique vous pouvez lui expliquer que le SMIC est vraiment la plus belle des protections qu'on puisse lui offrir. Vous oublierez de lui expliquer que c'est aussi la meilleure garantie de s'assurer que le travailleur non qualifié soit surtout sans emploi.

Si vous vous sentez vieux et parisien, dites lui que de toute manière, même si vous ne savez pas trop comment il va payer son loyer vous êtes content de toucher votre retraite par répartition, que quelqu'un cotisera à son tour pour lui dans 40 45 60 70 ans. S'il demande la date exacte, dites lui que l'on attend d'avoir un système à l'équilibre, on lui dit après.

Si vous avez un poste bien au chaud n'importe où, dites lui que faut pas qu'il s'en fasse, on a des droits dans ce pays. Le droit du mec qui a un travail, c'est de le garder, quelle qu'en soit la raison : âge, fonctionnaire, nombre d'enfants, infirmité, le droit du mec qui n'en a pas c'est de savoir pourquoi : trop jeune les places sont prises pas ceux qui sont passé avant, trop difficile à virer, pas assez de tares pour rentrer dans un quota protégé.

Si vous vous sentez comptable et qu'il se demande pourquoi il a du mal à s'en sortir, vous n'avez plus qu'à pointer sur ses factures, la cotisation pour sauver les retraites des employés du gaz, la cotisation pour renflouer la sécu, la cotisation pour renflouer Renault (ne la cherchez pas celle-là, elle est noyez dans la masse).

A 20 ans, il ne mange peut-être pas à sa faim, il ne se loge peut-être pas correctement, il se crible peut-être de crédits bidons, on le taxe dès qu'il veut boire ou fumer et il sait que dans le meilleur des cas demain sera comme hier. Mais, mais, grâce à l'état providence il pourra soigner correctement son cancer du colon à 50 ans !

La seconde photo est de Toscani pour une campagne Benetton
La troisième photo est un fond d'écran qu'on trouve un peu partout sur Internet 

Edit du 25/10/2012 : oui, j'aurais pu appeler cet article "Est-ce qu'il y a une place pour le futur dans ce monde ?" ou "Est-ce qu'il y a une place pour le futur en France ? Et ailleurs ?" mais je ne l'ai pas fait, va savoir pourquoi ...


lundi 15 octobre 2012

Qu'est-ce que la science au début du XXIème siècle ?

La science c'est selon moi la connaissance du « vrai car vérifiable ». Selon Wikipedia et le Robert « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables [sens restreint] ». La second définition me plait moins puisqu'elle se centre sur la notion de savoir, or on ne sait pas que des choses vrais.

Cette approche du savoir laisse la porte ouverte à un terme qui y est lié, celui de "savant", ceux-qui-savent. Quand j'entends Jean-Pierre Pernaud, la douce voix de la fosse sceptique de TF1, prononcer le mot "savant" j'ai l'impression de m'être offert un aller simple pour le début de la guerre froide. Il ne lui manque plus que de passer en noir et blanc et de prendre une voix nasillarde pour nous rappeler le temps bénit par Mélenchon de la TSF, cette bonne vieille télé d'état qui distillait la Vérité avec un grand V.

On décrit généralement une chose par ce qui la rend différente, par exemple si je dis "on sent l'orage arrivé, le ciel est noir", tout le monde comprend qu'il est gris, plus foncé qu'avec de simples nuages et qu'il ne fait pas nuit (donc pas vraiment noir). Le terme de "savant" laisse ce goût bizarre sur la langue affirmant qu'eux savent, et que les autres, non.

L'activité des scientifiques n'est pas de savoir, ça c'est une de leur qualité, leur occupation est de chercher à découvrir de nouveaux savoirs, de nouveaux modèles, de nouvelles connaissances. Le savoir est censé être accessible à tous par l'éducation (au sens large, celle que l'on pratique également tout seul le soir en naviguant sur Wikipedia quand Facebook est couché). Cette idée que le savoir est l'apanage de quelques uns qui le distille vers la populace range la science au niveau du dogme et un scientifique au niveau d'un curé, martelant la vérité plutôt que l'expliquant.

Des branches de la science s'intéressent également à fournir des modèles pour notre réalité. Un modèle est une représentation, généralement simplifiée du fonctionnement de la réalité. On pourrait par exemple considérer que la physique et l'économie sont deux sciences qui fonctionnent sur des modèles mais tentant de décrire des réalités différentes, d'un côté les intéractions des objets entre eux, et d'un autre le fonctionnement d'un ensemble d'êtres humains à travers l'échange de biens et de services.

Un modèle est simplement une idée, un système schématique ou une formule mathématique. Il peut être utile (ou valide) à une certaine échelle si l'on s'apercoit qu'il permet d'expliquer la réalité, par exemple les trois lois de Newton expliquent la chute d'une pierre. Cependant la plus part des modèles sont faux (ce qui ne les empêchent pas d'être utiles), par exemple l'idée que lorsque le prix augmente la demande diminue est un modèle économique qui trouve ses limites lorsque l'on s'intéresse au point particulier du luxe. Dans le monde du luxe (du vrai luxe), le prix d'un produit est un de ses attributs de vente. Si je vous demande la meilleure bouteille de vin du monde et que je vous mets seul, sans connexion internet dans un magasin, vous prendrez certainement la bouteille la plus cher.

Ainsi lorsque l'on entend déclarer en sciences humaines que certaines vérités sont aussi vrai qu'1+1=2, on comprend que certains ont du mal à saisir les limites de leurs connaissances. L'économie fait parti des domaines où certains constats empiriques peuvent être transcendés hors de leur contexte pour devenir des religions. Il peut s'agir des prétendus modèles socialistes scandinaves dont on oublie que premièrement ils n'évoluent pas forcément vers le soviétisme et deuxièmement en plus d'être socialistes ils sont aussi scandinaves prennent donc place dans un contexte culturel particulier. On peut également cité cette idée sacrosainte que toute taxe décourage (oui, j'ai aussi besoin de m'autocritiquer un peu).

On peut également être tenté de lever une inquisition contre la connerie lorsque l'on lit certains titres de presse, le candidat le plus récent étant l'auteur de ces quelques mots "Oui, les OGMs sont des poisons !". Une expérience teste uniquement sur des rats, un seule variété de maïs OGM (Monsanto jesaispluscombien), et, la conclusion est que, si les rats sous maïs OGM meurent plus alors tous les OGMs sont nocifs à tous. L'étude en elle-même pose peut-être des questions intéressantes, on peut en vouloir à ceux qui la noie dans une bouillabaisse de débats débilitants sur le sujet des OGMs. J'aimerais dire à ce monsieur en mal de lecteur que j'ai connu des prostituées qui racolaient moins.

Sachant que l'on a déjà vu un vieux (senior en politiquement correct) tuer des jeunes qui faisaient trop de bruit, peut-on titrer sans honte : "La délinquance du troisième âge s'arme pour faire la guerre à ses rivaux" ? Question ouverte, gros bisous et bonne journée !


mercredi 3 octobre 2012

Taxer le capital à même hauteur que le travail ?

Voici un sujet intéressant qui émerge en ce moment avec la Loi de Finance millésime prérécession et le mouvement Défense Pigeons.

Doit-on aligner les taxes sur le capital sur celle du travail ?

A l'heure actuelle, elles sont moins importantes : 30 % d'impôt sur les sociétés, suivi de 13,5 % (peut-être plus) pour CSG / CRDS (la flat tax française) soit 40 %. On arrive a peu près 47 % du côté du salarié si je ne me trompe pas. J'inclue volontairement l'impôt sur les sociétés qui pour moi est simplement une taxe avant que l'entreprise ne puisse disposer de ses bénéfices. En l'occurence, il me semble, mais c'est à voir que le gouvernement ne s'intéresse pas à ces 30 % ça permet de raser plus.

Dans l'esprit, je vois un revenu et je me dis qu'il est important qu'il soit taxé de la même manière, il n'y a pas de raison de gagner mieux sa vie dans un cas que dans l'autre. Pourquoi l'état considérerait différemment une valeur crée par du capital ou de la sueur ?

Les arguments arguants pour une différence sont peu nombreux.

Le plus fréquent : "le capital a déjà été taxé, il est le produit d'un travail, les taxes sur les produits du capital forment donc une double taxe". Selon moi cet argument est caduque, il n'y a pas de double taxe sur le capital, puisqu'on ne taxe pas le capital mais bien les plus values qu'il génère. L'impôt sur la fortune est une double taxe sur le capital, j'approuve, supprimons le ! Mais ne mentons pas en affirmant qu'il ne s'agit pas d'un revenu nouveau lorsque l'on regarde que nos investissements ont fait des petits.

Le plus farfelu : "les entrepreneurs n'ont ni couverture santé, ni retraite, ni chômage laissons leur plus d'argent". Désolé, mais seul le prémisse est bon. Ni couverture santé, ni retraite, ni chômage. Il y a effectivement une équité, mais celà suppose un agglomérat gênant si l'on justifie par celà des taxes plus faibles sur le capital : "les entrepreneurs seraient les seuls à jouir du capital". Je pense que dans le monde la plus grande partie du capital en valeur n'est pas détenue par des entrepreneurs mais de simples actionnaires. Ainsi on prend un argument sur un cas "mineur" pour justifier un principe de fiscalité majeur, that's bad !

Le plus cohérent, et à mon sens le seul qui soit valable : "l'investissement du capital correspond à une prise de risque sur le celui-ci". Et là, c'est vrai qu'il y a une différence fondamentale avec le travail, le travailleur ne risque pas son outil de production dans son travail. On peut ainsi considérer que l'un et l'autre ne sont pas structurellement identique et que l'on doit rétribuer la prise de risque.

Je contreargumenterais simplement ce dernier argument en faisant remarqué que ce n'est pas à l'état de venir subventionner une prise de risque en citant ce principe philosophique millénaire : "chacun sa merde".

Dans la théorie, j'approuve cette idée de rejoindre taxe du capital et du travail (pourquoi ne pas avoir une seule taxe d'ailleurs, qui s'appellerait de manière originale impôt sur le revenu). Dans la pratique je suis un pigeon parce qu'il est vrai qu'on dirait que la chasse à la création de valeur est ouverte et que tous les prétextes sont bons pour qu'on puisse continuer à servir deux fois des frites le mardi midi à la cantine de l'Assemblée. Remplir les caisses de l'état intelligement c'est commencer par se demander comment arrêter de les vider dans un pays qui a déjà des taxes à toutes les sauces.


Le verbe contreargumenter a été déposé dans tous les temps de l'indicatif, du conditionnel, de l'impératif et du subjonctif (sauf imparfait) aux Iles Caîmans, au Liechtenstein, en Suisse, à Luxembourg et à Panama.


mercredi 19 septembre 2012

Combien coûte la création d'un emploi ? Le cas du plan de relance de 2009, le futur de l'opération PSA Peugeot Citroën ?

Pour trouvez quelques données autour des dépenses et création d'emploi du plan de relance de 2009 ou d'autres données publiques vous pouvez aller jeter un oeil sur data.gouv.fr. La plus part de ces données ne sont utilisables que pour des traitements manuels malheureusement, mais c'est déjà un premier pas en avant vers la transparence de l'utilisation de votre argent.

Avant de penser à "sauver" PSA Peugeot Citroën, regardons un peu le bilan du plan de relance de 2009, en terme de création d'emploi.

La document fait le distinguo entre emploi sans et avec effet de levier, je suppose que cet effet de levier doit tenir compte d'un impact vis à vis de sous traitants qui générerait des créations d'emploi indirectes.

Durant ce plan de relance, la création d'un emploi (effet de levier compris) a couté 145 000 € (je n'ai utilisé que les investissement pour lesquels les chiffres de création d'emploi sont indiqués), c'est-à-dire que pour créé un emploi, il a fallu en moyenne investir 145 000 €. Ceci représente environ 6 ans de salaire chargé pour quelqu'un qui touche un peu plus que le SMIC (disons environ 1 200 € net par mois), si l'on compte uniquement l'argent disponible en fin de mois, on arrive à 10 ans (1 200 x 12 = 14 400 € par ans).

Soyons honnête l'état réencaissant une partie importante des charges, considérons 6, 6 ans de salaire, est-ce que ces emplois dureront ne serait-ce que 6 ans que l'on puisse estimer que l'investissement aura été plus productif que de simplement avoir eu quelques chômeurs ? Même si ça avait été le cas, un chômeur, ça peut trouver un nouvel emplois (en moins de 6 ans), mais dans des activités productrices de richesse cette fois, ça peut même finir par devenir entrepreneur parfois.

  1. Une activité économique n'est pas rentable
  2. Ne souhaitant pas avoir la charge de chômeurs, on finance cette activité en la subventionnant (comme on prévoit de le faire avec PSA) ou bien en lui créant du "travail artificiel" comme on l'a fait à travers le plan de relance de 2009
  3. On se doit d'exclure toute idée qu'il s'agit d'un investissement. S'il est légitime de dire que faire des routes en Afrique est un investissement de long terme, c'est plus douteux en Europe où il s'agit de refaire des routes, quand il ne s'agit pas tout simplement de faire des ronds-points avec des parterres de fleurs versaillais. Notons qu'il y autant de rond-points en France qu'en Australie, Angleterre et Allemagne (réunies bien sûr).
  4. En définitive on fait un chèque pensant "amorcer l'économie", mais l'amorçage coûté bien plus cher que ce que couterait les dommages desquels il est censé nous protéger.
 
Au-delà de mon libéralisme forcené, je pense qu'on peut légitimement se poser quelques questions : est-ce que bien souvent l'état n'intervient-il pas uniquement pour légitimer une position de "sauveur" ? N'y aurait-il pas une position purement idéologique à affirmer qu'il faut mieux un travailleur subventionné qu'un chômeur ? Le travail est-il une fin en lui-même ou vise-t-il la production de richesse ?


mardi 11 septembre 2012

Logement, transport, temps de travail : un seul problème ?

Salut lecteur, ça faisait un bail ! Ouvres tes petits yeux et lis ces quelques lignes écrites pour donner un peu de grain à moudre à tes neurones ou simplement pour te divertir.

On regarde souvent les problèmes un par un, on évite relativement souvent de considérer une situation dans sa globalité, ça peut faciliter l'action, mais parfois ça empêche de comprendre un système dans son tout, "the big picture".

Énonçons donc factuellement et rapidement les sujets évoqués en titre et leur situation en France :
  • Le logement est cher, trop cher ? Oui, je dirais que oui. Disons au moins que sur Paris et en proche banlieue, on trouve des studios à l'achat entre 180 k€ (180 000 quoi) et 268 k€, côté location les prix sont entre 580 € et 800 € par mois (je suis sûr qu'on peut trouver une fourchette plus large, surtout à son extrémité supérieure). Regardons, une autre ville, Bordeaux, entre 80 k€ et 110 k€ pour un achat et côté location entre 380 et 500 €. Vous pouvez aller sur SeLoger.com pour vous informer un peu sur les prix.
  • Le transport est un problème pour la plus part des grosses agglomérations, j'aimerais trouver quelques chiffres, quelques données, mais ce n'est pas facile. Je pense que ceux qui prennent régulièrement leur voiture pour aller travailler ne contestent pas trop le problème d'encombrement majeur que l'on constate sur les routes. Pour ceux qui prennent les transports en communs, je pense que l'adjectif "commepouralleràAuschwitz" prend tout son sens, même hors période de grève tellement les wagons bondés interminables font partie du lieu commun.
  • Le temps de travail est un sujet large. En quelques mots, une partie pense que l'on travaille trop, appuyant l'idée que l'évolution de la civilisation devrait donner plus de place aux loisirs et appuyant surtout un l'idée que cela permettrait à plus de personnes de travailler grâce à une production individuelle moindre. L'autre partie pense qu'il s'agit d'un faux débat et d'un faux problème.
Donnes moi ta main lecteur ! Je t'emmène. On va faire un tour du côté du logement je t'amène au reste après.

Pour les besoins de la démonstration, j'ai fait venir Jean-Mokhtar le français médian (par son salaire). Jean-Mokhtar est un français un peu particulier puisqu'il touche le salaire médian, c'est-à-dire que la moitié des habitants du pays salariés touchent moins que lui et l'autre moitié plus.

Salaire médian en France : environ 1 653 €, retirons les charges pour avoir une idée de ce que touche un vaillant travailleur en fin de mois (son vrai salaire en quelque sorte) 1 287 €, retirons 1160 € par ans soit 99 € au moins, soit 5,3% du salaire brute pour payer d'impôts sur le revenu (voir le calculateur "simplifié" fournit par l'état, juste le fait de savoir que c'est une version simplifiée me fait rire en continue depuis maintenant 20 minutes). Il reste donc à notre français médian (je vous le répète, il n'y en a qu'un) 1 188 € chaque mois. Il n'a pas d'Allocation Pour le Logement à ma connaissance (APL également nommées Allocation pour Les Loueurs). Il doit également encore payer une belle armée de taxes : taxe d'habitation, redevance audiovisuelle, etc... On le met à 1 050 € d'argent disponible, ça vous va ? Avec ça on va le faire manger, dormir, s'habiller et aller au travail... S'il en reste un peu on pensera aux loisirs, mais à vue de nez, notre français médian, Jean-Mokhtar (vraiment drôle comme nom je trouve) ne va pas être amateur de call-girls à 500 € l'heure de discussion licencieuse ; pour lui ça va être télé foot le dimanche et les mots croisés du 20 minutes en semaine.

Les propriétaires (par contraintes légales il me semble), ne sont pas censés louer pour un loyer charges comprises supérieure à 33% du salaire brut du locataire, ce qui fait pour nous 551 €... Déjà pour se loger à Paris c'est mort, "Jean-Mokhtar, tu as beau gagner mieux ta vie que la moitié des salariés du pays : tu vas libérer un peu l'espace si tu veux bien !". Pour un achat, les biens en bas de ma fourchette parisienne représente environ 15 ans d'argent disponible (15 ans sans manger donc, un peu dur).

STOP : à ce point, engageons une petite réflexion. Considérant que se loger à Paris relève pratiquement du fantasme pour le français médian, Delanoë serait-il principalement élu par des riches ? Il faudra l'expliquer au PS, ils vont vous le limoger plus vite qu'un étron peut-être expulsé d'une cuvette des toilettes.

RETOUR A NOS MOUTONS : Bref, le logement c'est cher, et si ça n'est peut-être pas vrai partout en France, ça peut l'être au moins pour 10 millions de franciliens (dont beaucoup travaillent à Paris).

Construire plus de logements est possible dans beaucoup d'endroits, même en banlieue. Cependant à Paris ce n'est pas le cas. On ne peut pas agir du côté de l'offre de logement, demandons-nous alors qu'est-ce qui rend la demande si forte ?

Pourquoi être à Paris ?
  1. Parce que l'activité économique est à Paris, l'emploi quoi !
  2. Parce que travailler à Paris et vivre en banlieue signifie beaucoup de transport, vivre à Paris, c'est tout simplement maximiser "son temps loisir"
  3. Peut-être aussi parce que Paris est un centre culturel important et que c'est toujours un peu plus "sexe" que les banlieues dortoirs environnantes (banlieues dortoirs, un terme à la fois très laid et très vrai)
Les deux premiers points étant liés à l'activité économique ou au travail, posons-nous une nouvelle question. Pourquoi les entreprises se concentrent-elles à Paris ?
  1. Car c'est un point de business important, on peut y rencontrer de nombreux partenaires, des clients et des fournisseurs, on peut s'y rencontrer dans l'heure
  2. Car c'est un lieu prestigieux
  3. Car c'est un vivier de compétences, il est plus facile de demander à un salarié de faire banlieue-Paris que Paris-banlieue, ou pire banlieue-banlieue (chose qui peut même devenir impossible en tant que trajet journalier)
Si l'on considère les raisons 1, 2 et 3 des "travailleurs" et, 1 et 3 des entreprises on trouvent des problèmes liés au simple besoin d’interaction physique, de rencontre, de transport tout simplement. Reconnaissons le problème, le simple fait de se déplacer en région parisienne est un problème, pas un petit problème, un putain de gros problème, bien gros, bien gras, comme une tâche de sauce Big Mac sur ton canapé lie-de-vin. C'est bêtement un problème de saturation, car même en envisageant que les pouvoirs publics fassent leur travail, je vois mal comment on pourrait doubler le "débit" des systèmes de transports existants. Les gens font la queue pour avoir le droit d'attendre leur RER / métro suivant, les routes traversant les guettos Paris/Banlieue sont bouchées de 7h à 10h du matin quand on a de la chance).

Au-delà de celà, on pourrait évoquer également le fait que dire "je vais aller travailler en transport" signifie "je vais confier une partie de ma performance professionnelle à la CGT" (avouons-le c'est un peu con). Soyons clair, quand le syndicaliste moyen doit emmerder 4 millions de personne pour avoir une prime de 50 €, il ne cille pas, il agit.

Si je considère ce point du transport, j'aurais tendance à dire que le transport n'est pas une fin en lui-même. On ne se déplace généralement pas pour le plaisir, on a d'ailleurs un autre mot pour ça : "se balader" ou "se promener", ça peut se faire en voiture, en revanche ça ne se fait généralement pas en métro. "Je suis allé me balader sur la 13" est équivalent à "j'ai besoin d'aide dans ma vie, si vous ne faites rien, j'irais chercher des populations défavorisée à Neuilly".

Les gens cherchent généralement à faire maison-travail de manière efficace. Du point de vue de beaucoup d'entre eux, le temps de travail est calculé comme étant le temps "hors loisirs" de la journée, et on le calcul comme suit : temps pour aller au travail + temps de travail du matin + temps de déjeuner + temps pour rentrer du travail. Ce qui nous fait une journée de travail qui fait pour 8h de travail reçue par l'employeur, de temps travaillé, environ 10 à 12h investies par l'employée.

Ceci nous amène au troisième point évoqué dans le titre de l'article : le temps de travail. Du point de vue de l'entreprise, on attend une production que l'on peut mesurer en terme d'heure de travail effectuées (mesure un peu bidon à mon goût, mais mesure admise comme valable). L'entreprise n'a aucun intérêt à voir ses salariés écouter RTL dans leurs voitures pendant une heure aller et une heure retour.

Ainsi réduire le problème du logement signifie également réduire celui des transports et cela influera également sur un des objectifs de la réduction du temps de travail : dégager du temps de loisir.

Quelques idées en vrac si l'on souhaitait se pencher sur le problème avec autres choses que les idées de merde du DAL (Droit Au Logement) qui consistent dans l'esprit à geindre couché au sol en maudissant la propriété privée et en répétant sans cesse que c'est la faute des riches (idée importée de Corée du Nord probablement) :
  1. Paris est une des capitales les plus petites et les plus denses du monde, pourquoi ne pas l'agrandir et y inclure toutes les villes environnantes qui ne sont plus que des subdivisions administratives qui ne correspondent pas à un découpage urbain réel ? Peut-être que ça signifie même aller jusqu'à inclure la quasi totalité de l'Ile-de-France ? Cela pourrait peut-être forcer la gestion des routes à ne pas être faite par des élus de piétons. De manière générale, l'échelon de réflexion correspondrait à une réalité urbaine, et pourrait justifier des extensions de métro ainsi que des réflexions plus globale sur les transports. Sur un plan économique, des zones qui sont actuellement des zones qui vivent en tant que périphérie de la capitale à devenir de vrais zones économiques, basées à Paris et qui mériteraient une déserte entre elles digne d'une mégalopole. Je note qu'il est plus rapide de faire Paris-Lyon que de rejoindre deux points éloignés en banlieue. Cette idée est celle du grand Paris en un peu plus ambitieux à ce que l'on m'a dit.
  2. Cesser toute logique urbaniste visant à éloigner les entreprises de certaines zones, pour les grouper dans d'autres. Si ça avait un sens à l'époque industrielle, ça n'en a plus et, au-delà des considérations morales liées à au dirigisme urbain, penser un territoire en tant que découpage entreprise / habitation / commerce / éducation, c'est institutionnaliser le besoin du transport et les problèmes de temps / logistique qui y sont inhérents.
  3. Cesser la logique du permis de construire telle que nous la connaissons, le principal problème de beaucoup de projets immobiliers est le permis. Si on ne peut construire à Paris, on peut envisager de construire en banlieue. Une législation moins subjective ou sujette à l'arbitraire sur la construction permettrait de développer celle-ci, et permettre son développement par d'autres que les grands groupes de BTP qui sont de plus en plus seuls à pouvoir s'offrir le lobbying (la corruption légale) qui permet de convaincre les élus.
  4. Minimiser le besoins de déplacement physique pour l'accès aux services publics, ce qui aurait pour effet de diminuer le gain créé par le fait d'habiter près d'un grand centre urbain.
  5. Faire tourner les transports publics 24/24 pour en faire une vrai alternative à la voiture
  6. Supprimer les contraintes légales en terme d'horaires de travail pour profiter au maximum du point précédent, et permettre un étalement des flux sur les routes et dans les transports en communs
Les décisions publiques étant généralement en retard de 2 à 4 décennies, voici quelques points d'action décentralisés qui pourraient s'avérer utiles :
  1. L'utilisation de nouveaux moyens de transports se superposant à ceux déjà évoqués dans l'article. Ce qui est déjà le cas avec le scooter, on pourrait aussi y penser mais je pense que le covoiturage "journalier" est à exclure, il représente un gain purement financier très limité quand on le compare aux problèmes d'organisation qu'il créé.
  2. Développement de moyens de logement alternatifs : oui, la collocation, mais aussi le couch surfing ou l'échange de logement pour les vacances, qui sont encore des approches de contournement liées au coût important du logement.
  3. Le développement du travail à domicile, ce qui implique d'avoir un certains nombres d'outils techniques ou organisationnels. Ce concept est déjà une réalité pour beaucoup de cadres en période de grève voir de manière journalière. On peut en revanche difficilement l'étendre sur une gamme très importante de métier.
  4. Fuir la région parisienne à tout prix quand l'activité professionnelle le permet. Point qui sera de plus en plus valable pour tous les business en ligne ou les entreprises qui n'ont pas de besoin important d’interaction avec le monde extérieur : faible besoin de main d'oeuvre, faible besoin de partenaire, faible besoin d’interaction client ou fournisseur direct
PS : avez-vous remarqué on peut parler de logement sans parler de loyers impayés, de plafonnement des loyers, de logements inoccupés ou de méchants propriétaires / locataires. Serait-ce simplement des symptômes ?


jeudi 6 septembre 2012

Etre moderne selon Dali

«Ne t’occupe pas d’être moderne. C’est l’unique chose que malheureusement, quoi que tu fasses, tu ne pourras pas éviter d’être.»


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